Tribunal de commerce d'Aix-en-Provence, CHAMBRE DU CONSEIL (OUVERTURES), 18 juin 2026, n° 2026008763
Ouvrir dans l'application : rédiger une fiche d'arrêt, un commentaire, voir les entreprisesParties (entreprises)
Motifs
REPUBLIQUE FRANCAISE - AU NOM DU PEUPLE FRANCAIS TRIBUNAL DE COMMERCE D'AIX-EN-PROVENCE Jugement de redressement judiciaire sur assignation en date du 18/06/2026 Rôle n° 2026 008763 Prononcé par sa mise à disposition au greffe le 18/06/2026 (article 450 C.P.C.) Composition du tribunal lors de l'audience du 18/06/2026 : Monsieur Romain FOURNIER : Monsieur Patrick ANSELMO Madame Agnès D'ANGELO : Madame Marine DESSAUX En la cause de MSA PROVENCE AZUR [Adresse 1] représentée par Maître Carole MAROCHI substituée par Maître Geoffrey MANUGUERRA contre Monsieur [H] [V] (EI) [Adresse 2] non comparant Par exploit en date du 01/06/2026, la MSA PROVENCE AZUR a fait assigner monsieur [H] [V], Entrepreneur Individuel, lequel exerce une activité de : « Petits travaux de jardinage y compris débroussaillage » à Martigues, devant le tribunal de commerce d'Aix en Provence, pour voir constater l'état de cessation des paiements, en vue de l'ouverture à son égard, d'une procédure de redressement judiciaire ou de liquidation judiciaire conformément aux articles L.631-5 et L.640-5 du code de commerce. Monsieur. [H] [V] (EI) est immatriculé au registre du commerce et des sociétés d'Aix en Provence sous le numéro A 913 185 252 / 2022 A 743. A l'audience, la MSA PROVENCE AZUR comparait et indique être créancière à l'encontre de monsieur [H] [V] (EI), d'une somme globale de 36.817,84 euros correspondant à des cotisations sociales impayées et dues dans le cadre de son activité professionnelle. Disposant de titres exécutoires, elle a diligenté des tentatives d'exécution forcée, restées infructueuses. La MSA PROVENCE AZUR fait valoir que l'état de cessation des paiements est avéré et sollicite l'ouverture d'une procédure de redressement judiciaire ou de liquidation judiciaire, à titre subsidiaire. Monsieur [H] [V] (EI) ne comparait pas en chambre du conseil, bien que dûment appelé. Dans la présente affaire, monsieur [H] [V] (EI) relève du statut de l'entrepreneur individuel au sens de l'article L.526-22 du code de commerce. Il y a lieu d'examiner, en application de l'article L.681-1 2° du code de commerce, si les conditions d'ouverture d'une procédure prévue au livre VI du code de commerce sont réunies en fonction du patrimoine professionnel de monsieur [H] [V] (EI). Il résulte des documents produits aux débats ainsi que des explications recueillies lors de l'audience que : 1° s'agissant du passif exigible, le montant de la dette professionnelle exigible est de 36.817,84 euros 2° s'agissant de l'actif disponible, les diligences du commissaire de justice montrent des comptes bancaires aux soldes créditeurs de 201 euros en juin 2025 et 7 euros en janvier 2026. Monsieur [H] [V] (EI) se trouve donc dans l'impossibilité de faire face à son passif exigible avec son actif disponible. Il ressort de l'extrait d'immatriculation au registre du commerce et des sociétés que monsieur [H] [V] (EI) exerçait son activité à domicile et qu'aucune cessation d'activité n'a été déclarée. L'hypothèse d'un changement de domicile/lieu d'exploitation et d'une poursuite d'activité ne peut être écartée. Il résulte de cette analyse d'une part, que le redressement n'apparaît pas comme manifestement impossible et ne peut être proscrit. D'autre part, qu'en l'absence de cessation d'activité avérée, il n'est pas fait application de l'article L.526-22 alinéa 8 du code de commerce relatif à la réunion des patrimoines personnel et professionnel. Il revient enfin, au tribunal, de déterminer si monsieur [H] [V] (EI) est à titre personnel surendetté. L'absence totale d'élément relatif à la situation personnelle de ce dernier, amène la juridiction à considérer que les conditions du surendettement personnel de l'article L.681-1 2° du code de commerce, ne sont pas réunies. Dans ces conditions et conformément à l'article L.681-2 II, le tribunal ouvre à l'encontre de monsieur [H] [V] (EI), une procédure de redressement judiciaire, dans la limite du seul patrimoine professionnel. La cessation des paiements est fixée provisoirement au 18/06/2026, correspondant à la date à laquelle l'affaire a été évoquée en chambre du conseil.
Dispositif
Par ces motifs, Le tribunal, statuant publiquement, par décision la loi, réputé contradictoire rendue en premier ressort, Vu les dispositions des articles L.526-22, L.681-1 et suivants du code de commerce, Vu les dispositions des articles L.631-1 et suivants du code de commerce, Constate l'état de cessation des paiements de monsieur [H] [V] (EI), Ordonne en conséquence, l'ouverture d'une procédure de redressement judiciaire prévue, par les articles L681-2 II et L.631-1 et suivants du code de commerce, à l'égard de monsieur [H] [V] (EI), dans la limite du seul patrimoine professionnel. Désigne en qualité de : Juge commissaire : Monsieur Philippe CRUVEILLER Juge commissaire suppléant: Juge-commissaire suppléant : Monsieur Franck-Valéry BUFFET Mandataire judiciaire : SAS LES MANDATAIRES mission conduite par Maître [C] [P], [Adresse 3] Commissaire de justice : SELARL HEXACTE - Commissaires de justice - [Adresse 4], prise en la personne de l'un de ses associés pour réaliser l'inventaire, en application des articles L.641-1et L.622-6 du code de commerce. Invite le chef d'entreprise à réunir dans les 10 jours du présent jugement, le comité d'entreprise, les délégués du personnel ou, à défaut, les salariés pour qu'ils désignent le représentant des salariés dans les conditions prévues à l'article L.621-4 du même code. Dit que le procès-verbal de désignation du représentant des salariés ou le procès-verbal de carence devra être immédiatement déposé au greffe du tribunal de commerce. Fixe provisoirement la date de cessation des paiements au 18/06/2026, Fixe à 6 mois la durée maximale de la période d'observation, renouvelable, pendant laquelle sera dressé dans un rapport le bilan économique et social de l'entreprise par le débiteur. Fixe au 21/07/2026 à 9 heures, la date à laquelle il sera statué sur ce rapport. Dit que le greffier procédera aux convocations, à cette audience, selon les dispositions de l'article L.631-15 du code de commerce. Ordonne la signification du présent jugement au débiteur et sa convocation par acte d'huissier de justice à l'audience précitée. Enjoint monsieur [H] [V] (EI) de produire lors de cette audience, et ce, afin de vérifier le bon déroulement de la période d'observation : le bilan comptable de son dernier exercice certifié par son expert-comptable, une situation comptable de la période d'observation, arrêtée à la date la plus proche possible de cette audience et certifiée par son expert-comptable, l'attestation de son expert-comptable relative à l'absence de dettes relevant de l'article L.622-17 du code de commerce étant précisé que l'absence de l'un de ces documents pourra conduire le tribunal à prononcer la liquidation judiciaire. Fixe à 12 mois à compter du terme du délai imparti aux créanciers pour déclarer leurs créances, le délai dans lequel le mandataire judiciaire devra établir la liste des créances déclarées et la transmettre au juge commissaire. Dit que le débiteur devra remettre, sans délai, au mandataire Judiciaire la liste de ses créanciers, du montant de ses dettes, de ses principaux contrats en cours et l'informera des instances en cours auxquelles l'entreprise est partie. Invite le débiteur, sous peine de sanctions commerciales, à coopérer avec le mandataire judiciaire et à ne pas faire obstacle au bon déroulement de la procédure. Dit que les avis, les notifications ou les significations de cette décision ainsi que ceux qui interviendront dans la cadre de cette procédure devront s'effectuer à l'adresse suivante du chef d'entreprise : Monsieur [H] [V] (EI) Hlm [Adresse 2] [Adresse 2] et, qu'en cas de changement d'adresse, le chef d'entreprise devra en informer immédiatement le greffe et le, mandataire judiciaire. Ordonne au greffier de procéder, sans délai, à la publicité du présent jugement nonobstant toute voie de recours ainsi que l'emploi des dépens en frais privilégiés de la procédure collective. Le président Monsieur Romain FOURNIER Le greffier.
