Décision de justice
Tribunal judiciaire de Bourg-en-Bresse, JCP, 6 août 2026, n° 26/00148
Expulsion "ferme" ordonnée au fond (sans suspension des effets de la clause résolutoire)ContratsBaux d'habitation
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Exposé du litige
EXPOSE DU LITIGE Suivant acte sous seing privé du 29 avril 2016, l’Office Public de l’Habitat [Localité 2] HABITAT, désormais dénommé [Localité 3] HABITAT, a consenti un bail d'habitation à Mme [B] [X] portant sur un immeuble à usage d'habitation situé au 2ème étage, [Adresse 4] à [Localité 4] (01) contre le paiement d'un loyer mensuel révisable de 383,83 euros, provision sur charges incluse. M. [P] [V] et Mme [B] [X] se sont mariés le 07 septembre 2019. Par acte délivré par commissaire de justice le 24 novembre 2025, [Localité 3] HABITAT a fait commandement à M. [P] [V] et à Mme [B] [X] d’avoir à payer la somme en principal de 1.384,63 euros et visant la clause résolutoire du bail. Par acte délivré par commissaire de justice du 13 février 2026, dénoncé le même jour à la Préfecture de l'Ain par voie électronique, GRAND BOURG HABITAT a fait assigner M. [P] [V] et Mme [B] [X] devant le juge des contentieux de la protection du tribunal judiciaire de BOURG-EN-BRESSE aux fins d'obtenir sous le bénéfice de l'exécution provisoire : - la constatation de la résiliation du bail, par l'effet de la clause résolutoire, - l'expulsion sans délai des occupants, si besoin avec le concours de la force publique, - la condamnation solidaire des défendeurs : - au paiement de la somme de 2.770,18 euros au titre des loyers échus à fin décembre 2025, outre ceux restant dus jusqu'au jour de l'audience selon décompte actualisé au cours des débats, - au paiement d'une indemnité mensuelle d'occupation égale au montant du loyer mensuel indexé augmenté des charges, jusqu'à libération effective des lieux, - au paiement de la somme de 300 euros sur le fondement de l'article 700 du code de procédure civile, - aux dépens de l'instance, comprenant notamment le coût du commandement de payer. A l'audience du 28 mai 2026, [Localité 3] HABITAT, représenté par son conseil, a réitéré l'ensemble de ses demandes, portant sa demande en paiement des impayés de loyers, indemnités d'occupation et charges à la somme de 4.633,30 euros arrêtée à fin avril 2026. Il a expliqué que le divorce des locataires n’a été retranscrit que le 26 mars 2026 sur leurs actes d’état civil, date jusqu’à laquelle il sollicite donc la condamnation solidaire des défendeurs. En défense, M. [P] [V], comparant en personne, a déclaré avoir quitté le logement en 2024. Il a indiqué avoir trois enfants à charge et régler un loyer de 1.000 euros par mois. Assignée à étude, Mme [B] [X] n'a pas comparu et n'a pas été représentée. Le diagnostic social et financier a été communiqué par la Préfecture avant la clôture des débats et il a été donné lecture de ses conclusions à l'audience. L'affaire a été mise en délibéré par mise à disposition au greffe au 06 août 2026.
