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Décision de justice

Tribunal judiciaire de Blois, JCP CIVIL, 20 mai 2026, n° 25/02896

Expulsion "ferme" ordonnée au fond (sans suspension des effets de la clause résolutoire)ContratsBaux d'habitation
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Exposé du litige

RAPPEL DES FAITS
 
La SCI FLOCEAN a donné à bail à Madame [Q] [J] un bien à usage d'habitation consistant en un appartement situé [Adresse 3] SUR CHER, par contrat en date du 26 août 2024, moyennant un loyer mensuel de 470 euros, payable au 1er du mois en cours.

Le 21 août 2024, le bailleur a signé un contrat de cautionnement VISALE avec la SAS ACTION LOGEMENT SERVICES portant sur le logement et sur le bail.

A la suite d’incidents de paiement, dès les mois d’août-septembre 2024, la SAS ACTION LOGEMENT SERVICES a procédé à des versements de loyers aux bailleurs en tant que caution.

Par acte du 19 juin 2025, la SAS ACTION LOGEMENT SERVICES a fait délivrer à Madame [Q] [J] un commandement de payer visant la clause résolutoire inscrite au bail, pour la somme en principal de 1.224,00 euros, au titre des loyers et charges impayés.

Dénonçant la situation d’impayés, la SAS ACTION LOGEMENT SERVICES a saisi la commission de coordination des actions de prévention des expulsions locatives par voie électronique le 19 juin 2025.

Le 11 juin 2025, une quittance subrogative n°7 a été établie, par laquelle le bailleur a déclaré avoir reçu de la SAS ACTION LOGEMENT SERVICES la somme de 1.844 euros au titre des loyers et charges impayés dus par Madame [Q] [J], pour lesquels il a précisé subroger la SAS ACTION LOGEMENT SERVICES dans ses droits et actions contre la locataire défaillante.

Par acte du 26 septembre 2025 remis à Etude, la SAS ACTION LOGEMENT SERVICES a fait assigner Madame [Q] [J] devant le juge des contentieux de la protection du tribunal judiciaire de BLOIS, aux fins suivantes :
- déclarer ACTION LOGEMENT SERVICES recevable en son action ;
- déclarer acquise la clause résolutoire insérée au bail ;
- à titre subsidiaire, prononcer la résiliation du bail aux torts et griefs du preneur ;
- ordonner l’expulsion de Madame [Q] [J] ainsi que de tous occupants de son chef du logement, au besoin avec le concours de la force publique ;
- condamner Madame [Q] [J] au paiement de la somme de 1.848,00 euros avec intérêts au taux légal à compter du commandement de payer du 19 juin 2025 sur la somme de 1.224,00 euros et pour le surplus à compter de l’assignation ;
- fixer l’indemnité d’occupation à compter de la date d'acquisition de la clause résolutoire ou de la résiliation du bail au montant du loyer contractuel augmenté des charges ;
- condamner Madame [Q] [J] à payer lesdites indemnités d’occupation à la SAS ACTION LOGEMENT SERVICES dès lors que ces paiements seront justifiés par une quittance subrogative ;
- condamner Madame [Q] [J] au paiement de la somme de 800 euros au titre de l’article 700 du Code de procédure civile ainsi qu’au paiement des dépens, qui comprendront le coût du commandement de payer ;
- dire n'y avoir lieu à écarter l'exécution provisoire de la décision.

L’assignation a été notifiée électroniquement à la diligence du commissaire de justice au représentant de l’État dans le département le 29 septembre 2025.

L'affaire a été appelée à l'audience du 18 mars 2026.

À l'audience, la SAS ACTION LOGEMENT SERVICES, représentée par son avocat, a maintenu oralement ses demandes et actualisé sa créance à la somme de 4.311,89 euros. 

La question de la recevabilité de la demande principale a été mise d’office dans les débats.

Madame [Q] [J], régulièrement citée, n’a pas comparu.

La décision a été mise en délibéré à la date du 20 mai 2026.

