Décision de justice
Tribunal judiciaire de Rennes, Chambre référés, 11 septembre 2026, n° 26/00385
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Exposé du litige
EXPOSE DU LITIGE Suivant copie du bon de commande du 08 octobre 2024 et certificat d’immatriculation, M. [H] [P], demandeur au présent procès, a acquis un véhicule de marque Mercedes, modèle classe E Cabriolet, immatriculé [Immatriculation 1] à essence et éthanol auprès de la société à responsabilité limitée (SARL) Simplicicar La Flèche, défendeur à l’instance, pour un montant de 16 969, 50 euros (pièces n°1 et 2). Suivant devis et factures, le véhicule a subi de nombreux désordres (pièces n°4 à 8). Suivant rapport d’expertise amiable du 02 décembre 2025, diligentée par l’assureur de protection juridique de M. [P] et réalisée en l’absence du vendeur, l’expert a « soupçonné fortement une casse du moteur ». Il a indiqué que la garantie légale de conformité s’appliquait et que le « véhicule était affecté d’une panne le rendant inutilisable et très probablement non conforme » (pièce n°11), qu’en outre le véhicule n’est pas équipé de boitier éthanol. Par acte de commissaire de justice en date du 16 avril 2026, M. [P] a dès lors assigné la SARL Simplicicar devant le juge des référés du tribunal judiciaire de Rennes, sur le fondement de l’article 145 du code civil, aux fins de : - désigner un expert ; - la condamner au paiement de la somme de 1000 euros au titre de l’article 700 du code procédure civile ; - réserver les dépens. Lors de l’audience du 1er juillet suivant, M. [P], représenté par avocat, a sollicité le bénéfice de son acte introductif d’instance. Bien que régulièrement assigné par remise de l’acte à personne habilitée, la SARL Simplicicar n’a pas comparu, ni ne s’est fait représenter.
Motifs
MOTIFS DE LA DÉCISION A titre liminaire, l’article 472 du code de procédure civile dispose que : « Si le défendeur ne comparaît pas, il est néanmoins statué sur le fond. Le juge ne fait droit à la demande que dans la mesure où il l’estime régulière, recevable et bien fondée ». Sur la demande d’expertise En application de l’article 145 du même code, s’il existe un motif légitime d’établir avant tout procès la preuve de faits dont pourrait dépendre la solution d’un litige, les mesures d’instruction légalement admissibles peuvent être ordonnées à la demande de tout intéressé en référé. Le motif légitime exigé par cet article doit être constitué par un ou plusieurs faits précis, objectifs et vérifiables qui démontrent l'existence d'un litige plausible, crédible, bien qu'éventuel et futur dont le contenu et le fondement seraient cernés, approximativement au moins et sur lesquels pourrait influer le résultat de la mesure d'instruction à ordonner (Civ. 2ème 10 décembre 2020 n° 19-22.619 publié au Bulletin). L'action au fond ainsi envisagée ne doit en outre pas apparaître comme étant manifestement compromise (Com. 18 janvier 2023 n° 22-19.539 publié au Bulletin). M. [P] sollicite le bénéfice d’une mesure d’expertise de son véhicule, dans la perspective d’un procès au fond qu’il envisage d’intenter à l’encontre de la SARL Simplicicar, sans préciser toutefois le fondement juridique. Cette dernière n’ayant pas comparu, il convient de vérifier que cette demande formée à son encontre est régulière, recevable et bien fondée. Le demandeur verse aux débats : - une copie du bon de commande conclue entre lui et le défendeur (sa pièce n°1), - un rapport d’expertise amiable du 02 décembre 2025, lequel évoque « une panne rendant le véhicule inutilisable et très probablement non conforme » (sa pièce n°11). Les fondements juridiques de l’action en germe n’apparaissent pas, en outre, comme étant manifestement compromis. Il en résulte que M. [P] démontre disposer d’un motif légitime à ce que soit ordonnée une expertise, comme énoncé au dispositif de la présente ordonnance et à ses frais avancés. Sur les demandes annexes L'article 491 du code de procédure civile dispose, en son second alinéa, que le juge des référés «statue sur les dépens ». La partie défenderesse à une expertise, ordonnée sur le fondement de l'article 145 du même code, ne saurait être regardée comme la partie perdante au sens des dispositions des articles 696 et 700 dudit code (Civ. 2ème 10.02.2011 n°10-11.774 Bull. n° 34). En conséquence, le demandeur conservera