Tribunal judiciaire de Bobigny, Serv. contentieux social, 12 mars 2024, n° 23/01532
Exposé du litige
FAITS ET PROCÉDURE Le 5 octobre 2022, M. [U] [J] a complété une déclaration de début d’activité commerciale ou artisanale. Mme [J] a déposé une demande d’aide à la création ou à la reprise d’une entreprise (ACRE) auprès de l’Urssaf [Localité 3] qui lui a été refusée. M. [J] a saisi la commission de recours amiable de l’Urssaf qui par décision du 19 juillet 2023, a rejeté son recours aux motifs: “que le requérant a déclaré sa micro-entreprise le 3 octobre 2022 et que ce n’est que le 9 juin 2023 qu’il a adressé le formulaire de demande d’exonération de l’ACRE, soit au delà du délai imparti”. Par requête reçue le 18 août 2023, M. [J] a saisi le service du contentieux social du tribunal judiciaire de Bobigny en contestation de la décision de rejet de la commission de recours amiable de l’Urssaf [Localité 3]. L'affaire a été appelée à l’audience du 30 janvier 2024, date à laquelle les parties, présentes ou représentées, ont été entendues en leurs observations. Comparant en personne, M. [J] demande au tribunal de lui accorder le bénéfice de l’ACRE. Il précise qu’il a décidé d’exercer en qualité d’auto-entrepreneur au mois d’octobre 2022. Il précise qu’il n’a reçu ses codes d’accès pour déclarer son chiffre d’affaires qu’au mois de mai 2023. Il précise qu’en l’absence de bénéfice de l’ACRE, il s’est vu contraint de renoncer à son projet professionnel en qualité d’entrepreneur. Par observations formulées oralement à l’audience, l’Urssaf [Localité 3], régulièrement représentée, demande au tribunal la confirmation de la décision de la commission de recours amiable du 19 juillet 2023. L’affaire a été mise en délibéré au 12 mars 2024.
Motifs
MOTIFS DE LA DÉCISION Sur la demande de bénéfice de l’ACRE Aux termes de l’article L. 131-6-4 du code de la sécurité sociale en vigueur à la date du litige, “I.-Bénéficient de l'exonération des cotisations dues aux régimes d'assurance maladie, maternité, veuvage, vieillesse, invalidité et décès et d'allocations familiales dont elles sont redevables au titre de l'exercice de leur activité les personnes qui créent ou reprennent une activité professionnelle ou entreprennent l'exercice d'une autre profession non salariée soit à titre indépendant relevant de l'article L. 611-1 du présent code ou de l'article L. 722-4 du code rural et de la pêche maritime, soit sous la forme d'une société, à condition d'en exercer effectivement le contrôle, notamment dans le cas où cette création ou reprise prend la forme d'une société mentionnée aux 11°, 12° ou 23° de l'article L. 311-3 du présent code ou aux 8° ou 9° de l'article L. 722-20 du code rural et de la pêche maritime. Les personnes mentionnées au premier alinéa du présent I sont celles qui : 1° Soit relèvent simultanément du dispositif mentionné à l'article L. 613-7 du présent code et de l'une des catégories mentionnées à l'article L. 5141-1 du code du travail ; 2° Soit ne relèvent pas des articles L. 613-7 et L. 642-4-2 du présent code. Les personnes relevant du dispositif mentionné à l'article L. 613-7 du présent code formulent, lors de la création de leur activité, leur demande d'exonération auprès de l'organisme mentionné à l'article L. 213-1.[...]”. Tribunal judiciaire de Bobigny Service du contentieux social Affaire : N° RG 23/01532 - N° Portalis DB3S-W-B7H-YBSL Jugement du 12 MARS 2024 En l’espèce, il est constant que M. [J] a crée une micro-entreprise le 3 octobre 2022. Il est constant que sa société relève du régime micro-social simplifié et du dispositif mentionné à l’article L. 613-7 du code de la sécurité sociale, en vigueur à la date du litige. M. [J] indique avoir tardé pour formaliser sa demande d’exonération ACRE auprès de l’Urssaf compte tenu de la réorganisation du processus de déclaration en guichet unique géré par l’Insee. Il ressort d’un email du greffe du tribunal de commerce de Bobigny du 20 avril 2023 que la demande d’immatriculation effectuée en ligne par M. [J] a été validée le 6 octobre 2022 et transmise dans la foulée au centre de formalités des entreprises de la chambre de métiers et de l’artisanat sous la référence G 9351 392 331 2. Par un email du même jour, la chambre de métiers et de l’artisanat d’[Localité 3] a indiqué à M. [J] que les centres de formalités des entreprises n’existent plus depuis le 1er janvier 2023 et ont été remplacés par les services formalités. Il apparait donc que le retard de M. [J] dans la formalisation de sa demande d’exonération ACRE ne lui est pas imputable. Par conséquent, il convient de faire droit à la demande de M. [J] à compter du 3 octobre 2023, date de commencement de son activité. Sur les mesures accessoires Les dépens seront mis à la charge de l’Urssaf en application des dispositions de l’article 696 du code de procédure civile. L’exécution provisoire sera ordonnée en application des dispositions de l’article R. 142-10-6 du code de la sécurité sociale.