Texte intégral
REPUBLIQUE FRANCAISE - AU NOM DU PEUPLE FRANCAIS TRIBUNAL DE COMMERCE D'AIX-EN-PROVENCE Jugement de redressement judiciaire sur assignation en date du 18/06/2026 Rôle n° 2026 008763 Prononcé par sa mise à disposition au greffe le 18/06/2026 (article 450 C.P.C.) Composition du tribunal lors de l'audience du 18/06/2026 : Monsieur Romain FOURNIER : Monsieur Patrick ANSELMO Madame Agnès D'ANGELO : Madame Marine DESSAUX En la cause de MSA PROVENCE AZUR [Adresse 1] représentée par Maître Carole MAROCHI substituée par Maître Geoffrey MANUGUERRA contre Monsieur [H] [V] (EI) [Adresse 2] non comparant Par exploit en date du 01/06/2026, la MSA PROVENCE AZUR a fait assigner monsieur [H] [V], Entrepreneur Individuel, lequel exerce une activité de : « Petits travaux de jardinage y compris débroussaillage » à Martigues, devant le tribunal de commerce d'Aix en Provence, pour voir constater l'état de cessation des paiements, en vue de l'ouverture à son égard, d'une procédure de redressement judiciaire ou de liquidation judiciaire conformément aux articles L.631-5 et L.640-5 du code de commerce. Monsieur. [H] [V] (EI) est immatriculé au registre du commerce et des sociétés d'Aix en Provence sous le numéro A 913 185 252 / 2022 A 743. A l'audience, la MSA PROVENCE AZUR comparait et indique être créancière à l'encontre de monsieur [H] [V] (EI), d'une somme globale de 36.817,84 euros correspondant à des cotisations sociales impayées et dues dans le cadre de son activité professionnelle. Disposant de titres exécutoires, elle a diligenté des tentatives d'exécution forcée, restées infructueuses. La MSA PROVENCE AZUR fait valoir que l'état de cessation des paiements est avéré et sollicite l'ouverture d'une procédure de redressement judiciaire ou de liquidation judiciaire, à titre subsidiaire. Monsieur [H] [V] (EI) ne comparait pas en chambre du conseil, bien que dûment appelé. Dans la présente affaire, monsieur [H] [V] (EI) relève du statut de l'entrepreneur individuel au sens de l'article L.526-22 du code de commerce. Il y a lieu d'examiner, en application de l'article L.681-1 2° du code de commerce, si les conditions d'ouverture d'une procédure prévue au livre VI du code de commerce sont réunies en fonction du patrimoine professionnel de monsieur [H] [V] (EI). Il résulte des documents produits aux débats ainsi que des explications recueillies lors de l'audience que : 1° s'agissant du passif exigible, le montant de la dette professionnelle exigible est de 36.817,84 euros 2° s'agissant de l'actif disponible, les diligences du commissaire de justice montrent des comptes bancaires aux soldes créditeurs de 201 euros en juin 2025 et 7 euros en janvier 2026. Monsieur [H] [V] (EI) se trouve donc dans l'impossibilité de faire face à son passif exigible avec son actif disponible. Il ressort de l'extrait d'immatriculation au registre du commerce et des sociétés que monsieur [H] [V] (EI) exerçait son activité à domicile et qu'aucune cessation d'activité n'a été déclarée. L'hypothèse d'un changement de domicile/lieu d'exploitation et d'une poursuite d'activité ne peut être écartée. Il résulte de cette analyse d'une part, que le redressement n'apparaît pas comme manifestement impossible et ne peut être proscrit. D'autre part, qu'en l'absence de cessation d'activité avérée, il n'est pas fait application de l'article L.526-22 alinéa 8 du code de commerce relatif à la réunion des patrimoines personnel et professionnel. Il revient enfin, au tribunal, de déterminer si monsieur [H] [V] (EI) est à titre personnel surendetté. L'absence totale d'élément relatif à la situation personnelle de ce dernier, amène la juridiction à considérer que les conditions du surendettement personnel de l'article L.681-1 2° du code de commerce, ne sont pas réunies. Dans ces conditions et conformément à l'article L.681-2 II, le tribunal ouvre à l'encontre de monsieur [H] [V] (EI), une procédure de redressement judiciaire, dans la limite du seul patrimoine professionnel. La cessation des paiements est fixée provisoirement au 18/06/2026, correspondant à la date à laquelle l'affaire a été évoquée en chambre du conseil. Par ces motifs, Le tribunal, statuant publiquement, par décision la loi, réputé contradictoire rendue en premier ressort, Vu les dispositions des articles L.526-22, L.681-1 et suivants du code de commerce, Vu les dispositions des articles L.631-1 et suivants du code de commerce, Constate l'état de cessation des paiements de monsieur [H] [V] (EI), Ordonne en conséquence, l'ouverture d'une procédure de redressement judiciaire prévue, par les articles L681-2 II et L.631-1 et suivants du code de commerce, à l'égard de monsieur [H] [V] (EI), dans la limite du seul patrimoine professionnel. Désigne en qualité de : Juge commissaire : Monsieur Philippe CRUVEILLER Juge commissaire suppléant: Juge-commissaire