Tribunal judiciaire de Marseille, GNAL SEC SOC : SSI, 11 décembre 2025, n° 24/01801
Exposé du litige
EXPOSE DU LITIGE : Par courrier recommandé avec avis de réception expédié le 2 avril 2024, Monsieur [W] [Y] a saisi le pôle social du tribunal judiciaire de Marseille d’une opposition à la contrainte décernée à son encontre le 26 mars 2024 par le directeur de l'Union de [Adresse 9] (ci-après [12]), et signifiée le 28 mars 2024, pour le recouvrement de la somme de 8 968 € au titre des cotisations sociales et majorations de retard dues pour la période des 3ème et 4ème trimestre 2023. L’affaire a été retenue à l’audience du 6 mai 2025. L'[12], représentée par son conseil demande au tribunal de : -dire et juger que la contrainte est fondée en son principe ; -valider la contrainte pour un montant de 4 728,63 € ; -condamner Monsieur [Y] au paiement de cette somme, outre les dépens de l’instance et frais de signification ; Monsieur [Y], présent en personne, fait part oralement ne pas contester devoir la somme réclamée par l’organisme à l’audience, mais sollicite des délais de paiement. La présente affaire a été mise en délibéré au 11 décembre 2025.
Motifs
MOTIFS DE LA DÉCISION : Aux termes de l’article L.244-9 du Code de la sécurité sociale, la contrainte décernée par le directeur d’un organisme de sécurité sociale pour le recouvrement des cotisations et majorations de retard emporte, à défaut d’opposition du débiteur devant le tribunal compétent, dans les délais et selon les conditions fixées par décret, tous les effets d’un jugement et confère notamment le bénéfice de l’hypothèque judiciaire. Sur la recevabilité de l’opposition Selon l’article R.133-3 du Code de la sécurité sociale, à défaut de règlement dans le délai d’un mois imparti par la mise en demeure, et sauf réclamation introduite dans le même délai devant la commission de recours amiable, et reconnue fondée par ladite commission, l’organisme créancier peut délivrer une contrainte. La contrainte est notifiée au débiteur par lettre recommandée avec demande d’avis de réception ou lui est signifiée par acte d’huissier de justice. La lettre recommandée ou l’acte d’huissier mentionne, à peine de nullité, la référence ou la contrainte et son montant, le délai dans lequel l’opposition doit être formée, l’adresse du tribunal compétent et les formes requises pour sa saisine. Le débiteur peut former opposition par inscription au secrétariat du tribunal dans le ressort duquel il est domicilié par lettre recommandée avec accusé de réception adressée au secrétariat dudit tribunal dans les quinze jours à compter de la signification ou de la notification. L’opposition doit être motivée à peine d'irrecevabilité ; une copie de la contrainte contestée doit lui être jointe. Du fait de l'opposition, la qualité de défendeur appartient à la partie qui saisit le tribunal. En l'espèce, Monsieur [Y] a formé opposition dans le respect du délai de quinze jours imparti sous peine de forclusion. L'opposition, suffisamment motivée, sera par conséquent déclarée recevable. Sur la régularité et le bien-fondé de la contrainte : Monsieur [Y] a notamment été affilié à la protection sociale des indépendants depuis le 1er novembre 1992 au titre de commerçant dans l’habillement au détail en magasin spécialisé. L’affiliation au régime des professions artisanales, industrielles et commerciales est obligatoire pour toute personne inscrite au registre du commerce ou susceptible d’être inscrite pour son activité professionnelle à ce répertoire. Monsieur [Y] est en conséquence redevable de cotisations personnelles au titre de sa période d’activité en qualité de travailleur indépendant. Depuis 2015, les cotisations et contributions sociales sont calculées en trois temps : -à titre provisionnel en pourcentage du revenu professionnel de l’avant-dernière année ou des revenus forfaitaires ; -ajustées en fonction du revenu de l'année précédente, en recalculant les cotisations provisionnelles de l'année N sur la base des revenus N-1 ; -à titre définitif, lorsque les revenus réels sont connus, les cotisations définitives de l'année N-1 sont calculées sur la base de ce revenu, et le compte