Motifs
MOTIVATION DE LA DÉCISION Sur la non comparution de la défenderesse En application des dispositions de l'article 472 du code de procédure civile, lorsque le défendeur ne comparaît pas, il est néanmoins statué sur le fond, le juge ne faisant droit à la demande que s'il l'estime recevable, régulière et bien fondée. Mme [B] [X] ayant été régulièrement assignée, il y a lieu de statuer sur le fond. Sur la recevabilité de l'action Une copie de l’assignation a été notifiée au Préfet, représentant de l'Etat. Un accusé de réception électronique a été transmis au bailleur le 13 février 2026, soit plus de six semaines avant l’audience, conformément aux dispositions nouvelles de l’article 24 III de la loi n°89-462 du 06 juillet 1989. Par ailleurs, [Localité 3] HABITAT justifie avoir saisi le 10 novembre 2025 la commission de coordination des actions de prévention des expulsions locatives (CCAPEX), conformément aux dispositions de l’article 24 II de la loi n°89-462 du 06 juillet 1989. L’action est donc recevable. Sur les demandes en constatation de la résiliation du bail et d'expulsion L’article 7 de la loi du 6 juillet 1989 rappelle que le paiement du loyer et des charges récupérables aux termes convenus constitue une obligation essentielle du locataire. En vertu de l'article 24 de la loi du 6 juillet 1989 tel que modifié par la loi n°2023-668 du 27 juillet 2023, tout contrat de bail d'habitation contient une clause prévoyant la résiliation de plein droit du contrat de location pour défaut de paiement du loyer ou des charges aux termes convenus ou pour non-versement du dépôt de garantie. Cette clause ne produit effet que six semaines après un commandement de payer demeuré infructueux. Il précise également les mentions obligatoires qui doivent figurer dans le commandement, à peine de nullité. En l'espèce, le contrat de bail conclu entre les parties contient une clause prévoyant la résiliation de plein droit du contrat de location pour défaut de paiement du loyer ou des charges après un délai expressément fixé à deux mois après un commandement de payer demeuré infructueux. La loi du 27 juillet 2023 n'inclut aucune disposition transitoire, et est dès lors entrée en vigueur le 29 juillet 2023 en application de l'article 1er du code civil. Cependant, en matière contractuelle, en vertu de l'article 2 du code civil énonçant que la loi ne dispose que pour l'avenir et qu'elle n'a point d'effet rétroactif, le principe est celui de la survie de la loi ancienne, seuls les contrats conclus postérieurement à son entrée en vigueur y étant soumis. Dès lors, et comme l'a rappelé la troisième chambre civile de la Cour de cassation, dans un avis en date du 13 juin 2024, l'article 10 de cette loi, "en ce qu'il fixe désormais à six semaines le délai minimal accordé au locataire pour apurer sa dette, au terme duquel la clause résolutoire est acquise, ne s'applique pas immédiatement aux contrats en cours, qui demeurent régis par les stipulations des parties, telles qu'encadrées par la loi en vigueur au jour de la conclusion du bail, et ne peut avoir pour effet d'entraîner leur réfaction". Par acte délivré par commissaire de justice le 24 novembre 2025, [Localité 3] HABITAT a fait commandement à M. [P] [V] et à Mme [B] [X] d’avoir à payer la somme en principal de 1.384,63 euros. Ce commandement, délivré à tous deux en étude, reproduit la clause résolutoire insérée au contrat de bail et respecte les dispositions légales susvisées. Ce commandement précisait que faute pour les locataires de régler les sommes dues dans le délai contractuellement fixé à deux mois, le bailleur entendait se prévaloir de la clause résolutoire contractuelle. La situation n'a pas été régularisée dans le délai de deux mois suivant la signification du commandement de payer. Par ailleurs, le juge n’a pas été saisi par les locataires aux fins d’obtenir des délais de paiement et la suspension des effets de la clause résolutoire. Il y a donc lieu de constater la résiliation du bail par l’effet de la clause résolutoire y étant insérée, acquise au 25 janvier 2026 et d’ordonner la libération des lieux, et le cas échéant l’expulsion des occupants. Aucune circonstance ne justifie la demande d'expulsion "sans délai" et la suppression du délai de deux mois à compter du commandement de quitter les lieux prévu par l'article L412-1 du code des procédures civiles d’exécution. Cette demande sera donc rejetée. Sur la demande en paiement au titre des indemnités d’occupation En application de l’article 1240 du code civil, tout fait quelconque de l’homme, qui cause à autrui un dommage, oblige celui par la faute duquel il est arrivé à le réparer. M. [P] [V] et Mme [B] [X] occupent les lieux sans droit ni titre depuis le 25 janvier 2026, ce qui cause nécessairement au bailleur un préjudice qu'il convient d'indemniser. Les indemnités d’occupation portant sur la résidence principale de la famille, elles présentent un caractère ménager, de sorte que les époux y sont tenus solidairement conformément à l’article 220 du code civil. En outre, il est constant que les époux demeurent co-titulaires du bail jusqu'à la transcription du jugement de divorce en marge des registres de l'état civil. En l’espèce, le divorce des locataires, prononcé par jugement du 19 janvier 2026, n’a été retranscrit sur les actes d’état civil que le 26 mars 2026 sur l'acte de mariage. Ainsi, M. [P] [V] reste solidairement tenu au paiement des loyers et indemnités d’occupation jusqu'au 26 mars 2026. Il convient donc de condamner Mme [B] [X] à payer à [Localité 5] une indemnité d'occupation mensuelle égale au montant du loyer mensuel augmenté des charges qui auraient été dus en cas de non résiliation du bail, et ce solidairement avec M. [P] [V] jusqu'au 26 mars 2026. Sur la demande en paiement des loyers, charges et indemnités d’occupation En application de l'article 7 (a) de la loi du 06 juillet 1989, le locataire est tenu de payer le loyer et les charges récupérables aux termes convenus. En l'espèce, le bailleur fait la preuve de l'obligation dont il se prévaut en produisant le bail signé le 29 avril 2016 et un dernier décompte faisant état à la date du 22 mai 2026 d'une dette de 4.633,30 euros. Il a été dit que M. [P] [V] reste solidaire du paiement de la dette jusqu'au 26 mars 2026. A cette date, la dette s'élevait à la somme de 3.701,74 euros. Il y a donc lieu de condamner Mme [B] [X] à payer à [Localité 3] HABITAT la somme de 4.633,30 euros au titre des loyers, indemnités d'occupation et charges impayés arrêtés au 22 mai 2026, échéance du mois d'avril 2026 incluse, et ce solidairement avec M. [P] [V] à hauteur de la somme de 3.701,74 euros. Sur les délais de paiement Il résulte de l'article 24 de la loi du 06 juillet 1989, dans sa version entrée en vigueur le 29 juillet 2023 et d'application immédiate, que : V. - Le juge peut, à la demande du locataire, du bailleur ou d'office, à la condition que le locataire soit en situation de régler sa dette locative et qu'il ait repris le versement intégral du loyer courant avant la date de l'audience, accorder des délais de paiement dans la limite de trois années, par dérogation au délai prévu au premier alinéa de l'article 1343-5 du code civil, au locataire en situation de régler sa dette locative. (...) VII. - Lorsque le juge est saisi en ce sens par le bailleur ou par le locataire, et à la condition que celui-ci ait repris le versement intégral du loyer courant avant la date de l'audience, les effets de la clause de résiliation de plein droit peuvent être suspendus pendant le cours des délais accordés par le juge dans les conditions prévues aux V et VI du présent article. Cette suspension prend fin dès le premier impayé ou dès lors que le locataire ne se libère pas de sa dette locative dans le délai et selon les modalités fixés par le juge. Ces délais et les modalités de paiement accordés ne peuvent affecter l'exécution du contrat de location et notamment suspendre le paiement du loyer et des charges. Si le locataire se libère de sa dette locative dans le délai et selon les modalités fixés par le juge, la clause de résiliation de plein droit est réputée ne pas avoir joué. Dans le cas contraire, elle reprend son plein effet. En l'espèce, Mme [B] [X] n'a pas comparu à l'audience, et n'a pas sollicité le bénéfice de délais de paiement suspendant les effets de la clause résolutoire du bail. En outre, elle n’a pas repris le paiement intégral du loyer courant avant la date de l'audience, aucun versement n'a été fait depuis le mois de juillet 2025 et le diagnostic social et financier précise qu'elle n'est pas en mesure de reprendre le paiement du loyer courant, ayant démissionné en décembre 2025 et ne percevant plus de ressource. Il ne peut donc pas lui être accordé de délais de paiement dans ce cadre, qui suspendraient les effets de la clause résolutoire. Sur les demandes accessoires La présente décision est de droit exécutoire à titre provisoire, conformément aux articles 489 et 514 du code de procédure civile, dans leur version en vigueur à la date d’introduction de l’instance. M. [P] [V] et Mme [B] [X] succombant, ils devront supporter les dépens in solidum, qui comprendront notamment les frais de commandement de payer du 24 novembre 2025, du timbre fiscal (50 euros) et de l’assignation. Il paraît par ailleurs inéquitable de laisser à la charge de [Localité 3] HABITAT l’intégralité des sommes avancées par lui et non comprises dans les dépens pour assurer la défense de ses droits et intérêts en justice. Il lui sera donc alloué la somme de 100 euros en application de l’article 700 du code de procédure civile.
