Tribunal judiciaire de Strasbourg, 11ème civ. S2, 24 juillet 2026, n° 26/02096
Exposé du litige
EXPOSE DU LITIGE Par acte sous-seing privé du 1er février 2018, CUS Habitat, devenu OPHEA, a donné en location à Madame [U] [P] un logement situé [Adresse 3] à [Localité 1] moyennant un loyer de 399.40 euros outre provisions sur charges comprise, payable à terme échu, les trois premiers jours du mois suivant. Par courrier du 5 juin 2025, OPHEA a notifié, par exploit de commissaire de justice délivré le 19 août 2025 à Madame [U] [P], un congé pour le 30 septembre 2025 pour « non-paiement de loyers et accessoires » auquel est joint le décompte des sommes dues pour 3233.14 euros, échéance de mai 2025 incluse, ainsi que les dispositions de l'article 4 de la loi du 1er septembre 1948. Par assignation délivrée le 6 janvier 2026, OPHEA a fait citer Madame [U] [P] devant le juge des contentieux de la protection du tribunal judiciaire de Strasbourg aux fins de constat de la régularité du congé, du prononcé de la déchéance de tout droit au maintien dans les lieux, d'expulsion de la locataire et sa condamnation au paiement de la dette locative et indemnités d'occupation. A l'audience du 29 mai 2026, OPHEA, dûment représentée, a repris les termes de son acte introductif d'instance aux fins de voir : - Constater que le congé délivré est régulier, - Prononcer la déchéance de la défenderesse de tout droit au maintien dans les lieux, en application de l'article 10-1 de la loi du 1er septembre 1948, - Condamner Madame [U] [P] ainsi que tout occupant de son chef à restituer les locaux occupés [Adresse 3] à [Localité 1]. - Prononcer, à titre subsidiaire, la résiliation judiciaire du bail liant les parties, conformément aux articles 1184 et 1741 du code civil, - Condamner Madame [U] [P] à lui payer la somme de 6169.25 euros à titre d'arriérés de loyers et accessoires avec les intérêts légaux à compter de l'assignation, conformément à l'article 1728 du code civil, et à payer les arriérés de loyers et charges nés entre l'assignation et la date de l'audience, - Condamner en tout état de cause Madame [U] [P] à lui payer les loyers et charges jusqu'à la résiliation du bail par le tribunal, en quittances et deniers, - Condamner Madame [U] [P] à lui payer à titre d'indemnité d'occupation, le montant de 483.02 euros (loyer augmenté des charges et prestations fournies) augmenté des intérêts légaux à compter de chaque échéance et jusqu'à évacuation des locaux, sous réserve des augmentations légales ultérieures et ce à compter de la date de résiliation du bail, conformément à l'article 1142 du code civil, - Condamner Madame [U] [P] à lui payer la somme de 650.00 euros au titre de l'article 700 du code de procédure civile, - Condamner Madame [U] [P] aux entiers dépens, - Déclarer le jugement à intervenir exécutoire par provision. OPHEA fait valoir que la mauvaise foi de Madame [U] [P] est démontrée en ce qu'elle n'exécute pas une de ses obligations principales, vu l'arriéré de loyers accumulé, de sorte qu'elle doit être déchue du droit au maintien dans les lieux, réservé aux occupants de bonne foi. Elle précise que la dette locative s'élève au 19 mai 2026 à la somme de 8661.13 euros. Madame [U] [P] n'a pas donné suite aux rendez-vous proposés par l'enquêteur social. La Commission de coordination des actions de prévention des expulsions locatives (CCAPEX) a été saisie le 21 octobre 2024. L'assignation a été notifiée le 22 octobre 2025 à l'autorité préfectorale. Citée par dépôt à l'étude, Madame [U] [P] ne s'est ni présenter ni fait représenter. