Tribunal judiciaire de Marseille, 0P17 Aud civile prox 8, 27 avril 2026, n° 25/02848
Exposé du litige
EXPOSÉ DU LITIGE Par acte sous signature privée électronique du 6 avril 2023, la société Volkswagen Bank GmbH a consenti à M. [K] [G] un contrat de location avec option d’achat portant sur un véhicule de marque Audi modèle A3 NF Sportback 35 TFSI MHEV 150 S Tronic 7 Finition S Line au prix de 47.337,61 euros payable en 37 loyers mensuels de 1,569% de la valeur du bien. Le véhicule a été livré le 26 avril 2023. Des loyers étant restés impayés à leur échéance, la société Volkswagen Bank GmbH a, par lettre recommandée avec accusé de réception du 10 juin 2024, mis en demeure M. [K] [G] de s’acquitter des loyers échus impayés, pour un montant de 4.026,81 euros dans un délai de huit jours sous peine de déchéance du terme. Par acte de commissaire de justice du 19 mai 2025, la société Volkswagen Bank GmbH a fait assigner M. [K] [G] devant le juge des contentieux de la protection du tribunal judiciaire de Marseille aux fins de : - Constater que M. [K] [G] n’a pas respecté ses obligations contractuelles de règlement aux termes convenus ; - Par conséquent, prononcer la résiliation judiciaire du contrat de location avec option d’achat signée par les parties aux torts exclusifs de l’emprunteur à compter du 10 juin 2024, date de la mise en demeure pour inexécution de ses obligations sur le fondement des articles 1224 à 1229 du code civil ; - En conséquence, le condamner à payer la somme en principal, arrêtée au 9 juillet 2024, de 42.801,71 euros, assortie des intérêts au taux de 3,71% à compter de la première échéance impayée; - ordonner la capitalisation des intérêts conformément à l’article 1343-2 du code civil ; - le condamner à restituer immédiatement et en parfait état, à ses frais, le véhicule de marque Audi modèle A3 NF Sportback 35 TFSI MHEV 150 S Tronic 7 Finition S Line immatriculé [Immatriculation 1] portant le numéro de série WAUZZZGYXPA089686 sous astreinte de 100 euros par jour de retard à ompter du prononcé du jugement à intervenir ; - autoriser la société Volkswagen Bank GmbH à appréhender ledit véhicule en quelques mains et en quelque lieu qu’il se trouvera et à reprendre possession ; - le condamner à payer la somme de 1.500 euros sur le fondement de l’article 700 du code de procédure civile, ainsi qu’aux entiers dépens. A l’audience du 9 février 2026 à laquelle l’affaire a été retenue, le juge des contentieux de la protection a soulevé d’office, tout en invitant les parties à faire valoir leurs observations, divers moyens tenant à l’irrecevabilité des demandes tirées de la forclusion, mais également à l’irrégularité de la déchéance du terme résultant notamment de l’existence d’une clause abusive, et les moyens relatifs aux irrégularités du contrat de crédit sanctionnées par la déchéance du droit aux intérêts, en application des articles R. 312-35 et R. 632-1 du code de la consommation, ainsi que de l’article 125 du code de procédure civile, et au moyen d’une fiche versée aux débats. La société Volkswagen Bank GmbH, représentée par son conseil, s’est reportée à son acte introductif d’instance. Au soutien de sa demande en résiliation judiciaire du contrat de location avec option d’achat, la société Volkswagen bank expose, au visa des articles 1224, 1227 et 1229 du code civil, qu’en dépit des diverses mises en demeure qui lui ont été adressées, le défendeur a manqué d’honorer le paiement des échéances. La société Volkswagen Bank GmbH estime que le défendeur est débiteur d’une créance de 42.801,71 euros, comprenant : Les loyers impayés, majorés des intérêts de retard à hauteur de 3.491,46 euros;l’indemnité de résiliation calculée selon les dispositions contractuelles à hauteur de 39.310,25 euros; les intérêts de retard. Cité par acte remis à étude, M. [K] [G] ne comparaît pas et n'est pas représenté. L’affaire a été mise en délibéré le 27 avril 2026 par mise à disposition au greffe.
Motifs
MOTIVATION Selon l’article 472 du code de procédure civile, lorsque le défendeur ne comparaît pas, il est néanmoins statué sur le fond. Le juge ne fait alors droit à la demande que s’il l’estime régulière, recevable et bien fondée. L'article L.312-2 du code de la consommation dispose que pour l'application des dispositions du chapitre II, la location-vente et la location avec option d'achat sont assimilées à des opérations de crédit. Sur les demandes au titre du contrat de prêt personnel Sur la recevabilité de l’action en paiement (forclusion) Aux termes de l’article R.312-35 du code de la consommation, les actions en paiement engagées devant le tribunal judiciaire à l’occasion de la défaillance de l’emprunteur doivent être formées dans les deux ans de l’événement qui leur a donné naissance à peine de forclusion. Cet événement est caractérisé par le non-paiement des sommes dues à la suite de la résiliation du contrat ou de son terme, le premier incident de paiement non régularisé, le dépassement non régularisé du montant total du crédit consenti dans le cadre d’un contrat de crédit renouvelable, ou le dépassement, au sens du 13° de l’article L. 311-1, non régularisé à l’issue du délai prévu à l’article L. 312-93. En l’espèce, à la lecture de l’historique de compte, le point de départ du délai de forclusion est situé le 5 février 2024, date du premier incident de paiement non régularisé. L'assignation ayant été délivrée le 19 mai 2025, l’action de la société Volkswagen Bank GmbH sera déclarée recevable. Sur la demande de résiliation judiciaire du contrat de location avec option d’achat Aux termes de l’article 1224 du code civil, la résolution résulte soit de l’application d’une clause résolutoire soit, en cas d’inexécution suffisamment grave, d’une notification du créancier au débiteur ou d’une décision de justice. L’article 1228 du code civil dispose que le juge peut, selon les circonstances, constater ou prononcer la résolution ou ordonner l’exécution du contrat, en accordant éventuellement un délai au débiteur, ou allouer seulement des dommages et intérêts. En vertu de l’article 1229 du code civil, la résolution met fin au contrat. La résolution prend effet, selon les cas, soit dans les conditions prévues par la clause résolutoire, soit à la date de la réception par le débiteur de la notification faite par le créancier, soit à la date fixée par le juge ou, à défaut, au jour de l’assignation en justice. Lorsque les prestations échangées ne pouvaient trouver leur utilité que par l’exécution complète du contrat résolu, les parties doivent restituer l’intégralité de ce qu’elles se sont procuré l’une à l’autre. Lorsque les prestations échangées ont trouvé leur utilité au fur et à mesure de l’exécution réciproque du contrat, il n’y a pas lieu à restitution pour la période antérieure à la dernière prestation n’ayant pas reçu sa contrepartie ; dans ce cas, la résolution est qualifiée de résiliation. Les restitutions ont lieu dans les conditions prévues aux articles 1352 à 1352-9 du code civil. En l’espèce, l’historique de compte révèle que le véhicule a été livré le 26 avril 2023 et qu’à compter du mois de février 2024 M. [K] [G] a cessé de régler les loyers. La société demanderesse justifie avoir informé M. [K] [G] des prélèvements impayés par courriers du 20 août 2023, 25 août 2023, du 21 novembre 2023 puis du 29 novembre 2023. Elle a mis en demeure M. [K] [G] le 10 juin 2024, par courrier recommandé, de procéder au règlement de la somme de 4.026,81 euros au titre des échéances échues, sous peine de résiliation du contrat de location avec option d’achat. Par courrier adressé au défendeur le 9 juillet 2024, elle a prononcé la résiliation du contrat et l’a mis en demeure de régler la somme de 42.801,71 euros ou de procéder à la restitution du véhicule. Il ressort de l’ensemble de ces éléments que la cessation de paiement des loyers est intervenue de manière très précoce, alors que le contrat de location avait été signé le 6 avril 2023 et le véhicule livré le 26 avril 2023. Le paiement des loyers constitue une obligation essentielle du contrat de location avec option d’achat. La société demanderesse, en ce qui la concerne, a honoré son obligation de mise à disposition du véhicule, comme en atteste le procès-verbal de livraison signé par M. [K] [G] le 26 avril 2023. Au regard de la durée et du montant du prêt mais aussi de la cessation du paiement des loyers intervenue quelques mois après la souscription du contrat, les défauts de paiement doivent être considérés comme des manquements suffisamment graves pour justifier la résolution judiciaire du contrat de crédit à compter de la présente décision. Si la résolution d'un contrat à exécution successive a les effets d'une résiliation, et ne porte donc que sur l'avenir, celle d'un contrat à exécution instantanée remet les parties dans l'état dans lequel elles se trouvaient avant sa conclusion, conformément à l’article 1229 du code civil. Concernant le contrat de location avec option d’achat ou contrat de location assorti d’une promesse de vente, un tel prononcé s'envisage en tant que résolution judiciaire, à l’instar d’une opération de crédit, à laquelle il est d’ailleurs assimilé en application de l’article L.312-2 du code de la consommation. En effet, le bailleur s’est obligé à financer l’achat auprès d’un tiers du bien choisi par le locataire dont il acquiert la propriété afin de le mettre à sa disposition en s’engageant à lui en transférer la pleine propriété, à l’issue d’un certain délai, s’il choisit de lever l’option d’achat. A l’instar d’un crédit, les versements mensuels qualifiés de loyers ou de redevances effectués par le locataire durant cette période comme, le cas échéant, le versement du montant convenu de l’option d’achat, ne sont donc que le fractionnement d’une obligation unique de remboursement du locataire. Le paiement mensuel du loyer ou redevance n’est pas la simple contrepartie de la jouissance du bien durant cette période mais une modalité d’exécution différée et partielle de l’obligation du locataire de rembourser le financement du bien par le bailleur dans la perspective d’un transfert de propriété de ce bien à son profit même si ce transfert reste facultatif à la différence d’une location-vente. Pour autant, il en résulte, au vu de ces éléments, que les prestations échangées par les parties ne trouvent leur utilité que par l’exécution complète du contrat résolu. Il convient, par conséquent, de remettre les parties dans l'état dans lequel elles se trouvaient avant la conclusion du contrat de location avec option d’achat en déduisant du prix d’achat du véhicule revenant au bailleur les sommes versées par les colocataires ainsi que le prix de revente du bien loué restitué. En l’espèce, il ressort de la facture d’achat du véhicule et de l’historique de compte que neuf paiements de loyers de 833,31 euros chacun dont l’un de 8.090,81euros, soit la somme de 15.590,60 euros, ont été réalisés à compter du 27 avril 2023, outre le paiement de la somme totale de 458,30 euros au titre des intérêts de retard. Le prix de vente du véhicule était de 47.331,61 euros TTC. Le véhicule n’a pas été restitué. Dès lors, le montant de la restitution due au bailleur consécutive à la résolution judiciaire du contrat de location avec option d’achat souscrit le 6 avril 2023 s’établit à 32.116,02 euros (47.331,61 – 15.215,59). M. [K] [G] est donc condamné à payer à la société Volkswagen Bank GmbH la somme de 32.116,02 euros, avec intérêts au taux légal à compter de la présente décision. Il sera également ordonné à M. [K] [G] de restituer le véhicule de marque Audi modèle A3 NF Sportback 35 TFSI MHEV 150 S Tronic 7 Finition S Line immatriculé [Immatriculation 1] portant le numéro de série WAUZZZGYXPA089686 dans le délai de deux mois à compter de la signification de la présente décision, dont la valeur à dire d'expert viendra en déduction de la somme due. Afin de garantir l’effectivité de la décision, il sera fixé une astreinte de 200 euros par mois passé le délai d’un mois de la signification du jugement, et ce durant quatre mois. Sur la demande de capitalisation des intérêts L’article 1343-2 du code civil dispose que les intérêts échus, dus au moins pour une année entière, produisent intérêt si le contrat l'a prévu ou si une décision de justice le précise. L'article L. 312-38 du code de la consommation précise toutefois qu’aucune indemnité ni aucun coût autres que ceux mentionnés à l’article L. 312-40 ne peuvent être mis à la charge de l’emprunteur dans les cas de défaillance prévus par les dispositions de cet article. En conséquence, la demande d’anatocisme est rejetée. Sur les frais du procès et l'exécution provisoire En application de l'article 696 du code de procédure civile, M. [K] [G] sera condamné aux dépens. L’équité commende de ne pas faire droit à la demande de la société Volkswagen Bank GmbH au titre de l’article 700 du code de procédure civile.