Dispositif
PAR CES MOTIFS, Le juge des contentieux de la protection, statuant publiquement, par jugement réputé contradictoire et en premier ressort, Constate que les conditions d'acquisition de la clause résolutoire insérée au contrat de bail du 29 avril 2016 conclu entre [Localité 3] HABITAT d’une part et Mme [B] [X] d’autre part, M. [P] [V] devenu co-titulaire du bail par l’effet du mariage célébré le 07 septembre 2019, et portant sur un immeuble à usage d’habitation situé au 2ème étage, [Adresse 4] à [Localité 4] (01) sont réunies au 25 janvier 2026, Ordonne la libération des lieux, Constate que M. [P] [V] a déjà quitté les lieux, Dit qu'à défaut par Mme [B] [X] d'avoir libéré les lieux DEUX MOIS après la signification d'un commandement d’avoir à quitter les lieux, il sera procédé à son expulsion et à celle de tous occupants de son chef, avec l’assistance de la force publique, si besoin est, et au transport des meubles laissés dans les lieux aux frais des expulsés dans tel garde-meuble désigné par ces derniers ou à défaut par le bailleur, Condamne Mme [B] [X] à payer à [Localité 5] une indemnité d'occupation mensuelle égale au montant du loyer mensuel révisé augmenté des charges, qui auraient été payés en cas de non résiliation du bail et ce jusqu'à la libération effective des lieux (caractérisée par la remise des clés ou l'expulsion), et ce solidairement avec M. [P] [V] jusqu’au 26 mars 2026, Condamne Mme [B] [X] à payer à [Localité 3] HABITAT la somme de 4.633,30 euros au titre des loyers, charges et indemnités d'occupation arrêtés au 22 mai 2026, échéance du mois d'avril 2026 incluse, et ce solidairement avec M. [P] [V] à hauteur de la somme de 3.701,74 euros arrêtée au 26 mars 2026, Dit n'y avoir lieu à des délais de paiement, Rappelle qu’en cas de mise en place d’une procédure de surendettement, la créance sera remboursée selon les termes et conditions fixées dans ladite procédure, Condamne in solidum M. [P] [V] et Mme [B] [X] à payer à [Localité 5] la somme de 100 euros en application de l’article 700 du code de procédure civile, Condamne in solidum M. [P] [V] et Mme [B] [X] aux entiers dépens de l’instance, qui comprendront notamment les frais de commandement de payer du 24 novembre 2025, du timbre fiscal (50 €) et de l’assignation du 13 février 2026, Dit que la présente décision sera notifiée par le greffe du tribunal à la Préfecture de l’Ain en application de l’article R.412-2 du code des procédures civiles d'exécution, Rappelle que l’exécution provisoire de la décision est de droit, Rejette toute demande plus ample ou contraire. AINSI JUGE ET PRONONCE, LES JOUR, MOIS et AN SUSDITS, LE GREFFIER, LE JUGE,
Texte intégral
REPUBLIQUE FRANCAISE AU NOM DU PEUPLE FRANCAIS TRIBUNAL JUDICIAIRE DE BOURG EN BRESSE JCP juge des contentieux de la protection JUGEMENT DU 06 AOUT 2026 N° RG 26/00148 - N° Portalis DBWH-W-B7K-HMI2 N° minute : 26/00242 Dans l’affaire entre : DEMANDERESSE GRAND BOURG HABITAT dont le siège social est sis [Adresse 1] représentée par Me Annie MONNET SUETY avocat au barreau de l’Ain, substituée par Me Pascal FOREST, avocat au barreau de l’Ain et DEFENDEURS Monsieur [P] [V] né le 30 Mai 1981 à [Localité 1] (COTE D’IVOIRE) demeurant [Adresse 2] comparant Madame [B] [C] [X] demeurant [Adresse 3] non comparante, ni représentée COMPOSITION DU TRIBUNAL Magistrat : Madame RENAULT, Vice-Présidente Greffier : Madame TALMANT, Greffier Débats : en audience publique le 28 Mai 2026 Prononcé : décision rendue publiquement par mise à disposition au greffe le 06 Août 2026 copies délivrées le 06 AOUT 2026 à : GRAND BOURG HABITAT Monsieur [P] [V] Madame [B] [C] [X] formule exécutoire délivrée le 06 AOUT 2026 à : GRAND BOURG HABITAT EXPOSE DU LITIGE Suivant acte sous seing privé du 29 avril 2016, l’Office Public de l’Habitat [Localité 2] HABITAT, désormais dénommé [Localité 3] HABITAT, a consenti un bail d'habitation à Mme [B] [X] portant sur un immeuble à usage d'habitation situé au 2ème étage, [Adresse 4] à [Localité 4] (01) contre le paiement d'un loyer mensuel révisable de 383,83 euros, provision sur charges incluse. M. [P] [V] et Mme [B] [X] se sont mariés le 07 septembre 2019. Par acte délivré par commissaire de justice le 24 novembre 2025, [Localité 3] HABITAT a fait commandement à M. [P] [V] et à Mme [B] [X] d’avoir à payer la somme en principal de 1.384,63 euros et visant la clause résolutoire du bail. Par acte délivré par commissaire de justice du 13 février 2026, dénoncé le même jour à la Préfecture de l'Ain par voie électronique, GRAND BOURG HABITAT a fait assigner M. [P] [V] et Mme [B] [X] devant le juge des contentieux de la protection du tribunal judiciaire de BOURG-EN-BRESSE aux fins d'obtenir sous le bénéfice de l'exécution provisoire : - la constatation de la résiliation du bail, par l'effet de la clause résolutoire, - l'expulsion sans délai des occupants, si besoin avec le concours de la force publique, - la condamnation solidaire des défendeurs : - au paiement de la somme de 2.770,18 euros au titre des loyers échus à fin décembre 2025, outre ceux restant dus jusqu'au jour de l'audience selon décompte actualisé au cours des débats, - au paiement d'une indemnité mensuelle d'occupation égale au montant du loyer mensuel indexé augmenté des charges, jusqu'à libération effective des lieux, - au paiement de la somme de 300 euros sur le fondement de l'article 700 du code de procédure civile, - aux dépens de l'instance, comprenant notamment le coût du commandement de payer. A l'audience du 28 mai 2026, [Localité 3] HABITAT, représenté par son conseil, a réitéré l'ensemble de ses demandes, portant sa demande en paiement des impayés de loyers, indemnités d'occupation et charges à la somme de 4.633,30 euros arrêtée à fin avril 2026. Il a expliqué que le divorce des locataires n’a été retranscrit que le 26 mars 2026 sur leurs actes d’état civil, date jusqu’à laquelle il sollicite donc la condamnation solidaire des défendeurs. En défense, M. [P] [V], comparant en personne, a déclaré avoir quitté le logement en 2024. Il a indiqué avoir trois enfants à charge et régler un loyer de 1.000 euros par mois. Assignée à étude, Mme [B] [X] n'a pas comparu et n'a pas été représentée. Le diagnostic social et financier a été communiqué par la Préfecture avant la clôture des débats et il a été donné lecture de ses conclusions à l'audience. L'affaire a été mise en délibéré par mise à disposition au greffe au 06 août 2026. MOTIVATION DE LA DÉCISION Sur la non comparution de la défenderesse En application des dispositions de l'article 472 du code de procédure civile, lorsque le défendeur ne comparaît pas, il est néanmoins statué sur le fond, le juge ne faisant droit à la demande que s'il l'estime recevable, régulière et bien fondée. Mme [B] [X] ayant été régulièrement assignée, il y a lieu de statuer sur le fond. Sur la recevabilité de l'action Une copie de l’assignation a été notifiée au Préfet, représentant de l'Etat. Un accusé de réception électronique a été transmis au bailleur le 13 février 2026, soit plus de six semaines avant l’audience, conformément aux dispositions nouvelles de l’article 24 III de la loi n°89-462 du 06 juillet 1989. Par ailleurs, [Localité 3] HABITAT justifie avoir saisi le 10 novembre 2025 la commission de coordination des actions de prévention des expulsions locatives (CCAPEX), conformément aux dispositions de l’article 24 II de la loi n°89-462 du 06 juillet 1989. L’action est donc recevable. Sur les demandes en constatation de la résiliation du bail et d'expulsion L’article 7 de la loi du 6 juillet 1989 rappelle que le paiement du loyer et des charges récupérables aux termes convenus constitue une obligation essentielle du locataire. En vertu de l'article 24 de la loi du 6 juillet 1989 tel que modifié par la loi n°2023-668 du 27 juillet 2023, tout contrat de bail d'habitation contient une clause prévoyant la