cotisant est régularisé. L'article R.115-5 du même code prévoit ainsi que les assurés doivent souscrire chaque année une déclaration de revenus d'activité auprès de l'organisme, au plus tard le 1er mai, dûment remplie et signée même si l'activité professionnelle a été nulle. Les cotisations sont ainsi calculées en fonction des déclarations faites par l'assuré. A défaut de déclaration de revenus, les cotisations sont calculées sur la base d’une taxation d’office. Conformément à l’article L.244-2 du Code de la sécurité sociale, les sommes réclamées ont été précédées d’une mise en demeure adressée au débiteur par lettre recommandée l’invitant à régulariser sa situation. Il est acquis que la contrainte qui comporte, directement ou par référence à une mise en demeure préalable, la nature et le montant des sommes réclamées, ainsi que la période à laquelle elles se rapportent, est correctement et suffisamment motivée pour permettre au cotisant de connaître la nature, la cause et l'étendue de son obligation. Selon une jurisprudence constante, la charge de la preuve repose sur l’opposant à contrainte. L’URSSAF justifie ainsi de sa créance, tandis que Monsieur [Y] ne fournit pas d’éléments de nature à établir qu’il s’est libéré de son obligation. À l’audience, il reconnaît d’ailleurs le principe de sa dette et n’en conteste pas le montant. Il convient dès lors de valider la contrainte pour un montant ramené à 4 728,63 € et de condamner Monsieur [Y] au paiement de cette somme. Sur les demandes accessoires Conformément à l’article R.243-21 du code de la sécurité sociale, le directeur de l'organisme chargé du recouvrement des cotisations sociales a compétence exclusive pour accorder des échéanciers de paiement et des sursis à poursuites pour le règlement des cotisations, pénalités et majorations de retard. Ainsi, le tribunal ne peut pas accorder lui-même de telles remises et modalités, et le requérant est invité à se rapprocher de l'organisme à cette fin. Les dépens, en ce compris les frais de signification de la contrainte, sont à la charge de la partie qui succombe, conformément aux dispositions des articles 696 du Code de procédure civile et R.133-6 du Code de la sécurité sociale. Enfin, la décision du tribunal statuant sur une opposition à contrainte est exécutoire de droit à titre provisoire conformément à l’article R.133-3 du Code de la sécurité sociale.
Dispositif
PAR CES MOTIFS, Le tribunal, statuant par jugement contradictoire et en dernier ressort mis à disposition au greffe, - DÉCLARE recevable, mais mal fondée, l’opposition formée le 2 avril 2024 par Monsieur [W] [Y] à la contrainte décernée à son encontre le 26 mars 2024 par le directeur de l'[Adresse 11] (ci-après [12]), et signifiée le 28 mars 2024, pour le recouvrement des cotisations sociales et majorations de retard dues pour la période des 3ème et 4ème trimestre 2023. - DÉBOUTE Monsieur [W] [Y] de son recours ; - VALIDE ladite contrainte pour un montant ramené à 4 728,63 €, et condamne Monsieur [W] [Y] à payer cette somme à l’URSSAF [8] ; - CONDAMNE Monsieur [W] [Y] aux dépens de l'instance, comprenant notamment les frais de signification de la contrainte ; - RAPPELLE que la présente décision est exécutoire de droit à titre provisoire en application de l'article R.133-3 du Code de la sécurité sociale ; Conformément aux dispositions de l’article 612 du code de procédure civile, les parties disposent, à peine de forclusion, d’un délai de deux mois à compter de la notification de la présente décision pour former un pourvoi en cassation LE GREFFIER , LE PRÉSIDENT ,
Texte intégral