Motifs

MOTIFS DE LA DÉCISION

Selon l’article 472 du Code de procédure civile, lorsque le défendeur ne comparaît pas, il est néanmoins statué sur le fond. Le juge ne fait droit à la demande que s’il l’estime régulière, recevable et bien fondée.

En application de l'article 473 du même Code, le jugement est réputé contradictoire, le défendeur n’ayant pas comparu et la décision étant susceptible d'appel.

SUR L'INTÉRÊT À AGIR DE LA SAS ACTION LOGEMENT SERVICES :

En application de l’article 2306 du Code civil, la caution qui a payé la dette est subrogée à tous les droits qu’avait le créancier contre le débiteur. L’article 1346-4 du même Code précise que la subrogation transmet à son bénéficiaire, dans la limite de ce qu’il a payé, la créance et ses accessoires, à l’exception des droits exclusivement attachés à la personne du créancier.

Les accessoires de la créance comprennent toutes les actions qui appartenaient au créancier et qui se rattachaient à cette créance immédiatement avant le paiement.

La Convention Etat-UESL pour la mise en œuvre de VISALE indique dans son article 7.1 que « la subrogation doit permettre d’engager une procédure en résiliation du bail en lieu et place du bailleur (résiliation judiciaire ou mise en œuvre de la clause résolutoire) ».

En l’espèce, le contrat de cautionnement VISALE du 21 août 2024 reprend les termes de cette disposition dans son article 8.1 (pages 7 et 8), qui prévoit que « dès lors que la caution aura payé au bailleur les sommes impayées par le locataire, la caution sera subrogée au bailleur dans tous ses droits et actions sur les sommes versées par elle. La subrogation permettra à la caution d'agir en recouvrement des sommes versées, en constatation de l'acquisition de la clause résolutoire et/ou en résiliation judiciaire du bail, ainsi qu'en fixation de l'indemnité d'occupation. »

L'article 8.2 précise que la caution s'engage à « procéder aux actions contentieuses de recouvrement et/ou d'expulsion » (page 9).

En conséquence, la SAS ACTION LOGEMENT SERVICES subrogée aux droits et actions du bailleur tant dans le cadre du recouvrement des sommes dues au titre de l’occupation du logement et qu’en ses actions aux fins de mettre un terme au bail à raison des impayés locatifs, démontre sa qualité et son intérêt à agir en résiliation du contrat de bail du 26 août 2024 et en expulsion à l’encontre de Madame [Q] [J].

SUR LA RECEVABILITÉ DE L'ACTION EN RÉSILIATION DU BAIL ET EN EXPULSION :

En application des dispositions de l'article 24 de la loi du 6 juillet 1989, une copie de l'assignation a été notifiée à la préfecture du Loir et Cher selon accusé de réception électronique en date du 29 septembre 2025, soit plus de six semaines avant l'audience en vertu de la nouvelle rédaction de l’article 24 précité, issue de la loi du 27 juillet 2023.

Par ailleurs, la SAS ACTION LOGEMENT SERVICES justifie avoir saisi la commission de coordination des actions de prévention des expulsions locatives le 19 juin 2025, soit plus de deux mois avant la délivrance de l'assignation.

L’action est donc recevable.

SUR L'ACQUISITION DES EFFETS DE LA CLAUSE RÉSOLUTOIRE :

L'article 24 de la loi n°89-462 du 06 juillet 1989, dans ses termes applicables à la date du bail, dispose que toute clause prévoyant la résiliation de plein droit du contrat de location pour défaut de paiement du loyer ou des charges aux termes convenus ou pour non-versement du dépôt de garantie ne produit effet que deux mois après un commandement de payer demeuré infructueux.

En l’espèce, le bail contient une clause résolutoire en cas d’impayés et un commandement de payer visant cette clause a été signifié le 19 juin 2025, pour la somme en principal de 1.224,00 euros.