résiliation de plein droit du contrat de location pour défaut de paiement du loyer ou des charges aux termes convenus ou pour non-versement du dépôt de garantie. Cette clause ne produit effet que six semaines après un commandement de payer demeuré infructueux. Il précise également les mentions obligatoires qui doivent figurer dans le commandement, à peine de nullité. En l'espèce, le contrat de bail conclu entre les parties contient une clause prévoyant la résiliation de plein droit du contrat de location pour défaut de paiement du loyer ou des charges après un délai expressément fixé à deux mois après un commandement de payer demeuré infructueux. La loi du 27 juillet 2023 n'inclut aucune disposition transitoire, et est dès lors entrée en vigueur le 29 juillet 2023 en application de l'article 1er du code civil. Cependant, en matière contractuelle, en vertu de l'article 2 du code civil énonçant que la loi ne dispose que pour l'avenir et qu'elle n'a point d'effet rétroactif, le principe est celui de la survie de la loi ancienne, seuls les contrats conclus postérieurement à son entrée en vigueur y étant soumis. Dès lors, et comme l'a rappelé la troisième chambre civile de la Cour de cassation, dans un avis en date du 13 juin 2024, l'article 10 de cette loi, "en ce qu'il fixe désormais à six semaines le délai minimal accordé au locataire pour apurer sa dette, au terme duquel la clause résolutoire est acquise, ne s'applique pas immédiatement aux contrats en cours, qui demeurent régis par les stipulations des parties, telles qu'encadrées par la loi en vigueur au jour de la conclusion du bail, et ne peut avoir pour effet d'entraîner leur réfaction". Par acte délivré par commissaire de justice le 24 novembre 2025, [Localité 3] HABITAT a fait commandement à M. [P] [V] et à Mme [B] [X] d’avoir à payer la somme en principal de 1.384,63 euros. Ce commandement, délivré à tous deux en étude, reproduit la clause résolutoire insérée au contrat de bail et respecte les dispositions légales susvisées. Ce commandement précisait que faute pour les locataires de régler les sommes dues dans le délai contractuellement fixé à deux mois, le bailleur entendait se prévaloir de la clause résolutoire contractuelle. La situation n'a pas été régularisée dans le délai de deux mois suivant la signification du commandement de payer. Par ailleurs, le juge n’a pas été saisi par les locataires aux fins d’obtenir des délais de paiement et la suspension des effets de la clause résolutoire. Il y a donc lieu de constater la résiliation du bail par l’effet de la clause résolutoire y étant insérée, acquise au 25 janvier 2026 et d’ordonner la libération des lieux, et le cas échéant l’expulsion des occupants. Aucune circonstance ne justifie la demande d'expulsion "sans délai" et la suppression du délai de deux mois à compter du commandement de quitter les lieux prévu par l'article L412-1 du code des procédures civiles d’exécution. Cette demande sera donc rejetée. Sur la demande en paiement au titre des indemnités d’occupation En application de l’article 1240 du code civil, tout fait quelconque de l’homme, qui cause à autrui un dommage, oblige celui par la faute duquel il est arrivé à le réparer. M. [P] [V] et Mme [B] [X] occupent les lieux sans droit ni titre depuis le 25 janvier 2026, ce qui cause nécessairement au bailleur un préjudice qu'il convient d'indemniser. Les indemnités d’occupation portant sur la résidence principale de la famille, elles présentent un caractère ménager, de sorte que les époux y sont tenus solidairement conformément à l’article 220 du code civil. En outre, il est constant que les époux demeurent co-titulaires du bail jusqu'à la transcription du jugement de divorce en marge des registres de l'état civil. En l’espèce, le divorce des locataires, prononcé par jugement du 19 janvier 2026, n’a été retranscrit sur les actes d’état civil que le 26 mars 2026 sur l'acte de mariage. Ainsi, M. [P] [V] reste