Tribunal judiciaire de Versailles, TPX POI JCP FOND, 26 mars 2026, n° 25/00386
Exposé du litige
EXPOSE DU LITIGE : Suivant offre préalable sous seing privé acceptée électroniquement le 11 avril 2023, la société SA FLOA a consenti à madame [W] [Y] un crédit qu’elle a accepté d’un montant de 10 109,65€ remboursable en 180 échéances mensuelles de 108,08, au taux nominal de 6,10 %. Madame [W] [Y] n’ayant pas honoré ce plan, une mise en demeure entraînant la déchéance du terme a été notifiée par lettre recommandée avec accusé de réception le 4 janvier 2024, exigeant le règlement des mensualités impayées sous quinzaine faut de quoi la caducité du plan serait prononcée. Faute de règlement dans le délai indiqué, cette déchéance du terme a été prononcée suivant nouvelle mise en demeure adressée par lettre recommandée avec accusé de réception le 24 avril 2024 restée également sans effet. Par acte d'huissier du 12 avril 2025, la société SA FLOA a fait assigner madame [W] [Y] devant le Juge des contentieux de la protection siégeant au Tribunal de Proximité de POISSY aux fins de la voir condamner lui payer, avec le bénéfice de l’exécution provisoire les sommes suivantes: - 10218,77€ majorée des intérêts au taux conventionnel de 6,10 % à compter de la signification de l'assignation au titre du solde du crédit, - Subsidiairement constater que la présente assignation vaut mise en demeure, prononcer la résolution judiciaire du contrat pour défaut de paiement et en conséquence condamner madame [W] [Y] à la même somme ; - ordonner la capitalisation des intérêts à compter de l’assignation dans les conditions de l’article 1343-2 du code civil; - à supporter les dépens ainsi que la somme de 1000€ sur le fondement de l'article 700 du code de procédure civile. A l’audience du 13 janvier 2026, la société SA FLOA représentée par son conseil maintient ses demandes, s’en rapportant à son acte introductif d’instance, tout en précisant que le dossier est complet et qu’aucune cause de forclusion n’est encourue. Madame [W] [Y] régulièrement citée, ne comparait pas ni ne se fait représenter. Le tribunal a soulevé d'office la déchéance du droit aux intérêts pour défaut de justification de la consultation FICP, défaut de fiche de solvabilité et défaut de fiche précontractuelle d'information. La décision a été mise en délibéré au 26 mars 2026.
Motifs
DISCUSSION Par application de l'article 472 du Code de Procédure Civile, le défendeur n'ayant pas comparu, le tribunal ne peut faire droit à la demande que dans la mesure où il l'estime régulière, recevable et bien- fondée. Le présent litige est relatif à un crédit soumis aux dispositions de la loi n° 2010-737 du 1er juillet 2010, de sorte qu'il sera fait application des articles du code de la consommation dans leur numérotation et rédaction en vigueur après le 1er mai 2011. Sur la demande en paiement Sur la recevabilité Il résulte des dispositions de l'article 122 du code de procédure civile que le délai de forclusion est une fin de non-recevoir ayant un caractère d'ordre public qui doit être soulevée d'office par le juge en application de l'article 125 du même code. L’article L.311-52 du code de la consommation dispose que les actions en paiement à l’occasion de la défaillance de l’emprunteur dans le cadre d’un crédit à la consommation, doivent être engagées devant le tribunal d’instance dans les deux ans de l’événement qui leur a donné naissance à peine de forclusion. Les règlements reçus par le créancier s'imputant sur les échéances les plus anciennement impayées par le débiteur, en divisant le montant des sommes reçues avant le contentieux. Cet événement est caractérisé par premier incident de paiement non régularisé. En l’espèce, il résulte des pièces produites aux débats que le premier incident de paiement non régularisé remonte au mois d’août 2023. L'action ayant été introduite en vertu d'une assignation en date du 12 avril 2025, la forclusion n'est pas acquise. La demande est donc recevable. Sur le bien-fondé et la déchéance du droits aux intérêts Il est constant que suivant offre préalable sous seing privé acceptée le 11 avril 2023, la société SA FLOA a consenti à madame [W] [Y] un crédit qu’elle a accepté d’un montant de 10 109,65€ remboursable en 180 échéances mensuelles de 108,08, au taux nominal de 6,10 %. La société SA FLOA fournit le chemin de preuve de certification de signature électronique. Il ressort des pièces versées aux débats que madame [W] [Y] n'a pas respecté les termes du contrat depuis le mois d’août 2023. L'article L141-4 du code de la consommation dispose que le juge peut soulever d'office toutes les dispositions du présent code dans les litiges nés de son application. Il appartient au prêteur, conformément à l’ancien article 1315 du Code civil, devenu article 1353, de rapporter la preuve de la réalité de la remise des documents justifiant du respect de ses obligations d’information: « celui qui est légalement ou contractuellement tenu d’une obligation particulière d’information doit rapporter la preuve