la charge des dépens et il ne saurait être fait droit à sa demande de frais irrépétibles. PAR CES MOTIFS Statuant en référé, par ordonnance réputée contradictoire et en premier ressort : Ordonnons une expertise et désignons, pour y procéder, M. [O] [S], expert inscrit sur la liste de la cour d’appel de [Localité 1], domicilié au [Adresse 3] à [Localité 2] (35) portable : [XXXXXXXX01] ; mèl : [Courriel 1], lequel aura pour mission de : - convoquer les parties par lettre recommandée avec accusé de réception, avis étant donné à leurs avocats éventuels ; - entendre les parties ainsi que tous sachants ; - prendre connaissance des documents contractuels et de tous autres documents utiles ; - examiner le véhicule de marque Mercedes, modèle classe E Cabriolet, immatriculé [Immatriculation 1], décrire son état et indiquer son kilométrage actuel ; - vérifier la réalité des seuls désordres allégués dans l’assignation et ses annexes ; - rechercher, une fois le cas échéant ceux-ci constatés, leur date d’apparition, leur origine, leur nature, leur étendue et leurs causes ; - le cas échéant, dire s'ils sont de nature à rendre le véhicule impropre à l'usage auquel il était destiné ou s'ils diminuent l'usage ; - fournir tous les éléments permettant de dire si ces désordres, compte tenu de leur nature, de leur ampleur et de leur date d’apparition étaient ou non apparents et s’ils pouvaient être décelés par un acquéreur non averti ; - décrire les travaux propres à y remédier, en chiffrer le coût et évaleur leur délai d’exécution; - s’adjoindre en tant que de besoin le concours de tout spécialiste de son choix dans un domaine autre que le sien, conformément aux dispositions des articles 278 et suivants du code de procédure civile ; - fournir tous éléments techniques et de fait de nature à permettre, le cas échéant, à la juridiction compétente de déterminer les responsabilités éventuellement encourues et les préjudices le cas échéant subis ; Fixons à la somme de 2 500 € (deux mille cinq cents euros) la provision à valoir sur la rémunération de l'expert que M. [P] devra consigner au moyen d'un chèque émis à l'ordre du régisseur du tribunal judiciaire de Rennes dans un délai de deux mois à compter de ce jour, faute de quoi la désignation de l'expert sera caduque ; Disons que l'expert commencera ses opérations après avis de la consignation qui lui sera adressé par le greffe ; Disons qu'à l'issue de la deuxième réunion, au plus tard, l'expert communiquera aux parties, s'il y a lieu, un état prévisionnel détaillé de l'ensemble de ses frais et honoraires et, en cas d'insuffisance manifeste de la provision allouée, demandera la consignation d'une provision supplémentaire ; Disons que l'expert dressera un rapport de ses opérations qui sera déposé au greffe de ce tribunal dans un délai de quatre mois à compter de l'avis de consignation ; qu'il aura, au préalable, transmis un pré-rapport aux parties et leur aura laissé un délai suffisant pour présenter leurs observations sous forme de dires auxquels l'expert sera tenu de répondre dans son rapport définitif ; Invitons les parties, dans le but de limiter les frais d’expertise, à utiliser la voie dématérialisée via l’outil OPALEXE pour leurs échanges contradictoires avec l’expert et la communication des documents nécessaires à la réalisation de la mesure d’expertise. Désignons le magistrat en charge du service des expertises pour contrôler les opérations d’expertise et, en cas d’empêchement de l’expert, procéder d’office à son remplacement ;
Dispositif
Laissons la charge des dépens au demandeur ; Déboutons M. [P] de sa demande au titre de l’article 700 du code de procédure civile ; Rejetons toute autre demande, plus ample ou contraire. La greffière Le juge des référés
Texte intégral