suppléant : Monsieur Franck-Valéry BUFFET Mandataire judiciaire : SAS LES MANDATAIRES mission conduite par Maître [C] [P], [Adresse 3] Commissaire de justice : SELARL HEXACTE - Commissaires de justice - [Adresse 4], prise en la personne de l'un de ses associés pour réaliser l'inventaire, en application des articles L.641-1et L.622-6 du code de commerce. Invite le chef d'entreprise à réunir dans les 10 jours du présent jugement, le comité d'entreprise, les délégués du personnel ou, à défaut, les salariés pour qu'ils désignent le représentant des salariés dans les conditions prévues à l'article L.621-4 du même code. Dit que le procès-verbal de désignation du représentant des salariés ou le procès-verbal de carence devra être immédiatement déposé au greffe du tribunal de commerce. Fixe provisoirement la date de cessation des paiements au 18/06/2026, Fixe à 6 mois la durée maximale de la période d'observation, renouvelable, pendant laquelle sera dressé dans un rapport le bilan économique et social de l'entreprise par le débiteur. Fixe au 21/07/2026 à 9 heures, la date à laquelle il sera statué sur ce rapport. Dit que le greffier procédera aux convocations, à cette audience, selon les dispositions de l'article L.631-15 du code de commerce. Ordonne la signification du présent jugement au débiteur et sa convocation par acte d'huissier de justice à l'audience précitée. Enjoint monsieur [H] [V] (EI) de produire lors de cette audience, et ce, afin de vérifier le bon déroulement de la période d'observation : le bilan comptable de son dernier exercice certifié par son expert-comptable, une situation comptable de la période d'observation, arrêtée à la date la plus proche possible de cette audience et certifiée par son expert-comptable, l'attestation de son expert-comptable relative à l'absence de dettes relevant de l'article L.622-17 du code de commerce étant précisé que l'absence de l'un de ces documents pourra conduire le tribunal à prononcer la liquidation judiciaire. Fixe à 12 mois à compter du terme du délai imparti aux créanciers pour déclarer leurs créances, le délai dans lequel le mandataire judiciaire devra établir la liste des créances déclarées et la transmettre au juge commissaire. Dit que le débiteur devra remettre, sans délai, au mandataire Judiciaire la liste de ses créanciers, du montant de ses dettes, de ses principaux contrats en cours et l'informera des instances en cours auxquelles l'entreprise est partie. Invite le débiteur, sous peine de sanctions commerciales, à coopérer avec le mandataire judiciaire et à ne pas faire obstacle au bon déroulement de la procédure. Dit que les avis, les notifications ou les significations de cette décision ainsi que ceux qui interviendront dans la cadre de cette procédure devront s'effectuer à l'adresse suivante du chef d'entreprise : Monsieur [H] [V] (EI) Hlm [Adresse 2] [Adresse 2] et, qu'en cas de changement d'adresse, le chef d'entreprise devra en informer immédiatement le greffe et le, mandataire judiciaire. Ordonne au greffier de procéder, sans délai, à la publicité du présent jugement nonobstant toute voie de recours ainsi que l'emploi des dépens en frais privilégiés de la procédure collective. Le président Monsieur Romain FOURNIER Le greffier.
Décisions proches
Celles qui citent les mêmes textes rares que celle-ci (code de commerce L526-22, code de commerce L681-1, code de commerce L681-2, code de commerce L640-5). Sans IA : les citations relevées dans les décisions.
- 10 juillet 2026 · Tribunal de commerce d'Aix-en-Provence · n° 2026004759
en commun : code de commerce L526-22, code de commerce L681-1, code de commerce L681-2, code de commerce L640-5
- 10 septembre 2026 · Tribunal de commerce d'Aix-en-Provence · n° 2026010194
en commun : code de commerce L526-22, code de commerce L681-1, code de commerce L681-2, code de commerce L640-5
- 5 août 2026 · Tribunal de commerce de Dax · n° 2026002441
en commun : code de commerce L526-22, code de commerce L681-1, code de commerce L640-5
- 2 septembre 2026 · Tribunal de commerce de Dax · n° 2026003401
en commun : code de commerce L526-22, code de commerce L681-1, code de commerce L640-5
- 7 septembre 2026 · Tribunal de commerce d'Alençon · n° 2026002178
en commun : code de commerce L526-22, code de commerce L681-1, code de commerce L640-5
- 3 juillet 2026 · Tribunal de commerce de Castres · n° 2026002074
en commun : code de commerce L526-22, code de commerce L681-1, code de commerce L681-2
- 7 juillet 2026 · Cour d'appel de Versailles · Autre · n° 25/07384
en commun : code de commerce L526-22, code de commerce L681-1, code de commerce L681-2
- 2 juillet 2026 · Tribunal des activités économiques de Paris · n° 2026054221
en commun : code de commerce L526-22, code de commerce L681-1, code de commerce L681-2
Mise à jour de la source le 2026-06-20T08:29:22.046Z.