Le bail prévoit un délai de deux mois pour la résiliation du bail. Le délai de deux mois est applicable en l’espèce car contractuellement prévu et est visé dans le commandement de payer délivré au mois de juin 2025.

Madame [Q] [J] devait régler cette somme de 1.224,00 euros avant le 19 août 2025 à 24 heures.

Entre le 19 juin 2025 et le 19 août 2025 à 24 heures, Madame [Q] [J] n’a procédé à aucun versement.

Le commandement est donc demeuré infructueux pendant toute la période. En conséquence, il y a lieu de constater que les conditions d’acquisition de la clause résolutoire contenue dans le bail étaient réunies à la date du 20 août 2025.

Il n’y aura dès lors pas lieu d’examiner la demande subsidiaire de résiliation du bail pour faute de la locataire.

SUR L'EXPULSION ET L'INDEMNITÉ D'OCCUPATION :

La SAS ACTION LOGEMENT SERVICES ayant un intérêt certain à voir reprendre possession dans un bref délai des lieux occupés sans droit ni titre à la suite de la résiliation du bail, et cela au vu des impayés qui se sont accumulés depuis le commandement de payer, il y a lieu d’ordonner à Madame [Q] [J] de remettre les clés et de quitter les lieux.


À défaut de départ volontaire, la SAS ACTION LOGEMENT SERVICES sera autorisée à faire procéder à l’expulsion de Madame [Q] [J], ainsi que de tous occupants de son chef dans les conditions prévues par la loi.

Au surplus, à compter de la résiliation du bail, en vertu de l'article 1760 du Code civil, le locataire déchu de tout droit d'occupation du local donné à bail se trouve redevable d'une indemnité d'occupation mensuelle qui a une nature indemnitaire et non pas contractuelle.

Dans ces conditions, il convient de condamner Madame [Q] [J] au paiement d'une indemnité d'occupation mensuelle qui sera d'un montant égal à celui des loyers et charges, jusqu'à la libération effective et définitive des lieux. Ces paiements pourront être faits à la SAS ACTION LOGEMENT SERVICES à partir du moment où les mensualités auront été préalablement versées par la société au bailleur et qu'il en aura été justifié par la délivrance d'une quittance subrogative.

SUR LA DEMANDE DE CONDAMNATION AU PAIEMENT :

En vertu des articles 7 et 23 de la loi n° 89-462 du 6 juillet 1989, le locataire est obligé de payer le loyer et les charges récupérables aux termes convenus pendant la durée du contrat de bail.

En l'espèce, la SAS ACTION LOGEMENT SERVICES verse aux débats le contrat de bail ainsi qu'un décompte arrêté à la date du 10 mars 2026 démontrant que Madame [Q] [J] reste lui devoir la somme de 4.311,89 euros au titre des loyers et charges et indemnités d'occupation, échéance de février 2026 incluse et hors frais de poursuite.

Il apparaît à la lecture de ce décompte que Madame [Q] [J] n’a notamment réglé aucun loyer complet depuis de nombreux mois.

La SAS ACTION LOGEMENT SERVICES produit notamment une quittance subrogative n°15 datée du 25 février 2026 mentionnant qu'un total de 4.931,89 euros a été versé à cette date au bailleur en garantie du paiement du loyer.

Absente à l’audience, Madame [Q] [J] ne conteste par définition ni le principe, ni le montant de cette dette.

Elle sera donc condamnée au paiement de la somme de 4.311,89 euros, avec les intérêts au taux légal sur la somme de 1.224,00 euros à compter du commandement de payer (19 juin 2025) et à compter de l'assignation du 9 septembre 2025 pour le surplus, conformément aux dispositions de l'article 1231-6 du Code civil et à la demande.

La question de l'octroi de délais de paiement n’a pas été mise d’office dans les débats à l'audience, Madame [Q] [J] n’ayant pas été présente ni représentée à l’audience. 

SUR LES DEMANDES ACCESSOIRES :

En application des dispositions de l'article 696 du Code de procédure civile, et au vu de la présente décision, Madame [Q] [J] supportera la charge de l'intégralité des dépens de la présente procédure. 

Compte tenu des démarches judiciaires qu’a dû accomplir la SAS ACTION LOGEMENT SERVICES pour obtenir la reconnaissance de ses droits, Madame [Q] [J] sera condamnée à lui payer la somme de 500 euros sur le fondement de l'article 700 du Code de procédure civile.

Il y a lieu de rappeler que l'exécution provisoire de la présente décision est de droit, conformément aux dispositions de l'article 514 du Code de procédure civile.

Dispositif

PAR CES MOTIFS

Le juge des contentieux de la protection, statuant publiquement, par mise à disposition au greffe, par jugement réputé contradictoire et en premier ressort,


DÉCLARE recevable la SAS ACTION LOGEMENT SERVICES en son action aux fins de résiliation de bail et de paiement des loyers et charges impayés ;

CONSTATE que les conditions d'acquisition de la clause résolutoire pour loyers et charges impayés figurant au bail signé le 26 août 2024 entre la SCI FLOCEAN d’une part, et Madame [Q] [J] d’autre part, concernant le logement situé [Adresse 4] – 41130 SELLES SUR CHER, sont réunies à la date du 20 août 2025 et que le bail est résilié à cette date;

ORDONNE en conséquence à Madame [Q] [J] de libérer les lieux et de restituer les clés ;

DIT qu'à défaut pour Madame [Q] [J] d'avoir volontairement libéré les lieux et restitué les clés, la SAS ACTION LOGEMENT SERVICES pourra, deux mois après la signification d'un commandement de quitter les lieux, faire procéder à son expulsion ainsi qu'à celle de tous occupants de son chef, y compris le cas échéant avec le concours d'un serrurier et de la force publique ;

CONDAMNE Madame [Q] [J] à payer à la SAS ACTION LOGEMENT SERVICES, prise en la personne de son représentant légal, une indemnité mensuelle d’occupation à compter de l'acquisition de la clause résolutoire et jusqu’à la date de la libération effective et définitive des lieux, dès lors que ces paiements, effectués par la caution au bailleur, auront été préalablement justifiés par la délivrance d'une quittance subrogative ;

FIXE le montant de l'indemnité mensuelle d'occupation au montant des loyers et charges que Madame [Q] [J] aurait eu à payer en cas de non résiliation du bail ;

CONDAMNE en conséquence Madame [Q] [J] à payer à la SAS ACTION LOGEMENT SERVICES, prise en la personne de son représentant légal, la somme de 4.311,89 euros, avec les intérêts au taux légal sur la somme de 1.224,00 euros à compter du commandement de payer (19 juin 2025) et à compter de l'assignation du 9 septembre 2025 pour le surplus, conformément aux dispositions de l'article 1231-6 du Code civil et à la demande ;

CONDAMNE Madame [Q] [J] à verser à la SAS ACTION LOGEMENT SERVICES, prise en la personne de son représentant légal, la somme de 500 euros au titre de l’article 700 du Code de procédure civile ;

CONDAMNE Madame [Q] [J] aux entiers dépens de la présente procédure, comprenant les frais de commandement de payer et d'assignation ;

REJETTE toutes autres demandes ;

RAPPELLE que l'exécution provisoire du présent jugement est de droit.

La Greffière, La Juge des contentieux de la Protection,
Texte intégral
____________________
Tribunal Judiciaire de de BLOIS
N° RG 25/02896 - N° Portalis DBYN-W-B7J-E47S Page sur 
COUR D’APPEL D’[Localité 1]
TRIBUNAL JUDICIAIRE DE BLOIS

JUGEMENT DU 20 MAI 2026



N° RG 25/02896 - N° Portalis DBYN-W-B7J-E47S
Minute : 2026/341


DEMANDERESSE :

S.A.S. ACTION LOGEMENT SERVICES
[Adresse 1]
[Localité 2]
représentée par Me Roger LEMONNIER, avocat au barreau de PARIS, substitué par Me Marie QUESTE, avocate au barreau de BLOIS


DÉFENDERESSE :

Madame [Q] [J]
[Adresse 2]
[Localité 3]
non comparante, ni représentée



DÉBATS : à l'audience publique du 18 Mars 2026,

JUGEMENT : réputé contradictoire, prononcé par mise à disposition au greffe à la date indiquée à l’issue des débats, en premier ressort.


COMPOSITION DU TRIBUNAL :

Président : Charlotte BOURDAIS, magistrate à titre temporaire,
Avec l’assistance de Nebia BEDJEDIET, Greffière,








GROSSE : Me Roger LEMONNIER
EXPÉDITION : Madame [Q] [J]
le : 
Copie Dossier

RAPPEL DES FAITS
 
La SCI FLOCEAN a donné à bail à Madame [Q] [J] un bien à usage d'habitation consistant en un appartement situé [Adresse 3] SUR CHER, par contrat en date du 26 août 2024, moyennant un loyer mensuel de 470 euros, payable au 1er du mois en cours.

Le 21 août 2024, le bailleur a signé un contrat de cautionnement VISALE avec la SAS ACTION LOGEMENT SERVICES portant sur le logement et sur le bail.

A la suite d’incidents de paiement, dès les mois d’août-septembre 2024, la SAS ACTION LOGEMENT SERVICES a procédé à des versements de loyers aux bailleurs en tant que caution.

Par acte du 19 juin 2025, la SAS ACTION LOGEMENT SERVICES a fait délivrer à Madame [Q] [J] un commandement de payer visant la clause résolutoire inscrite au bail, pour la somme en principal de 1.224,00 euros, au titre des loyers et charges impayés.

Dénonçant la situation d’impayés, la SAS ACTION LOGEMENT SERVICES a saisi la commission de coordination des actions de prévention des expulsions locatives par voie électronique le 19 juin 2025.

Le 11 juin 2025, une quittance subrogative n°7 a été établie, par laquelle le bailleur a déclaré avoir reçu de la SAS ACTION LOGEMENT SERVICES la somme de 1.844 euros au titre des loyers et charges impayés dus par Madame [Q] [J], pour lesquels il a précisé subroger la SAS ACTION LOGEMENT SERVICES dans ses droits et actions contre la locataire défaillante.

Par acte du 26 septembre 2025 remis à Etude, la SAS ACTION LOGEMENT SERVICES a fait assigner Madame [Q] [J] devant le juge des contentieux de la protection du tribunal judiciaire de BLOIS, aux fins suivantes :
- déclarer ACTION LOGEMENT SERVICES recevable en son action ;
- déclarer acquise la clause résolutoire insérée au bail ;
- à titre subsidiaire, prononcer la résiliation du bail aux torts et griefs du preneur ;
- ordonner l’expulsion de Madame [Q] [J] ainsi que de tous occupants de son chef du logement, au besoin avec le concours de la force publique ;
- condamner Madame [Q] [J] au paiement de la somme de 1.848,00 euros avec intérêts au taux légal à compter du commandement de payer du 19 juin 2025 sur la somme de 1.224,00 euros et pour le surplus à compter de l’assignation ;
- fixer l’indemnité d’occupation à compter de la date d'acquisition de la clause résolutoire ou de la résiliation du bail au montant du loyer contractuel augmenté des charges ;
- condamner Madame [Q] [J] à payer lesdites indemnités d’occupation à la SAS ACTION LOGEMENT SERVICES dès lors que ces paiements seront justifiés par une quittance subrogative ;
- condamner Madame [Q] [J] au paiement de la somme de 800 euros au titre de l’article 700 du Code de procédure civile ainsi qu’au paiement des dépens, qui comprendront le coût du commandement de payer ;
- dire n'y avoir lieu à écarter l'exécution provisoire de la décision.

L’assignation a été notifiée électroniquement à la diligence du commissaire de justice au représentant de l’État dans le département le 29 septembre 2025.

L'affaire a été appelée à l'audience du 18 mars 2026.

À l'audience, la SAS ACTION LOGEMENT SERVICES, représentée par son avocat, a maintenu oralement ses demandes et actualisé sa créance à la somme de 4.311,89 euros. 

La question de la recevabilité de la demande principale a été mise d’office dans les débats.

Madame [Q] [J], régulièrement citée, n’a pas comparu.

La décision a été mise en délibéré à la date du 20 mai 2026.


MOTIFS DE LA DÉCISION

Selon l’article 472 du Code de procédure civile, lorsque le défendeur ne comparaît pas, il est néanmoins statué sur le fond. Le juge ne fait droit à la demande que s’il l’estime régulière, recevable et bien fondée.

En application de l'article 473 du même Code, le jugement est réputé contradictoire, le défendeur n’ayant pas comparu et la décision étant susceptible d'appel.

SUR L'INTÉRÊT À AGIR DE LA SAS ACTION LOGEMENT SERVICES :

En application de l’article 2306 du Code civil, la caution qui a payé la dette est subrogée à tous les droits qu’avait le créancier contre le débiteur. L’article 1346-4 du même Code précise que la subrogation transmet à son bénéficiaire, dans la limite de ce qu’il a payé, la créance et ses accessoires, à l’exception des droits exclusivement attachés à la personne du créancier.

Les accessoires de la créance comprennent toutes les actions qui appartenaient au créancier et qui se rattachaient à cette créance immédiatement avant le paiement.

La Convention Etat-UESL pour la mise en œuvre de VISALE indique dans son article 7.1 que « la subrogation doit permettre d’engager une procédure en résiliation du bail en lieu et place du bailleur (résiliation judiciaire ou mise en œuvre de la clause résolutoire) ».

En l’espèce, le contrat de cautionnement VISALE du 21 août 2024 reprend les termes de cette disposition dans son article 8.1 (pages 7 et 8), qui prévoit que « dès lors que la caution aura payé au bailleur les sommes impayées par le locataire, la caution sera subrogée au bailleur dans tous ses droits et actions sur les sommes versées par elle. La subrogation permettra à la caution d'agir en recouvrement des sommes versées, en constatation de l'acquisition de la clause résolutoire et/ou en résiliation judiciaire du bail, ainsi qu'en fixation de l'indemnité d'occupation. »

L'article 8.2 précise que la caution s'engage à « procéder aux actions contentieuses de recouvrement et/ou d'expulsion » (page 9).

En conséquence, la SAS ACTION LOGEMENT SERVICES subrogée aux droits et actions du bailleur tant dans le cadre du recouvrement des sommes dues au titre de l’occupation du logement et qu’en ses actions aux fins de mettre un terme au bail à raison des impayés locatifs, démontre sa qualité et son intérêt à agir en résiliation du contrat de bail du 26 août 2024 et en expulsion à l’encontre de Madame [Q] [J].

SUR LA RECEVABILITÉ DE L'ACTION EN RÉSILIATION DU BAIL ET EN EXPULSION :

En application des dispositions de l'article 24 de la loi du 6 juillet 1989, une copie de l'assignation a été notifiée à la préfecture du Loir et Cher selon accusé de réception électronique en date du 29 septembre 2025, soit plus de six semaines avant l'audience en vertu de la nouvelle rédaction de l’article 24 précité, issue de la loi du 27 juillet 2023.

Par ailleurs, la SAS ACTION LOGEMENT SERVICES justifie avoir saisi la commission de coordination des actions de prévention des expulsions locatives le 19 juin 2025, soit plus de deux mois avant la délivrance de l'assignation.

L’action est donc recevable.

SUR L'ACQUISITION DES EFFETS DE LA CLAUSE RÉSOLUTOIRE :

L'article 24 de la loi n°89-462 du 06 juillet 1989, dans ses termes applicables à la date du bail, dispose que toute clause prévoyant la résiliation de plein droit du contrat de location pour défaut de paiement du loyer ou des charges aux termes convenus ou pour non-versement du dépôt de garantie ne produit effet que deux mois après un commandement de payer demeuré infructueux.

En l’espèce, le bail contient une clause résolutoire en cas d’impayés et un commandement de payer visant cette clause a été signifié le 19 juin 2025, pour la somme en principal de 1.224,00 euros.

Le bail prévoit un délai de deux mois pour la résiliation du bail. Le délai de deux mois est applicable en l’espèce car contractuellement prévu et est visé dans le commandement de payer délivré au mois de juin 2025.

Madame [Q] [J] devait régler cette somme de 1.224,00 euros avant le 19 août 2025 à 24 heures.

Entre le 19 juin 2025 et le 19 août 2025 à 24 heures, Madame [Q] [J] n’a procédé à aucun versement.

Le commandement est donc demeuré infructueux pendant toute la période. En conséquence, il y a lieu de constater que les conditions d’acquisition de la clause résolutoire contenue dans le bail étaient réunies à la date du 20 août 2025.

Il n’y aura dès lors pas lieu d’examiner la demande subsidiaire de résiliation du bail pour faute de la locataire.

SUR L'EXPULSION ET L'INDEMNITÉ D'OCCUPATION :

La SAS ACTION LOGEMENT SERVICES ayant un intérêt certain à voir reprendre possession dans un bref délai des lieux occupés sans droit ni titre à la suite de la résiliation du bail, et cela au vu des impayés qui se sont accumulés depuis le commandement de payer, il y a lieu d’ordonner à Madame [Q] [J] de remettre les clés et de quitter les lieux.


À défaut de départ volontaire, la SAS ACTION LOGEMENT SERVICES sera autorisée à faire procéder à l’expulsion de Madame [Q] [J], ainsi que de tous occupants de son chef dans les conditions prévues par la loi.

Au surplus, à compter de la résiliation du bail, en vertu de l'article 1760 du Code civil, le locataire déchu de tout droit d'occupation du local donné à bail se trouve redevable d'une indemnité d'occupation mensuelle qui a une nature indemnitaire et non pas contractuelle.

Dans ces conditions, il convient de condamner Madame [Q] [J] au paiement d'une indemnité d'occupation mensuelle qui sera d'un montant égal à celui des loyers et charges, jusqu'à la libération effective et définitive des lieux. Ces paiements pourront être faits à la SAS ACTION LOGEMENT SERVICES à partir du moment où les mensualités auront été préalablement versées par la société au bailleur et qu'il en aura été justifié par la délivrance d'une quittance subrogative.

SUR LA DEMANDE DE CONDAMNATION AU PAIEMENT :

En vertu des articles 7 et 23 de la loi n° 89-462 du 6 juillet 1989, le locataire est obligé de payer le loyer et les charges récupérables aux termes convenus pendant la durée du contrat de bail.

En l'espèce, la SAS ACTION LOGEMENT SERVICES verse aux débats le contrat de bail ainsi qu'un décompte arrêté à la date du 10 mars 2026 démontrant que Madame [Q] [J] reste lui devoir la somme de 4.311,89 euros au titre des loyers et charges et indemnités d'occupation, échéance de février 2026 incluse et hors frais de poursuite.

Il apparaît à la lecture de ce décompte que Madame [Q] [J] n’a notamment réglé aucun loyer complet depuis de nombreux mois.

La SAS ACTION LOGEMENT SERVICES produit notamment une quittance subrogative n°15 datée du 25 février 2026 mentionnant qu'un total de 4.931,89 euros a été versé à cette date au bailleur en garantie du paiement du loyer.

Absente à l’audience, Madame [Q] [J] ne conteste par définition ni le principe, ni le montant de cette dette.