REPUBLIQUE FRANCAISE TRIBUNAL JUDICIAIRE DE [Localité 7] POLE SOCIAL [Adresse 5] [Adresse 6] [Localité 2] JUGEMENT N°25/04782 du 11 Décembre 2025 Numéro de recours: N° RG 24/01801 - N° Portalis DBW3-W-B7I-4ZEC AFFAIRE : DEMANDERESSE Organisme [13] [Adresse 10] [Localité 4] Représenté par Clémence AUBRUN avocate au barreau d’Aix en Provence c/ DEFENDEUR Monsieur [W] [Y] né le 01 Janvier 1967 à [Adresse 3] [Localité 1] Comparant en personne Appelé(s) en la cause: DÉBATS : À l'audience publique du 06 Mai 2025 COMPOSITION DU TRIBUNAL lors des débats et du délibéré : Président : DEPARIS Eric, Vice-Président Assesseurs : JAUBERT Caroline BARBAUDY Michel L’agent du greffe lors des débats : DESCOMBAS Pierre, Greffier À l'issue de laquelle, les parties ont été avisées que le prononcé de la décision aurait lieu par mise à disposition au greffe le : 11 Décembre 2025 NATURE DU JUGEMENT contradictoire et en dernier ressort EXPOSE DU LITIGE : Par courrier recommandé avec avis de réception expédié le 2 avril 2024, Monsieur [W] [Y] a saisi le pôle social du tribunal judiciaire de Marseille d’une opposition à la contrainte décernée à son encontre le 26 mars 2024 par le directeur de l'Union de [Adresse 9] (ci-après [12]), et signifiée le 28 mars 2024, pour le recouvrement de la somme de 8 968 € au titre des cotisations sociales et majorations de retard dues pour la période des 3ème et 4ème trimestre 2023. L’affaire a été retenue à l’audience du 6 mai 2025. L'[12], représentée par son conseil demande au tribunal de : -dire et juger que la contrainte est fondée en son principe ; -valider la contrainte pour un montant de 4 728,63 € ; -condamner Monsieur [Y] au paiement de cette somme, outre les dépens de l’instance et frais de signification ; Monsieur [Y], présent en personne, fait part oralement ne pas contester devoir la somme réclamée par l’organisme à l’audience, mais sollicite des délais de paiement. La présente affaire a été mise en délibéré au 11 décembre 2025. MOTIFS DE LA DÉCISION : Aux termes de l’article L.244-9 du Code de la sécurité sociale, la contrainte décernée par le directeur d’un organisme de sécurité sociale pour le recouvrement des cotisations et majorations de retard emporte, à défaut d’opposition du débiteur devant le tribunal compétent, dans les délais et selon les conditions fixées par décret, tous les effets d’un jugement et confère notamment le bénéfice de l’hypothèque judiciaire. Sur la recevabilité de l’opposition Selon l’article R.133-3 du Code de la sécurité sociale, à défaut de règlement dans le délai d’un mois imparti par la mise en demeure, et sauf réclamation introduite dans le même délai devant la commission de recours amiable, et reconnue fondée par ladite commission, l’organisme créancier peut délivrer une contrainte. La contrainte est notifiée au débiteur par lettre recommandée avec demande d’avis de réception ou lui est signifiée par acte d’huissier de justice. La lettre recommandée ou l’acte d’huissier mentionne, à peine de nullité, la référence ou la contrainte et son montant, le délai dans lequel l’opposition doit être formée, l’adresse du tribunal compétent et les formes requises pour sa saisine. Le débiteur peut former opposition par inscription au secrétariat du tribunal dans le ressort duquel il est domicilié par lettre recommandée avec accusé de réception adressée au secrétariat dudit tribunal dans les quinze jours à compter de la signification ou de la notification. L’opposition doit être motivée à peine d'irrecevabilité ; une copie de la contrainte contestée doit lui être jointe. Du fait de l'opposition, la qualité de défendeur appartient à la partie qui saisit le tribunal. En l'espèce, Monsieur [Y] a formé opposition dans le respect du délai de quinze jours imparti sous peine de forclusion. L'opposition, suffisamment motivée, sera par conséquent déclarée recevable. Sur la régularité et le bien-fondé de la contrainte : Monsieur [Y] a notamment été affilié à la protection sociale des indépendants depuis le 1er novembre 1992 au titre de commerçant dans l’habillement au détail en magasin spécialisé. L’affiliation au régime des professions artisanales, industrielles et commerciales est obligatoire pour toute personne inscrite au registre du commerce ou susceptible d’être inscrite pour son activité professionnelle à ce répertoire. Monsieur [Y] est en conséquence redevable de cotisations personnelles au titre de sa période d’activité en qualité de travailleur indépendant. Depuis 2015, les cotisations et contributions sociales sont calculées en trois temps : -à titre provisionnel en pourcentage du revenu professionnel de l’avant-dernière année ou des revenus forfaitaires ; -ajustées en fonction du revenu de l'année