solidairement tenu au paiement des loyers et indemnités d’occupation jusqu'au 26 mars 2026. Il convient donc de condamner Mme [B] [X] à payer à [Localité 5] une indemnité d'occupation mensuelle égale au montant du loyer mensuel augmenté des charges qui auraient été dus en cas de non résiliation du bail, et ce solidairement avec M. [P] [V] jusqu'au 26 mars 2026. Sur la demande en paiement des loyers, charges et indemnités d’occupation En application de l'article 7 (a) de la loi du 06 juillet 1989, le locataire est tenu de payer le loyer et les charges récupérables aux termes convenus. En l'espèce, le bailleur fait la preuve de l'obligation dont il se prévaut en produisant le bail signé le 29 avril 2016 et un dernier décompte faisant état à la date du 22 mai 2026 d'une dette de 4.633,30 euros. Il a été dit que M. [P] [V] reste solidaire du paiement de la dette jusqu'au 26 mars 2026. A cette date, la dette s'élevait à la somme de 3.701,74 euros. Il y a donc lieu de condamner Mme [B] [X] à payer à [Localité 3] HABITAT la somme de 4.633,30 euros au titre des loyers, indemnités d'occupation et charges impayés arrêtés au 22 mai 2026, échéance du mois d'avril 2026 incluse, et ce solidairement avec M. [P] [V] à hauteur de la somme de 3.701,74 euros. Sur les délais de paiement Il résulte de l'article 24 de la loi du 06 juillet 1989, dans sa version entrée en vigueur le 29 juillet 2023 et d'application immédiate, que : V. - Le juge peut, à la demande du locataire, du bailleur ou d'office, à la condition que le locataire soit en situation de régler sa dette locative et qu'il ait repris le versement intégral du loyer courant avant la date de l'audience, accorder des délais de paiement dans la limite de trois années, par dérogation au délai prévu au premier alinéa de l'article 1343-5 du code civil, au locataire en situation de régler sa dette locative. (...) VII. - Lorsque le juge est saisi en ce sens par le bailleur ou par le locataire, et à la condition que celui-ci ait repris le versement intégral du loyer courant avant la date de l'audience, les effets de la clause de résiliation de plein droit peuvent être suspendus pendant le cours des délais accordés par le juge dans les conditions prévues aux V et VI du présent article. Cette suspension prend fin dès le premier impayé ou dès lors que le locataire ne se libère pas de sa dette locative dans le délai et selon les modalités fixés par le juge. Ces délais et les modalités de paiement accordés ne peuvent affecter l'exécution du contrat de location et notamment suspendre le paiement du loyer et des charges. Si le locataire se libère de sa dette locative dans le délai et selon les modalités fixés par le juge, la clause de résiliation de plein droit est réputée ne pas avoir joué. Dans le cas contraire, elle reprend son plein effet. En l'espèce, Mme [B] [X] n'a pas comparu à l'audience, et n'a pas sollicité le bénéfice de délais de paiement suspendant les effets de la clause résolutoire du bail. En outre, elle n’a pas repris le paiement intégral du loyer courant avant la date de l'audience, aucun versement n'a été fait depuis le mois de juillet 2025 et le diagnostic social et financier précise qu'elle n'est pas en mesure de reprendre le paiement du loyer courant, ayant démissionné en décembre 2025 et ne percevant plus de ressource. Il ne peut donc pas lui être accordé de délais de paiement dans ce cadre, qui suspendraient les effets de la clause résolutoire. Sur les demandes accessoires La présente décision est de droit exécutoire à titre provisoire, conformément aux articles 489 et 514 du code de procédure civile, dans leur version en vigueur à la date d’introduction de l’instance. M. [P] [V] et Mme [B] [X] succombant, ils devront supporter les dépens in solidum, qui comprendront notamment les frais de commandement de payer du 24 novembre 2025, du timbre fiscal (50 euros) et de l’assignation. Il paraît par ailleurs inéquitable