Elle sera donc condamnée au paiement de la somme de 4.311,89 euros, avec les intérêts au taux légal sur la somme de 1.224,00 euros à compter du commandement de payer (19 juin 2025) et à compter de l'assignation du 9 septembre 2025 pour le surplus, conformément aux dispositions de l'article 1231-6 du Code civil et à la demande.

La question de l'octroi de délais de paiement n’a pas été mise d’office dans les débats à l'audience, Madame [Q] [J] n’ayant pas été présente ni représentée à l’audience. 

SUR LES DEMANDES ACCESSOIRES :

En application des dispositions de l'article 696 du Code de procédure civile, et au vu de la présente décision, Madame [Q] [J] supportera la charge de l'intégralité des dépens de la présente procédure. 

Compte tenu des démarches judiciaires qu’a dû accomplir la SAS ACTION LOGEMENT SERVICES pour obtenir la reconnaissance de ses droits, Madame [Q] [J] sera condamnée à lui payer la somme de 500 euros sur le fondement de l'article 700 du Code de procédure civile.

Il y a lieu de rappeler que l'exécution provisoire de la présente décision est de droit, conformément aux dispositions de l'article 514 du Code de procédure civile.


PAR CES MOTIFS

Le juge des contentieux de la protection, statuant publiquement, par mise à disposition au greffe, par jugement réputé contradictoire et en premier ressort,


DÉCLARE recevable la SAS ACTION LOGEMENT SERVICES en son action aux fins de résiliation de bail et de paiement des loyers et charges impayés ;

CONSTATE que les conditions d'acquisition de la clause résolutoire pour loyers et charges impayés figurant au bail signé le 26 août 2024 entre la SCI FLOCEAN d’une part, et Madame [Q] [J] d’autre part, concernant le logement situé [Adresse 4] – 41130 SELLES SUR CHER, sont réunies à la date du 20 août 2025 et que le bail est résilié à cette date;

ORDONNE en conséquence à Madame [Q] [J] de libérer les lieux et de restituer les clés ;

DIT qu'à défaut pour Madame [Q] [J] d'avoir volontairement libéré les lieux et restitué les clés, la SAS ACTION LOGEMENT SERVICES pourra, deux mois après la signification d'un commandement de quitter les lieux, faire procéder à son expulsion ainsi qu'à celle de tous occupants de son chef, y compris le cas échéant avec le concours d'un serrurier et de la force publique ;

CONDAMNE Madame [Q] [J] à payer à la SAS ACTION LOGEMENT SERVICES, prise en la personne de son représentant légal, une indemnité mensuelle d’occupation à compter de l'acquisition de la clause résolutoire et jusqu’à la date de la libération effective et définitive des lieux, dès lors que ces paiements, effectués par la caution au bailleur, auront été préalablement justifiés par la délivrance d'une quittance subrogative ;

FIXE le montant de l'indemnité mensuelle d'occupation au montant des loyers et charges que Madame [Q] [J] aurait eu à payer en cas de non résiliation du bail ;

CONDAMNE en conséquence Madame [Q] [J] à payer à la SAS ACTION LOGEMENT SERVICES, prise en la personne de son représentant légal, la somme de 4.311,89 euros, avec les intérêts au taux légal sur la somme de 1.224,00 euros à compter du commandement de payer (19 juin 2025) et à compter de l'assignation du 9 septembre 2025 pour le surplus, conformément aux dispositions de l'article 1231-6 du Code civil et à la demande ;

CONDAMNE Madame [Q] [J] à verser à la SAS ACTION LOGEMENT SERVICES, prise en la personne de son représentant légal, la somme de 500 euros au titre de l’article 700 du Code de procédure civile ;

CONDAMNE Madame [Q] [J] aux entiers dépens de la présente procédure, comprenant les frais de commandement de payer et d'assignation ;

REJETTE toutes autres demandes ;

RAPPELLE que l'exécution provisoire du présent jugement est de droit.

La Greffière, La Juge des contentieux de la Protection,

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Mise à jour de la source le 2026-08-14T14:19:56.019Z.