Dispositif
PAR CES MOTIFS Le tribunal, statuant publiquement, par jugement contradictoire rendu en premier ressort, par mise à disposition au greffe, Dit que M. [U] [J] avait droit au bénéfice de l’aide à la création ou à la reprise d’une entreprise (ACRE) à compter du 3 octobre 2022 ; Met les dépens à la charge de l’Urssaf [Localité 3] ; Ordonne l’exécution provisoire ; Rappelle que tout appel du présent jugement doit à peine de forclusion être interjeté dans le délai d’un mois à compter de sa notification. Fait et mis à disposition au greffe du service du contentieux social du tribunal judiciaire de BOBIGNY. La Minute étant signée par : La Greffière Le président Christelle AMICECédric BRIEND
Texte intégral
Tribunal judiciaire de Bobigny Service du contentieux social Affaire : N° RG 23/01532 - N° Portalis DB3S-W-B7H-YBSL Jugement du 12 MARS 2024 TRIBUNAL JUDICIAIRE DE BOBIGNY JUGEMENT CONTENTIEUX DU 12 MARS 2024 Serv. contentieux social Affaire : N° RG 23/01532 - N° Portalis DB3S-W-B7H-YBSL N° de MINUTE : 24/00517 DEMANDEUR Monsieur [U] [J] [Adresse 1] [Adresse 1] comparant DEFENDEUR URSSAF [Localité 3] [Adresse 2] [Adresse 2] [Adresse 2] représentée par Mme [Z] [G] audiencière. COMPOSITION DU TRIBUNAL DÉBATS Audience publique du 30 Janvier 2024. M. Cédric BRIEND, Président, assisté de Monsieur Daniel GARNESSON et Monsieur Abdelkader KHALID, assesseurs, et de Madame Christelle AMICE, Greffier. Lors du délibéré : Président : Cédric BRIEND, juge Assesseur : Daniel GARNESSON, Assesseur salarié Assesseur : Abdelkader KHALID, Assesseur employeur JUGEMENT Prononcé publiquement, par mise à disposition au greffe, par jugement contradictoire et en premier ressort, par Cédric BRIEND,juge, assisté de Christelle AMICE, Greffier. Tribunal judiciaire de Bobigny Service du contentieux social Affaire : N° RG 23/01532 - N° Portalis DB3S-W-B7H-YBSL Jugement du 12 MARS 2024 FAITS ET PROCÉDURE Le 5 octobre 2022, M. [U] [J] a complété une déclaration de début d’activité commerciale ou artisanale. Mme [J] a déposé une demande d’aide à la création ou à la reprise d’une entreprise (ACRE) auprès de l’Urssaf [Localité 3] qui lui a été refusée. M. [J] a saisi la commission de recours amiable de l’Urssaf qui par décision du 19 juillet 2023, a rejeté son recours aux motifs: “que le requérant a déclaré sa micro-entreprise le 3 octobre 2022 et que ce n’est que le 9 juin 2023 qu’il a adressé le formulaire de demande d’exonération de l’ACRE, soit au delà du délai imparti”. Par requête reçue le 18 août 2023, M. [J] a saisi le service du contentieux social du tribunal judiciaire de Bobigny en contestation de la décision de rejet de la commission de recours amiable de l’Urssaf [Localité 3]. L'affaire a été appelée à l’audience du 30 janvier 2024, date à laquelle les parties, présentes ou représentées, ont été entendues en leurs observations. Comparant en personne, M. [J] demande au tribunal de lui accorder le bénéfice de l’ACRE. Il précise qu’il a décidé d’exercer en qualité d’auto-entrepreneur au mois d’octobre 2022. Il précise qu’il n’a reçu ses codes d’accès pour déclarer son chiffre d’affaires qu’au mois de mai 2023. Il précise qu’en l’absence de bénéfice de l’ACRE, il s’est vu contraint de renoncer à son projet professionnel en qualité d’entrepreneur. Par observations formulées oralement à l’audience, l’Urssaf [Localité 3], régulièrement représentée, demande au tribunal la confirmation de la décision de la commission de recours amiable du 19 juillet 2023. L’affaire a été mise en délibéré au 12 mars 2024. MOTIFS DE LA DÉCISION Sur la demande de bénéfice de l’ACRE Aux termes de l’article L. 131-6-4 du code de la sécurité sociale en vigueur à la date du litige, “I.