RE F E R E N° Du 11 Septembre 2026 N° RG 26/00385 N° Portalis DBYC-W-B7K-MD5A 50D c par le RPVA le à Me Anne DAUGAN - copie dossier - 2 copies service expertises Expédition et copie executoire délivrée le: à DP Me Anne DAUGAN Cour d'appel de Rennes TRIBUNAL JUDICIAIRE DE RENNES OR D O N N A N C E DEMANDEUR AU REFERE: Monsieur [H] [P], demeurant [Adresse 1] représenté par Me Anne DAUGAN, avocate au barreau de RENNES DEFENDERESSE AU REFERE: E.U.R.L. LEMOINE AUTOS (SIMPLICI CAR), dont le siège social est sis [Adresse 2] non comparante LE PRESIDENT: Alice MAZENC, Présidente LE GREFFIER: Graciane GILET, greffier, lors des débats et Claire LAMENDOUR, greffier, lors du prononcé par mise à disposition au greffe, qui a signé la présente ordonnance. DEBATS: à l’audience publique du 01er Juillet 2026, ORDONNANCE: réputée contradictoire, prononcée par mise à disposition au Greffe des référés le 11 Septembre 2026, date indiquée à l’issue des débats VOIE DE RECOURS: Cette ordonnance peut être frappée d’appel devant le greffe de la Cour d’Appel de [Localité 1] dans les 15 jours de sa signification en application des dispositions de l’article 490 du code de procédure civile. L’appel de cette décision n’est cependant pas suspensif de son exécution. EXPOSE DU LITIGE Suivant copie du bon de commande du 08 octobre 2024 et certificat d’immatriculation, M. [H] [P], demandeur au présent procès, a acquis un véhicule de marque Mercedes, modèle classe E Cabriolet, immatriculé [Immatriculation 1] à essence et éthanol auprès de la société à responsabilité limitée (SARL) Simplicicar La Flèche, défendeur à l’instance, pour un montant de 16 969, 50 euros (pièces n°1 et 2). Suivant devis et factures, le véhicule a subi de nombreux désordres (pièces n°4 à 8). Suivant rapport d’expertise amiable du 02 décembre 2025, diligentée par l’assureur de protection juridique de M. [P] et réalisée en l’absence du vendeur, l’expert a « soupçonné fortement une casse du moteur ». Il a indiqué que la garantie légale de conformité s’appliquait et que le « véhicule était affecté d’une panne le rendant inutilisable et très probablement non conforme » (pièce n°11), qu’en outre le véhicule n’est pas équipé de boitier éthanol. Par acte de commissaire de justice en date du 16 avril 2026, M. [P] a dès lors assigné la SARL Simplicicar devant le juge des référés du tribunal judiciaire de Rennes, sur le fondement de l’article 145 du code civil, aux fins de : - désigner un expert ; - la condamner au paiement de la somme de 1000 euros au titre de l’article 700 du code procédure civile ; - réserver les dépens. Lors de l’audience du 1er juillet suivant, M. [P], représenté par avocat, a sollicité le bénéfice de son acte introductif d’instance. Bien que régulièrement assigné par remise de l’acte à personne habilitée, la SARL Simplicicar n’a pas comparu, ni ne s’est fait représenter. MOTIFS DE LA DÉCISION A titre liminaire, l’article 472 du code de procédure civile dispose que : « Si le défendeur ne comparaît pas, il est néanmoins statué sur le fond. Le juge ne fait droit à la demande que dans la mesure où il l’estime régulière, recevable et bien fondée ». Sur la demande d’expertise En application de l’article 145 du même code, s’il existe un motif légitime d’établir avant tout procès la preuve de faits dont pourrait dépendre la solution d’un litige, les mesures d’instruction légalement admissibles peuvent être ordonnées à la demande de tout intéressé en référé. Le motif légitime exigé par cet article doit être constitué par un ou plusieurs faits précis, objectifs et vérifiables qui démontrent l'existence d'un litige plausible, crédible, bien qu'éventuel et futur dont le contenu et le fondement seraient cernés, approximativement au moins et sur lesquels pourrait influer le résultat de la mesure d'instruction à ordonner (Civ. 2ème 10 décembre 2020 n° 19-22.619 publié au Bulletin). L'action au fond ainsi envisagée ne doit en outre pas apparaître comme étant manifestement compromise (Com. 18 janvier 2023 n° 22-19.539 publié au Bulletin). M. [P] sollicite le bénéfice d’une mesure d’expertise de son véhicule, dans la perspective d’un procès au fond qu’il envisage d’intenter à l’encontre de la SARL Simplicicar, sans préciser toutefois le fondement juridique. Cette dernière n’ayant pas comparu, il convient de vérifier que cette demande formée à son encontre est régulière, recevable et bien fondée. Le demandeur verse aux débats : - une copie du bon de commande conclue entre lui et le défendeur (sa pièce n°1), - un rapport d’expertise amiable du 02 décembre 2025, lequel évoque « une panne rendant le véhicule inutilisable et très probablement non conforme » (sa pièce n°11). Les fondements juridiques de l’action en germe n’apparaissent pas, en outre, comme étant manifestement compromis. Il en résulte que M. [P] démontre disposer d’un motif légitime à ce que soit ordonnée une expertise, comme énoncé au dispositif