Dispositif
PAR CES MOTIFS, La juge des contentieux de la protection, statuant après débats publics, par jugement mis à disposition au greffe, réputé contradictoire et en premier ressort : Déclare recevable l’action formée par la société Volkswagen Bank GmbH au titre du contrat de location avec option d’achat consenti le 6 avril 2023 à M. [K] [G]; Prononce la résolution judiciaire de l’offre de location avec option d’achat émise par la société Volkswagen Bank GmbH acceptée le 6 avril 2023 par M. [K] [G] et portant sur le véhicule de marque Audi modèle A3 NF Sportback 35 TFSI MHEV 150 S Tronic 7 Finition S Line immatriculé [Immatriculation 1] portant le numéro de série WAUZZZGYXPA089686; Condamne M. [K] [G] à payer la somme de 32.116 ,02 euros à la société Volkswagen Bank GmbH, avec intérêts au taux légal à compter de la présente décision; Rejette la demande de capitalisation annuelle des intérêts ; Ordonne à M. [K] [G] de restituer à la société Volkswagen Bank GmbH le véhicule de marque Audi modèle A3 NF Sportback 35 TFSI MHEV 150 S Tronic 7 Finition S Line immatriculé [Immatriculation 1] portant le numéro de série WAUZZZGYXPA089686 dans un délai de deux mois à compter de la signification de la présente décision ; Rappelle qu'à défaut de restitution volontaire dans ce délai, l'appréhension du véhicule par la société Volkswagen Bank GmbH pourra s'effectuer dans les conditions des articles L.222-1, L.223-2, et R.222-1 et suivants du code des procédures civiles d'exécution ; Rappelle que la valeur du véhicule repris viendra en déduction de la somme due par M. [K] [G] aux termes de la présente décision ; Dit qu'en cas d'appréhension du véhicule, ce solde après déduction ne sera pleinement exigible que sur production préalable auprès de la débitrice : - soit d’un justificatif du prix effectivement perçu à la suite de la vente du véhicule ; - soit d’une expertise justifiant de l’évaluation objective de la valeur de ce même véhicule à la date du présent jugement ; Dit que faute pour M. [K] [G] de procéder à la restitution du véhicule de marque Audi modèle A3 NF Sportback 35 TFSI MHEV 150 S Tronic 7 Finition S Line immatriculé [Immatriculation 1] portant le numéro de série WAUZZZGYXPA089686, il sera redevable, passé le délai de deux mois à compter de la signification de la décision, d’une astreinte fixée à 200 euros par mois de retard et ce durant quatre mois ; Déboute la société Volkswagen Bank GmbH du surplus de ses demandes ; Condamne M. [K] [G] aux dépens ; Rejette la demande formulée par la société Volkswagen Bank GmbH sur le fondement de l’article 700 du code de procédure civile ; Rappelle l’exécution provisoire de droit de la présente décision. Ainsi signé par le juge et la greffière susnommés et mis à disposition des parties le 27 avril 2026. LA GREFFIERE LA PRESIDENTE
Texte intégral
TRIBUNAL JUDICIAIRE DE MARSEILLE Pôle de Proximité JUGEMENT DU : 27 Avril 2026 Président : Madame MANACH Greffier lors de l’audience : Madame PLOUCHARD Greffier lors du délibéré : Monsieur MEGHERBI Débats en audience publique le : 09 Février 2026 GROSSE : Le 27 Avril 2026 à Me Jerome DE MONTBEL Le ................................................... à Me ............................................... Le ................................................... à Me ............................................... EXPEDITION : Le .......................................................... à Me ...................................................... Le .......................................................... à Me ...................................................... Le ........................................................... à Me ...................................................... N° RG 25/02848 - N° Portalis DBW3-W-B7J-6NY3 PARTIES : DEMANDERESSE Société VOLKSWAGEN BANK GMBH, dont le siège social est sis [Adresse 1], prise en la personne de son représentant légal représentée par Me Jérome DE MONTBEL, avocat