de laisser à la charge de [Localité 3] HABITAT l’intégralité des sommes avancées par lui et non comprises dans les dépens pour assurer la défense de ses droits et intérêts en justice. Il lui sera donc alloué la somme de 100 euros en application de l’article 700 du code de procédure civile. PAR CES MOTIFS, Le juge des contentieux de la protection, statuant publiquement, par jugement réputé contradictoire et en premier ressort, Constate que les conditions d'acquisition de la clause résolutoire insérée au contrat de bail du 29 avril 2016 conclu entre [Localité 3] HABITAT d’une part et Mme [B] [X] d’autre part, M. [P] [V] devenu co-titulaire du bail par l’effet du mariage célébré le 07 septembre 2019, et portant sur un immeuble à usage d’habitation situé au 2ème étage, [Adresse 4] à [Localité 4] (01) sont réunies au 25 janvier 2026, Ordonne la libération des lieux, Constate que M. [P] [V] a déjà quitté les lieux, Dit qu'à défaut par Mme [B] [X] d'avoir libéré les lieux DEUX MOIS après la signification d'un commandement d’avoir à quitter les lieux, il sera procédé à son expulsion et à celle de tous occupants de son chef, avec l’assistance de la force publique, si besoin est, et au transport des meubles laissés dans les lieux aux frais des expulsés dans tel garde-meuble désigné par ces derniers ou à défaut par le bailleur, Condamne Mme [B] [X] à payer à [Localité 5] une indemnité d'occupation mensuelle égale au montant du loyer mensuel révisé augmenté des charges, qui auraient été payés en cas de non résiliation du bail et ce jusqu'à la libération effective des lieux (caractérisée par la remise des clés ou l'expulsion), et ce solidairement avec M. [P] [V] jusqu’au 26 mars 2026, Condamne Mme [B] [X] à payer à [Localité 3] HABITAT la somme de 4.633,30 euros au titre des loyers, charges et indemnités d'occupation arrêtés au 22 mai 2026, échéance du mois d'avril 2026 incluse, et ce solidairement avec M. [P] [V] à hauteur de la somme de 3.701,74 euros arrêtée au 26 mars 2026, Dit n'y avoir lieu à des délais de paiement, Rappelle qu’en cas de mise en place d’une procédure de surendettement, la créance sera remboursée selon les termes et conditions fixées dans ladite procédure, Condamne in solidum M. [P] [V] et Mme [B] [X] à payer à [Localité 5] la somme de 100 euros en application de l’article 700 du code de procédure civile, Condamne in solidum M. [P] [V] et Mme [B] [X] aux entiers dépens de l’instance, qui comprendront notamment les frais de commandement de payer du 24 novembre 2025, du timbre fiscal (50 €) et de l’assignation du 13 février 2026, Dit que la présente décision sera notifiée par le greffe du tribunal à la Préfecture de l’Ain en application de l’article R.412-2 du code des procédures civiles d'exécution, Rappelle que l’exécution provisoire de la décision est de droit, Rejette toute demande plus ample ou contraire. AINSI JUGE ET PRONONCE, LES JOUR, MOIS et AN SUSDITS, LE GREFFIER, LE JUGE,
Décisions proches
Celles qui citent les mêmes textes rares que celle-ci (code civil 1, code de procedure civile 489, code civil 220). Sans IA : les citations relevées dans les décisions.
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- 18 juin 2026 · Tribunal judiciaire de Bourg-en-Bresse · Expulsion "ferme" ordonnée au fond (sans suspension des effets de la clause résolutoire) · n° 26/00096
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- 6 août 2026 · Tribunal judiciaire de Bourg-en-Bresse · Expulsion "conditionnelle" ordonnée au fond avec suspension des effets de la clause résolutoire · n° 26/00138
en commun : code civil 1, code de procedure civile 489
- 6 août 2026 · Tribunal judiciaire de Bourg-en-Bresse · Expulsion "ferme" ordonnée au fond (sans suspension des effets de la clause résolutoire) · n° 26/00142
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en commun : code civil 1, code de procedure civile 489
Mise à jour de la source le 2026-08-13T19:00:34.900Z.