-Bénéficient de l'exonération des cotisations dues aux régimes d'assurance maladie, maternité, veuvage, vieillesse, invalidité et décès et d'allocations familiales dont elles sont redevables au titre de l'exercice de leur activité les personnes qui créent ou reprennent une activité professionnelle ou entreprennent l'exercice d'une autre profession non salariée soit à titre indépendant relevant de l'article L. 611-1 du présent code ou de l'article L. 722-4 du code rural et de la pêche maritime, soit sous la forme d'une société, à condition d'en exercer effectivement le contrôle, notamment dans le cas où cette création ou reprise prend la forme d'une société mentionnée aux 11°, 12° ou 23° de l'article L. 311-3 du présent code ou aux 8° ou 9° de l'article L. 722-20 du code rural et de la pêche maritime. Les personnes mentionnées au premier alinéa du présent I sont celles qui : 1° Soit relèvent simultanément du dispositif mentionné à l'article L. 613-7 du présent code et de l'une des catégories mentionnées à l'article L. 5141-1 du code du travail ; 2° Soit ne relèvent pas des articles L. 613-7 et L. 642-4-2 du présent code. Les personnes relevant du dispositif mentionné à l'article L. 613-7 du présent code formulent, lors de la création de leur activité, leur demande d'exonération auprès de l'organisme mentionné à l'article L. 213-1.[...]”. Tribunal judiciaire de Bobigny Service du contentieux social Affaire : N° RG 23/01532 - N° Portalis DB3S-W-B7H-YBSL Jugement du 12 MARS 2024 En l’espèce, il est constant que M. [J] a crée une micro-entreprise le 3 octobre 2022. Il est constant que sa société relève du régime micro-social simplifié et du dispositif mentionné à l’article L. 613-7 du code de la sécurité sociale, en vigueur à la date du litige. M. [J] indique avoir tardé pour formaliser sa demande d’exonération ACRE auprès de l’Urssaf compte tenu de la réorganisation du processus de déclaration en guichet unique géré par l’Insee. Il ressort d’un email du greffe du tribunal de commerce de Bobigny du 20 avril 2023 que la demande d’immatriculation effectuée en ligne par M. [J] a été validée le 6 octobre 2022 et transmise dans la foulée au centre de formalités des entreprises de la chambre de métiers et de l’artisanat sous la référence G 9351 392 331 2. Par un email du même jour, la chambre de métiers et de l’artisanat d’[Localité 3] a indiqué à M. [J] que les centres de formalités des entreprises n’existent plus depuis le 1er janvier 2023 et ont été remplacés par les services formalités. Il apparait donc que le retard de M. [J] dans la formalisation de sa demande d’exonération ACRE ne lui est pas imputable. Par conséquent, il convient de faire droit à la demande de M. [J] à compter du 3 octobre 2023, date de commencement de son activité. Sur les mesures accessoires Les dépens seront mis à la charge de l’Urssaf en application des dispositions de l’article 696 du code de procédure civile. L’exécution provisoire sera ordonnée en application des dispositions de l’article R. 142-10-6 du code de la sécurité sociale. PAR CES MOTIFS Le tribunal, statuant publiquement, par jugement contradictoire rendu en premier ressort, par mise à disposition au greffe, Dit que M. [U] [J] avait droit au bénéfice de l’aide à la création ou à la reprise d’une entreprise (ACRE) à compter du 3 octobre 2022 ; Met les dépens à la charge de l’Urssaf [Localité 3] ; Ordonne l’exécution provisoire ; Rappelle que tout appel du présent jugement doit à peine de forclusion être interjeté dans le délai d’un mois à compter de sa notification. Fait et mis à disposition au greffe du service du contentieux social du tribunal judiciaire de BOBIGNY. La Minute étant signée par : La Greffière Le président Christelle AMICECédric BRIEND
Décisions proches
Celles qui citent les mêmes textes rares que celle-ci (code du travail L5141-1, code rural et de la peche maritime L722-20, code de la securite sociale L131-6-4, code de la securite sociale L613-7, code rural et de la peche maritime L722-4). Sans IA : les citations relevées dans les décisions.
- 2 février 2024 · Tribunal judiciaire de Versailles · Déboute le ou les demandeurs de l'ensemble de leurs demandes · n° 23/00926
en commun : code du travail L5141-1, code rural et de la peche maritime L722-20, code de la securite sociale L131-6-4, code de la securite sociale L613-7, code rural et de la peche maritime L722-4
- 16 mai 2025 · Tribunal judiciaire de Metz · Déboute le ou les demandeurs de l'ensemble de leurs demandes · n° 24/00350
en commun : code du travail L5141-1, code rural et de la peche maritime L722-20, code de la securite sociale L131-6-4, code de la securite sociale L613-7, code rural et de la peche maritime L722-4
- 5 janvier 2026 · Tribunal judiciaire de Meaux · Déboute le ou les demandeurs de l'ensemble de leurs demandes · n° 24/00957
en commun : code du travail L5141-1, code rural et de la peche maritime L722-20, code de la securite sociale L131-6-4, code de la securite sociale L613-7, code rural et de la peche maritime L722-4
- 4 novembre 2022 · Cour d'appel de Paris · Autre · n° 21/07492
en commun : code du travail L5141-1, code rural et de la peche maritime L722-20, code de la securite sociale L131-6-4, code rural et de la peche maritime L722-4
- 7 décembre 2023 · Cour d'appel de Nîmes · Autre · n° 22/01062
en commun : code du travail L5141-1, code rural et de la peche maritime L722-20, code de la securite sociale L131-6-4, code rural et de la peche maritime L722-4
- 6 février 2024 · Tribunal judiciaire de Bobigny · Fait droit à l'ensemble des demandes du ou des demandeurs sans accorder de délais d'exécution au défendeur · n° 23/01285
en commun : code du travail L5141-1, code rural et de la peche maritime L722-20, code de la securite sociale L131-6-4, code rural et de la peche maritime L722-4
- 30 avril 2024 · Tribunal judiciaire de Bobigny · Déboute le ou les demandeurs de l'ensemble de leurs demandes · n° 23/01699
en commun : code du travail L5141-1, code rural et de la peche maritime L722-20, code de la securite sociale L131-6-4, code rural et de la peche maritime L722-4
- 21 juin 2024 · Tribunal judiciaire de Nantes · Déboute le ou les demandeurs de l'ensemble de leurs demandes · n° 21/00081
en commun : code du travail L5141-1, code rural et de la peche maritime L722-20, code de la securite sociale L131-6-4, code rural et de la peche maritime L722-4
Mise à jour de la source le 2024-03-14T19:00:02.729Z.