au barreau de MARSEILLE DEFENDEUR Monsieur [K] [G] né le [Date naissance 1] 1997 à [Localité 1], demeurant [Adresse 2] non comparant EXPOSÉ DU LITIGE Par acte sous signature privée électronique du 6 avril 2023, la société Volkswagen Bank GmbH a consenti à M. [K] [G] un contrat de location avec option d’achat portant sur un véhicule de marque Audi modèle A3 NF Sportback 35 TFSI MHEV 150 S Tronic 7 Finition S Line au prix de 47.337,61 euros payable en 37 loyers mensuels de 1,569% de la valeur du bien. Le véhicule a été livré le 26 avril 2023. Des loyers étant restés impayés à leur échéance, la société Volkswagen Bank GmbH a, par lettre recommandée avec accusé de réception du 10 juin 2024, mis en demeure M. [K] [G] de s’acquitter des loyers échus impayés, pour un montant de 4.026,81 euros dans un délai de huit jours sous peine de déchéance du terme. Par acte de commissaire de justice du 19 mai 2025, la société Volkswagen Bank GmbH a fait assigner M. [K] [G] devant le juge des contentieux de la protection du tribunal judiciaire de Marseille aux fins de : - Constater que M. [K] [G] n’a pas respecté ses obligations contractuelles de règlement aux termes convenus ; - Par conséquent, prononcer la résiliation judiciaire du contrat de location avec option d’achat signée par les parties aux torts exclusifs de l’emprunteur à compter du 10 juin 2024, date de la mise en demeure pour inexécution de ses obligations sur le fondement des articles 1224 à 1229 du code civil ; - En conséquence, le condamner à payer la somme en principal, arrêtée au 9 juillet 2024, de 42.801,71 euros, assortie des intérêts au taux de 3,71% à compter de la première échéance impayée; - ordonner la capitalisation des intérêts conformément à l’article 1343-2 du code civil ; - le condamner à restituer immédiatement et en parfait état, à ses frais, le véhicule de marque Audi modèle A3 NF Sportback 35 TFSI MHEV 150 S Tronic 7 Finition S Line immatriculé [Immatriculation 1] portant le numéro de série WAUZZZGYXPA089686 sous astreinte de 100 euros par jour de retard à ompter du prononcé du jugement à intervenir ; - autoriser la société Volkswagen Bank GmbH à appréhender ledit véhicule en quelques mains et en quelque lieu qu’il se trouvera et à reprendre possession ; - le condamner à payer la somme de 1.500 euros sur le fondement de l’article 700 du code de procédure civile, ainsi qu’aux entiers dépens. A l’audience du 9 février 2026 à laquelle l’affaire a été retenue, le juge des contentieux de la protection a soulevé d’office, tout en invitant les parties à faire valoir leurs observations, divers moyens tenant à l’irrecevabilité des demandes tirées de la forclusion, mais également à l’irrégularité de la déchéance du terme résultant notamment de l’existence d’une clause abusive, et les moyens relatifs aux irrégularités du contrat de crédit sanctionnées par la déchéance du droit aux intérêts, en application des articles R. 312-35 et R. 632-1 du code de la consommation, ainsi que de l’article 125 du code de procédure civile, et au moyen d’une fiche versée aux débats. La société Volkswagen Bank GmbH, représentée par son conseil, s’est reportée à son acte introductif d’instance. Au soutien de sa demande en résiliation judiciaire du contrat de location avec option d’achat, la société Volkswagen bank expose, au visa des articles 1224, 1227 et 1229 du code civil, qu’en dépit des diverses mises en demeure qui lui ont été adressées, le défendeur a manqué d’honorer le paiement des échéances. La société Volkswagen Bank GmbH estime que le défendeur est débiteur d’une créance de 42.801,71 euros, comprenant : Les loyers impayés, majorés des intérêts de retard à hauteur de 3.491,46 euros;l’indemnité de résiliation calculée selon les dispositions contractuelles à hauteur de 39.310,25 euros; les intérêts de retard. Cité par acte remis à étude, M. [K] [G] ne comparaît pas et n'est pas représenté. L’affaire a été mise en délibéré le 27 avril 2026 par mise à disposition au greffe. MOTIVATION Selon l’article 472 du code de procédure civile, lorsque le défendeur ne comparaît pas, il est néanmoins statué sur le fond. Le juge ne fait alors droit à la demande que s’il l’estime régulière, recevable et bien fondée. L'article L.312-2 du code de la consommation dispose que pour l'application des dispositions du chapitre II, la location-vente et la location avec option d'achat sont assimilées à des opérations de crédit. Sur les demandes au titre du contrat de prêt personnel Sur la recevabilité de l’action en paiement (forclusion) Aux termes de l’article R.312-35 du code de la consommation, les actions en paiement engagées devant le tribunal judiciaire à l’occasion de la défaillance de l’emprunteur doivent être formées dans les deux ans de l’événement qui leur a donné naissance à peine de forclusion. Cet événement est caractérisé par le non-paiement des sommes dues à la suite de la résiliation du contrat ou de son terme, le premier incident de paiement non régularisé, le dépassement non régularisé du montant total du crédit consenti dans le cadre d’un contrat de crédit renouvelable, ou le dépassement, au sens du 13° de l’article L. 311-1, non régularisé à l’issue du délai prévu à l’article L. 312-93. En l’espèce, à la lecture de l’historique de compte, le point de départ du délai de forclusion est situé le 5 février 2024, date du premier incident de paiement non régularisé. L'assignation ayant été délivrée le 19 mai 2025, l’action de la société Volkswagen Bank GmbH sera déclarée recevable. Sur la demande de résiliation judiciaire du contrat de location avec option d’achat Aux termes de l’article 1224 du code civil, la résolution résulte soit de l’application d’une clause résolutoire soit, en cas d’inexécution suffisamment grave, d’une notification du créancier au débiteur ou d’une décision de justice. L’article 1228 du code civil dispose que le juge peut, selon les circonstances, constater ou prononcer la résolution ou ordonner l’exécution du contrat, en accordant éventuellement un délai au débiteur, ou allouer seulement des dommages et intérêts. En vertu de l’article 1229 du code civil, la résolution met fin au contrat. La résolution prend effet, selon les cas, soit dans les conditions prévues par la clause résolutoire, soit à la date de la réception par le débiteur de la notification faite par le créancier, soit à la date fixée par le juge ou, à défaut, au jour de l’assignation en justice. Lorsque les prestations échangées ne pouvaient trouver leur utilité que par l’exécution complète du contrat résolu, les parties doivent restituer l’intégralité de ce qu’elles se sont procuré l’une à l’autre. Lorsque les prestations échangées ont trouvé leur utilité au fur et à mesure de l’exécution réciproque du contrat, il n’y a pas lieu à restitution pour la période antérieure à la dernière prestation n’ayant pas reçu sa contrepartie ; dans ce cas, la résolution est qualifiée de résiliation. Les restitutions ont lieu dans les conditions prévues aux articles 1352 à 1352-9 du code civil. En l’espèce, l’historique de compte révèle que le véhicule a été livré le 26 avril 2023 et qu’à compter du mois de février 2024 M. [K] [G] a cessé de régler les loyers. La société demanderesse justifie avoir informé M. [K] [G] des prélèvements impayés par courriers du 20 août 2023, 25 août 2023, du 21 novembre 2023 puis du 29 novembre 2023. Elle a mis en demeure M. [K] [G] le 10 juin 2024, par courrier recommandé, de procéder au règlement de la somme de 4.026,81 euros au titre des échéances échues, sous peine de résiliation du contrat de location avec option d’achat. Par courrier adressé au défendeur le 9 juillet 2024, elle a prononcé la résiliation du contrat et l’a mis en demeure de régler la somme de 42.801,71 euros ou de procéder à la restitution du véhicule. Il ressort de l’ensemble de ces éléments que la cessation de paiement des loyers est intervenue de manière très précoce, alors que le contrat de location avait été signé le 6 avril 2023 et le véhicule livré le 26 avril 2023. Le paiement des loyers constitue une obligation essentielle du contrat de location avec option d’achat. La société demanderesse, en ce qui la concerne, a honoré son obligation de mise à disposition du véhicule, comme en atteste le procès-verbal de livraison signé par M. [K] [G] le 26 avril 2023. Au regard de la durée et du montant du prêt mais aussi de la cessation du paiement des loyers intervenue quelques mois après la souscription du contrat, les défauts de paiement doivent être considérés comme des manquements suffisamment graves pour justifier la résolution judiciaire du contrat de crédit à compter de la présente décision. Si la résolution d'un contrat à exécution successive a les effets d'une résiliation, et ne porte donc que sur l'avenir, celle d'un contrat à exécution instantanée remet les parties dans l'état dans lequel elles se trouvaient avant sa conclusion, conformément à l’article 1229 du code civil. Concernant le contrat de location avec option d’achat ou contrat de location assorti d’une promesse de vente, un tel prononcé s'envisage en tant que résolution judiciaire, à l’instar d’une opération de crédit, à laquelle il est d’ailleurs assimilé en application de l’article L.312-2 du code de la consommation. En effet, le bailleur s’est obligé à financer l’achat auprès d’un tiers du bien choisi par le locataire dont il acquiert la propriété afin de le mettre à sa disposition en s’engageant à lui en transférer la pleine propriété, à l’issue d’un certain délai, s’il choisit de lever l’option d’achat. A l’instar d’un crédit, les versements mensuels qualifiés de loyers ou de redevances effectués par le locataire durant cette période comme, le cas échéant, le versement du montant convenu de l’option d’achat, ne sont donc que le fractionnement d’une obligation unique de remboursement du locataire. Le paiement mensuel du loyer ou redevance n’est pas la simple contrepartie de la jouissance du bien durant cette période mais une modalité d’exécution différée et partielle de l’obligation du locataire de rembourser le financement du bien par le bailleur dans la perspective d’un transfert de propriété de ce bien à son profit même si ce transfert reste facultatif à la différence d’une location-vente. Pour autant, il en résulte, au vu de ces éléments, que les prestations échangées par les parties ne trouvent leur utilité que par l’exécution complète du contrat résolu. Il convient, par conséquent, de remettre les parties dans l'état dans lequel elles se trouvaient avant la conclusion du contrat de location avec option d’achat en déduisant du prix d’achat du véhicule revenant au bailleur les sommes versées par les colocataires ainsi que le prix de revente du bien loué restitué. En l’espèce, il ressort de la facture d’achat du véhicule et de l’historique de compte que neuf paiements de loyers de 833,31 euros chacun dont l’un de 8.090,81euros, soit la somme de 15.590,60 euros, ont été réalisés à compter du 27 avril 2023, outre le paiement de la somme totale de 458,30 euros au titre des intérêts de retard. Le prix de vente du véhicule était de 47.331,61 euros TTC. Le véhicule n’a pas été restitué. Dès lors, le montant de la restitution due au bailleur consécutive à la résolution judiciaire du contrat de location avec option d’achat souscrit le 6 avril 2023 s’établit à 32.116,02 euros (47.331,61 – 15.215,59). M. [K] [G] est donc condamné à payer à la société Volkswagen Bank GmbH la somme de 32.116,02 euros, avec intérêts au taux légal à compter de la présente décision. Il sera également ordonné à M. [K] [G] de restituer le véhicule de marque Audi modèle A3 NF Sportback 35 TFSI MHEV 150 S Tronic 7 Finition S Line immatriculé [Immatriculation 1] portant le numéro de série WAUZZZGYXPA089686 dans le délai de deux mois à compter de la signification de la présente décision, dont