de cette obligation ». Selon l'article L. 312-16 du Code de la consommation, « avant de conclure le contrat de crédit, le prêteur vérifie la solvabilité de l'emprunteur ». La satisfaction de cette exigence désormais légale suppose donc que le prêteur se renseigne. En l’espèce, la société SA FLOA ne produit que très peu de documents relatifs à la situation financière et personnelle de madame [W] [Y], à savoir 1 seul bulletin de salaire, de sorte que la société SA FLOA n’a pas pu appréhender fidèlement le budget réel de madame [W] [Y]. La société SA FLOA ne rapporte donc pas la preuve qu’elle a satisfait à son obligation de vérifier la solvabilité du débiteur avant de lui faire signer ce contrat. Par ailleurs, s’agissant de plus d’un contrat signé électroniquement, il y a lieu de souligner que ces manquements sont d’autant plus graves dans la mesure où il est évident que l’appréhension à distance, via un écran, qui plus est souvent au travers de fenêtres déroulantes de tailles parfois très restreintes, ne permet pas une lecture et une compréhension du document physique, la lecture approfondie étant nécessairement rendue plus difficile par le consommateur, d’où l’importance majeure pour la société créancière d’assurer rigoureusement ses obligations d’informations pour les rendre effectives pour le consommateur en cas de contrat conclu à distance électroniquement. Par conséquent, la déchéance du droit aux intérêts sera prononcée conformément à l'article L 341-1 et suivants du code de la consommation et madame [W] [Y] réputé avoir uniquement réglé du capital. La société SA FLOA produit au contraire à l'appui de sa demande : - le contrat de crédit en date du 11 avril 2023 signé par les parties; - le tableau d'amortissement ; - l'historique des paiements ; - le décompte de la créance ; - la lettre de mise en demeure avec accusé de réception ; Il résulte du décompte de la créance produit par la demanderesse que madame [W] [Y] a versé au total une somme de 1105,88 euros. Au vu de ces éléments, la créance de la société SA FLOA peut être arrêtée ainsi en déduisant du capital emprunté les sommes versées, soit : Capital emprunté : 10 109,65 - Somme versée : 1105,88€ = 9003,77€ La déchéance du droit aux intérêts contractuels ne prive pas le prêteur du droit de réclamer à l'emprunteur les intérêts au taux légal, majoré de cinq points à l'expiration d'un délai de deux mois à compter du jour où la décision de justice est devenue exécutoire conformément aux dispositions de l'article L313-3 du code monétaire et financier. Cependant, l'exigence de sanctions effectives et dissuasives prévue par l'article 23 de la directive 2008/48/CE du 23 avril 2008 et la jurisprudence de la Cour de Justice de l'Union européenne (27 mars 2014) peut conduire le juge qui prononce la sanction à écarter les intérêts au taux légal et au taux légal majoré, s'il apparaît que leur application serait de nature à priver la sanction de son caractère dissuasif. En l'espèce, il résulte des pièces versées aux débats que les montants susceptibles d'être effectivement perçus par le prêteur au titre des intérêts au taux légal majoré de cinq points, nonobstant la déchéance du droit aux intérêts, ne sont pas suffisamment inférieurs à ceux dont celui ci pourrait bénéficier s'il avait respecté ses obligations découlant de la directive 2008/48, le taux de l'intérêt légal majoré étant supérieur à celui du contrat en cause, de sorte que la sanction de la déchéance du droit aux intérêts ne revêt pas un caractère effectif et dissuasif. Par conséquent, madame [W] [Y] sera condamnée au paiement de la somme de 9003,77€ à compter de la signification de la présente décision sans qu’il y ait lieu à intérêts au taux légal puisque celui-ci s’avère actuellement supérieur au taux contractuel dont la société SA FLOA a été déchu. Enfin, en application des dispositions de l'article L311-23 alinéa 1er du code de la consommation, aucune indemnité ni aucun frais autres que ceux mentionnés aux articles L311-24 et L311-25 ne peuvent être mis à la charge de l'emprunteur dans le cas de défaillance prévus par ces articles. Cette règle fait obstacle à l'application de la capitalisation des intérêts prévue par l'article 1154 du code civil, laquelle est exclue par l'article L.312-38 en cas de défaillance de l'emprunteur dans le cadre d'un contrat de crédit régulièrement conclu. Aussi, elle ne serait être appliquée à l'occasion d'une déchéance du droit aux intérêts sanctionnant le prêteur. Il en va de même de la demande d’indemnité de résiliation à laquelle il ne peut donc pas plus être fait droit. Sur les dépens et la demande d’article formée au titre de l’article 700 du code de procédure civile En application de l’article 696 du Code de Procédure Civile, madame [W] [Y] supportera la charge des dépens et sera condamnée à payer à la société SA FLOA la somme de 200€ en application des dispositions de l’article 700 du Code de Procédure Civile. Enfin, il convient de rappeler que la présente décision est en principe exécutoire de droit.