précédente, en recalculant les cotisations provisionnelles de l'année N sur la base des revenus N-1 ; -à titre définitif, lorsque les revenus réels sont connus, les cotisations définitives de l'année N-1 sont calculées sur la base de ce revenu, et le compte cotisant est régularisé. L'article R.115-5 du même code prévoit ainsi que les assurés doivent souscrire chaque année une déclaration de revenus d'activité auprès de l'organisme, au plus tard le 1er mai, dûment remplie et signée même si l'activité professionnelle a été nulle. Les cotisations sont ainsi calculées en fonction des déclarations faites par l'assuré. A défaut de déclaration de revenus, les cotisations sont calculées sur la base d’une taxation d’office. Conformément à l’article L.244-2 du Code de la sécurité sociale, les sommes réclamées ont été précédées d’une mise en demeure adressée au débiteur par lettre recommandée l’invitant à régulariser sa situation. Il est acquis que la contrainte qui comporte, directement ou par référence à une mise en demeure préalable, la nature et le montant des sommes réclamées, ainsi que la période à laquelle elles se rapportent, est correctement et suffisamment motivée pour permettre au cotisant de connaître la nature, la cause et l'étendue de son obligation. Selon une jurisprudence constante, la charge de la preuve repose sur l’opposant à contrainte. L’URSSAF justifie ainsi de sa créance, tandis que Monsieur [Y] ne fournit pas d’éléments de nature à établir qu’il s’est libéré de son obligation. À l’audience, il reconnaît d’ailleurs le principe de sa dette et n’en conteste pas le montant. Il convient dès lors de valider la contrainte pour un montant ramené à 4 728,63 € et de condamner Monsieur [Y] au paiement de cette somme. Sur les demandes accessoires Conformément à l’article R.243-21 du code de la sécurité sociale, le directeur de l'organisme chargé du recouvrement des cotisations sociales a compétence exclusive pour accorder des échéanciers de paiement et des sursis à poursuites pour le règlement des cotisations, pénalités et majorations de retard. Ainsi, le tribunal ne peut pas accorder lui-même de telles remises et modalités, et le requérant est invité à se rapprocher de l'organisme à cette fin. Les dépens, en ce compris les frais de signification de la contrainte, sont à la charge de la partie qui succombe, conformément aux dispositions des articles 696 du Code de procédure civile et R.133-6 du Code de la sécurité sociale. Enfin, la décision du tribunal statuant sur une opposition à contrainte est exécutoire de droit à titre provisoire conformément à l’article R.133-3 du Code de la sécurité sociale. PAR CES MOTIFS, Le tribunal, statuant par jugement contradictoire et en dernier ressort mis à disposition au greffe, - DÉCLARE recevable, mais mal fondée, l’opposition formée le 2 avril 2024 par Monsieur [W] [Y] à la contrainte décernée à son encontre le 26 mars 2024 par le directeur de l'[Adresse 11] (ci-après [12]), et signifiée le 28 mars 2024, pour le recouvrement des cotisations sociales et majorations de retard dues pour la période des 3ème et 4ème trimestre 2023. - DÉBOUTE Monsieur [W] [Y] de son recours ; - VALIDE ladite contrainte pour un montant ramené à 4 728,63 €, et condamne Monsieur [W] [Y] à payer cette somme à l’URSSAF [8] ; - CONDAMNE Monsieur [W] [Y] aux dépens de l'instance, comprenant notamment les frais de signification de la contrainte ; - RAPPELLE que la présente décision est exécutoire de droit à titre provisoire en application de l'article R.133-3 du Code de la sécurité sociale ; Conformément aux dispositions de l’article 612 du code de procédure civile, les parties disposent, à peine de forclusion, d’un délai de deux mois à compter de la notification de la présente décision pour former un pourvoi en cassation LE GREFFIER , LE PRÉSIDENT ,
Décisions proches
Celles qui citent les mêmes textes rares que celle-ci (code de la securite sociale R243-21, code de la securite sociale R115-5, code de la securite sociale L244-9). Sans IA : les citations relevées dans les décisions.
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Mise à jour de la source le 2026-01-31T12:15:43.818Z.