la valeur à dire d'expert viendra en déduction de la somme due. Afin de garantir l’effectivité de la décision, il sera fixé une astreinte de 200 euros par mois passé le délai d’un mois de la signification du jugement, et ce durant quatre mois. Sur la demande de capitalisation des intérêts L’article 1343-2 du code civil dispose que les intérêts échus, dus au moins pour une année entière, produisent intérêt si le contrat l'a prévu ou si une décision de justice le précise. L'article L. 312-38 du code de la consommation précise toutefois qu’aucune indemnité ni aucun coût autres que ceux mentionnés à l’article L. 312-40 ne peuvent être mis à la charge de l’emprunteur dans les cas de défaillance prévus par les dispositions de cet article. En conséquence, la demande d’anatocisme est rejetée. Sur les frais du procès et l'exécution provisoire En application de l'article 696 du code de procédure civile, M. [K] [G] sera condamné aux dépens. L’équité commende de ne pas faire droit à la demande de la société Volkswagen Bank GmbH au titre de l’article 700 du code de procédure civile. PAR CES MOTIFS, La juge des contentieux de la protection, statuant après débats publics, par jugement mis à disposition au greffe, réputé contradictoire et en premier ressort : Déclare recevable l’action formée par la société Volkswagen Bank GmbH au titre du contrat de location avec option d’achat consenti le 6 avril 2023 à M. [K] [G]; Prononce la résolution judiciaire de l’offre de location avec option d’achat émise par la société Volkswagen Bank GmbH acceptée le 6 avril 2023 par M. [K] [G] et portant sur le véhicule de marque Audi modèle A3 NF Sportback 35 TFSI MHEV 150 S Tronic 7 Finition S Line immatriculé [Immatriculation 1] portant le numéro de série WAUZZZGYXPA089686; Condamne M. [K] [G] à payer la somme de 32.116 ,02 euros à la société Volkswagen Bank GmbH, avec intérêts au taux légal à compter de la présente décision; Rejette la demande de capitalisation annuelle des intérêts ; Ordonne à M. [K] [G] de restituer à la société Volkswagen Bank GmbH le véhicule de marque Audi modèle A3 NF Sportback 35 TFSI MHEV 150 S Tronic 7 Finition S Line immatriculé [Immatriculation 1] portant le numéro de série WAUZZZGYXPA089686 dans un délai de deux mois à compter de la signification de la présente décision ; Rappelle qu'à défaut de restitution volontaire dans ce délai, l'appréhension du véhicule par la société Volkswagen Bank GmbH pourra s'effectuer dans les conditions des articles L.222-1, L.223-2, et R.222-1 et suivants du code des procédures civiles d'exécution ; Rappelle que la valeur du véhicule repris viendra en déduction de la somme due par M. [K] [G] aux termes de la présente décision ; Dit qu'en cas d'appréhension du véhicule, ce solde après déduction ne sera pleinement exigible que sur production préalable auprès de la débitrice : - soit d’un justificatif du prix effectivement perçu à la suite de la vente du véhicule ; - soit d’une expertise justifiant de l’évaluation objective de la valeur de ce même véhicule à la date du présent jugement ; Dit que faute pour M. [K] [G] de procéder à la restitution du véhicule de marque Audi modèle A3 NF Sportback 35 TFSI MHEV 150 S Tronic 7 Finition S Line immatriculé [Immatriculation 1] portant le numéro de série WAUZZZGYXPA089686, il sera redevable, passé le délai de deux mois à compter de la signification de la décision, d’une astreinte fixée à 200 euros par mois de retard et ce durant quatre mois ; Déboute la société Volkswagen Bank GmbH du surplus de ses demandes ; Condamne M. [K] [G] aux dépens ; Rejette la demande formulée par la société Volkswagen Bank GmbH sur le fondement de l’article 700 du code de procédure civile ; Rappelle l’exécution provisoire de droit de la présente décision. Ainsi signé par le juge et la greffière susnommés et mis à disposition des parties le 27 avril 2026. LA GREFFIERE LA PRESIDENTE
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