Dispositif
PAR CES MOTIFS Le Juge des Contentieux de la Protection, statuant par mise à disposition au greffe, par jugement réputé contradictoire et en premier ressort, PRONONCE la déchéance du droit aux intérêts de la société SA FLOA ; CONDAMNE madame [W] [Y] à payer à la société SA FLOA en deniers ou quittances la somme en principal de 9003,77€ (neuf-mille-trois euros et soixante-dix-sept centimes) à compter de la signification de la présente décision au titre du solde du crédit consenti le 11 avril 2023 ; CONDAMNE madame [W] [Y] à payer à la société SA FLOA la somme de 200€ (Deux-cents euros) en application des dispositions de l’article 700 du Code de Procédure Civile ; DÉBOUTE la société SA FLOA du surplus de ses demandes ; CONDAMNE madame [W] [Y] aux dépens. RAPPELLE que la présente décision est exécutoire. Ainsi jugé les jour, mois et an susdits et ont signé, le juge et le Greffier. Le Greffier Le Président
Texte intégral
N° de minute : TRIBUNAL DE PROXIMITE DE POISSY TPX POI JCP FOND JUGEMENT RENDU LE 26 Mars 2026 N° RG 25/00386 - N° Portalis DB22-W-B7J-S7JZ DEMANDEUR : S.A. FLOA [Adresse 1] [Adresse 2] [Localité 1] représentée par Me Joseph PAGNIEZ Olivier LE GAILLARD, avocat au barreau de ROANNE DEFENDEUR : Mme [W] [Y] [Adresse 3] [Adresse 4] [Localité 2] non comparante COMPOSITION DU TRIBUNAL : Président : Emilie FABRIS Greffier : Madame Christelle GOMES-VETTER Prononcé par mise à disposition au greffe le 26 Mars 2026 par Emilie FABRIS, Juge des contentieux de la protection, assistée de Madame Christelle GOMES-VETTER, Greffier présent lors du prononcé, lesquelles ont signé la minute du présent jugement. Copie exécutoire à : Me LE [Localité 3] délivrée(s) le : EXPOSE DU LITIGE : Suivant offre préalable sous seing privé acceptée électroniquement le 11 avril 2023, la société SA FLOA a consenti à madame [W] [Y] un crédit qu’elle a accepté d’un montant de 10 109,65€ remboursable en 180 échéances mensuelles de 108,08, au taux nominal de 6,10 %. Madame [W] [Y] n’ayant pas honoré ce plan, une mise en demeure entraînant la déchéance du terme a été notifiée par lettre recommandée avec accusé de réception le 4 janvier 2024, exigeant le règlement des mensualités impayées sous quinzaine faut de quoi la caducité du plan serait prononcée. Faute de règlement dans le délai indiqué, cette déchéance du terme a été prononcée suivant nouvelle mise en demeure adressée par lettre recommandée avec accusé de réception le 24 avril 2024 restée également sans effet. Par acte d'huissier du 12 avril 2025, la société SA FLOA a fait assigner madame [W] [Y] devant le Juge des contentieux de la protection siégeant au Tribunal de Proximité de POISSY aux fins de la voir condamner lui payer, avec le bénéfice de l’exécution provisoire les sommes suivantes: - 10218,77€ majorée des intérêts au taux conventionnel de 6,10 % à compter de la signification de l'assignation au titre du solde du crédit, - Subsidiairement constater que la présente assignation vaut mise en demeure, prononcer la résolution judiciaire du contrat pour défaut de paiement et en conséquence condamner madame [W] [Y] à la même somme ; - ordonner la capitalisation des intérêts à compter de l’assignation dans les conditions de l’article 1343-2 du code civil; - à supporter les dépens ainsi que la somme de 1000€ sur le fondement de l'article 700 du code de procédure civile. A l’audience du 13 janvier 2026, la société SA FLOA représentée par son conseil maintient ses demandes, s’en rapportant à son acte introductif d’instance, tout en précisant que le dossier est complet et qu’aucune cause de forclusion n’est encourue. Madame [W] [Y] régulièrement citée, ne comparait pas ni ne se fait représenter. Le tribunal a soulevé d'office la déchéance du droit aux intérêts pour défaut de justification de la consultation FICP, défaut de fiche de solvabilité et défaut de fiche précontractuelle d'information. La décision a été mise en délibéré au 26 mars 2026. DISCUSSION Par application de l'article 472 du Code de Procédure Civile, le défendeur n'ayant pas comparu, le tribunal ne peut faire droit à la demande que dans la mesure où il l'estime régulière, recevable et bien- fondée. Le présent litige est relatif à un crédit soumis aux