de la présente ordonnance et à ses frais avancés. Sur les demandes annexes L'article 491 du code de procédure civile dispose, en son second alinéa, que le juge des référés «statue sur les dépens ». La partie défenderesse à une expertise, ordonnée sur le fondement de l'article 145 du même code, ne saurait être regardée comme la partie perdante au sens des dispositions des articles 696 et 700 dudit code (Civ. 2ème 10.02.2011 n°10-11.774 Bull. n° 34). En conséquence, le demandeur conservera la charge des dépens et il ne saurait être fait droit à sa demande de frais irrépétibles. PAR CES MOTIFS Statuant en référé, par ordonnance réputée contradictoire et en premier ressort : Ordonnons une expertise et désignons, pour y procéder, M. [O] [S], expert inscrit sur la liste de la cour d’appel de [Localité 1], domicilié au [Adresse 3] à [Localité 2] (35) portable : [XXXXXXXX01] ; mèl : [Courriel 1], lequel aura pour mission de : - convoquer les parties par lettre recommandée avec accusé de réception, avis étant donné à leurs avocats éventuels ; - entendre les parties ainsi que tous sachants ; - prendre connaissance des documents contractuels et de tous autres documents utiles ; - examiner le véhicule de marque Mercedes, modèle classe E Cabriolet, immatriculé [Immatriculation 1], décrire son état et indiquer son kilométrage actuel ; - vérifier la réalité des seuls désordres allégués dans l’assignation et ses annexes ; - rechercher, une fois le cas échéant ceux-ci constatés, leur date d’apparition, leur origine, leur nature, leur étendue et leurs causes ; - le cas échéant, dire s'ils sont de nature à rendre le véhicule impropre à l'usage auquel il était destiné ou s'ils diminuent l'usage ; - fournir tous les éléments permettant de dire si ces désordres, compte tenu de leur nature, de leur ampleur et de leur date d’apparition étaient ou non apparents et s’ils pouvaient être décelés par un acquéreur non averti ; - décrire les travaux propres à y remédier, en chiffrer le coût et évaleur leur délai d’exécution; - s’adjoindre en tant que de besoin le concours de tout spécialiste de son choix dans un domaine autre que le sien, conformément aux dispositions des articles 278 et suivants du code de procédure civile ; - fournir tous éléments techniques et de fait de nature à permettre, le cas échéant, à la juridiction compétente de déterminer les responsabilités éventuellement encourues et les préjudices le cas échéant subis ; Fixons à la somme de 2 500 € (deux mille cinq cents euros) la provision à valoir sur la rémunération de l'expert que M. [P] devra consigner au moyen d'un chèque émis à l'ordre du régisseur du tribunal judiciaire de Rennes dans un délai de deux mois à compter de ce jour, faute de quoi la désignation de l'expert sera caduque ; Disons que l'expert commencera ses opérations après avis de la consignation qui lui sera adressé par le greffe ; Disons qu'à l'issue de la deuxième réunion, au plus tard, l'expert communiquera aux parties, s'il y a lieu, un état prévisionnel détaillé de l'ensemble de ses frais et honoraires et, en cas d'insuffisance manifeste de la provision allouée, demandera la consignation d'une provision supplémentaire ; Disons que l'expert dressera un rapport de ses opérations qui sera déposé au greffe de ce tribunal dans un délai de quatre mois à compter de l'avis de consignation ; qu'il aura, au préalable, transmis un pré-rapport aux parties et leur aura laissé un délai suffisant pour présenter leurs observations sous forme de dires auxquels l'expert sera tenu de répondre dans son rapport définitif ; Invitons les parties, dans le but de limiter les frais d’expertise, à utiliser la voie dématérialisée via l’outil OPALEXE pour leurs échanges contradictoires avec l’expert et la communication des documents nécessaires à la réalisation de la mesure d’expertise. Désignons le magistrat en charge du service des expertises pour contrôler les opérations d’expertise et, en cas d’empêchement de l’expert, procéder d’office à son remplacement ; Laissons la charge des dépens au demandeur ; Déboutons M. [P] de sa demande au titre de l’article 700 du code de procédure civile ; Rejetons toute autre demande, plus ample ou contraire. La greffière Le juge des référés
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Mise à jour de la source le 2026-09-11T19:08:05.830Z.