dispositions de la loi n° 2010-737 du 1er juillet 2010, de sorte qu'il sera fait application des articles du code de la consommation dans leur numérotation et rédaction en vigueur après le 1er mai 2011. Sur la demande en paiement Sur la recevabilité Il résulte des dispositions de l'article 122 du code de procédure civile que le délai de forclusion est une fin de non-recevoir ayant un caractère d'ordre public qui doit être soulevée d'office par le juge en application de l'article 125 du même code. L’article L.311-52 du code de la consommation dispose que les actions en paiement à l’occasion de la défaillance de l’emprunteur dans le cadre d’un crédit à la consommation, doivent être engagées devant le tribunal d’instance dans les deux ans de l’événement qui leur a donné naissance à peine de forclusion. Les règlements reçus par le créancier s'imputant sur les échéances les plus anciennement impayées par le débiteur, en divisant le montant des sommes reçues avant le contentieux. Cet événement est caractérisé par premier incident de paiement non régularisé. En l’espèce, il résulte des pièces produites aux débats que le premier incident de paiement non régularisé remonte au mois d’août 2023. L'action ayant été introduite en vertu d'une assignation en date du 12 avril 2025, la forclusion n'est pas acquise. La demande est donc recevable. Sur le bien-fondé et la déchéance du droits aux intérêts Il est constant que suivant offre préalable sous seing privé acceptée le 11 avril 2023, la société SA FLOA a consenti à madame [W] [Y] un crédit qu’elle a accepté d’un montant de 10 109,65€ remboursable en 180 échéances mensuelles de 108,08, au taux nominal de 6,10 %. La société SA FLOA fournit le chemin de preuve de certification de signature électronique. Il ressort des pièces versées aux débats que madame [W] [Y] n'a pas respecté les termes du contrat depuis le mois d’août 2023. L'article L141-4 du code de la consommation dispose que le juge peut soulever d'office toutes les dispositions du présent code dans les litiges nés de son application. Il appartient au prêteur, conformément à l’ancien article 1315 du Code civil, devenu article 1353, de rapporter la preuve de la réalité de la remise des documents justifiant du respect de ses obligations d’information: « celui qui est légalement ou contractuellement tenu d’une obligation particulière d’information doit rapporter la preuve de cette obligation ». Selon l'article L. 312-16 du Code de la consommation, « avant de conclure le contrat de crédit, le prêteur vérifie la solvabilité de l'emprunteur ». La satisfaction de cette exigence désormais légale suppose donc que le prêteur se renseigne. En l’espèce, la société SA FLOA ne produit que très peu de documents relatifs à la situation financière et personnelle de madame [W] [Y], à savoir 1 seul bulletin de salaire, de sorte que la société SA FLOA n’a pas pu appréhender fidèlement le budget réel de madame [W] [Y]. La société SA FLOA ne rapporte donc pas la preuve qu’elle a satisfait à son obligation de vérifier la solvabilité du débiteur avant de lui faire signer ce contrat. Par ailleurs, s’agissant de plus d’un contrat signé électroniquement, il y a lieu de souligner que ces manquements sont d’autant plus graves dans la mesure où il est évident que l’appréhension à distance, via un écran, qui plus est souvent au travers de fenêtres déroulantes de tailles parfois très restreintes, ne permet pas une lecture et une compréhension du document physique, la lecture approfondie étant nécessairement rendue plus difficile par le consommateur, d’où l’importance majeure pour la société créancière d’assurer rigoureusement ses obligations d’informations pour les rendre effectives pour le consommateur en cas de contrat conclu à distance électroniquement. Par conséquent, la déchéance du droit aux intérêts sera prononcée conformément à l'article L 341-1 et suivants du code de la consommation et madame [W] [Y] réputé avoir uniquement réglé du capital. La société SA FLOA produit au contraire à l'appui de sa demande : - le contrat de crédit en date du 11 avril 2023 signé par les parties; - le tableau d'amortissement ; - l'historique des paiements ; - le décompte de la créance ; - la lettre de mise en demeure avec accusé de réception ; Il résulte du décompte de la créance produit par la demanderesse que madame [W] [Y] a versé au total une somme de 1105,88 euros. Au vu de ces éléments, la créance de la société SA FLOA peut être arrêtée ainsi en déduisant du capital emprunté les sommes versées, soit : Capital emprunté : 10 109,65 - Somme versée : 1105,88€ = 9003,77€ La déchéance du droit aux intérêts contractuels ne prive pas le prêteur du droit de réclamer à l'emprunteur les intérêts au taux légal, majoré de cinq points à l'expiration d'un délai de deux mois à compter du jour où la décision de justice est devenue exécutoire conformément aux dispositions de l'article L313-3 du code monétaire et financier. Cependant, l'exigence de sanctions effectives et dissuasives prévue par l'article 23 de la directive 2008/48/CE du 23 avril 2008 et la jurisprudence de la Cour de Justice de l'Union européenne (27 mars 2014) peut conduire le juge qui prononce la sanction à écarter les intérêts au taux légal et au taux légal majoré, s'il apparaît que leur application serait de nature à priver la sanction de son caractère dissuasif. En l'espèce, il résulte des pièces versées aux débats que les montants susceptibles d'être effectivement perçus par le prêteur au titre des intérêts au taux légal majoré de cinq points, nonobstant la déchéance du droit aux intérêts, ne sont pas suffisamment inférieurs à ceux dont celui ci pourrait bénéficier s'il avait respecté ses obligations découlant de la directive 2008/48, le taux de l'intérêt légal majoré étant supérieur à celui du contrat en cause, de sorte que la sanction de la déchéance du droit aux intérêts ne revêt pas un caractère effectif et dissuasif. Par conséquent, madame [W] [Y] sera condamnée au paiement de la somme de 9003,77€ à compter de la signification de la présente décision sans qu’il y ait lieu à intérêts au taux légal puisque celui-ci s’avère actuellement supérieur au taux contractuel dont la société SA FLOA a été déchu. Enfin, en application des dispositions de l'article L311-23 alinéa 1er du code de la consommation, aucune indemnité ni aucun frais autres que ceux mentionnés aux articles L311-24 et L311-25 ne peuvent être mis à la charge de l'emprunteur dans le cas de défaillance prévus par ces articles. Cette règle fait obstacle à l'application de la capitalisation des intérêts prévue par l'article 1154 du code civil, laquelle est exclue par l'article L.312-38 en cas de défaillance de l'emprunteur dans le cadre d'un contrat de crédit régulièrement conclu. Aussi, elle ne serait être appliquée à l'occasion d'une déchéance du droit aux intérêts sanctionnant le prêteur. Il en va de même de la demande d’indemnité de résiliation à laquelle il ne peut donc pas plus être fait droit. Sur les dépens et la demande d’article formée au titre de l’article 700 du code de procédure civile En application de l’article 696 du Code de Procédure Civile, madame [W] [Y] supportera la charge des dépens et sera condamnée à payer à la société SA FLOA la somme de 200€ en application des dispositions de l’article 700 du Code de Procédure Civile. Enfin, il convient de rappeler que la présente décision est en principe exécutoire de droit. PAR CES MOTIFS Le Juge des Contentieux de la Protection, statuant par mise à disposition au greffe, par jugement réputé contradictoire et en premier ressort, PRONONCE la déchéance du droit aux intérêts de la société SA FLOA ; CONDAMNE madame [W] [Y] à payer à la société SA FLOA en deniers ou quittances la somme en principal de 9003,77€ (neuf-mille-trois euros et soixante-dix-sept centimes) à compter de la signification de la présente décision au titre du solde du crédit consenti le 11 avril 2023 ; CONDAMNE madame [W] [Y] à payer à la société SA FLOA la somme de 200€ (Deux-cents euros) en application des dispositions de l’article 700 du Code de Procédure Civile ; DÉBOUTE la société SA FLOA du surplus de ses demandes ; CONDAMNE madame [W] [Y] aux dépens. RAPPELLE que la présente décision est exécutoire. Ainsi jugé les jour, mois et an susdits et ont signé, le juge et le Greffier. Le Greffier Le Président
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Mise à jour de la source le 2026-03-27T21:03:28.569Z.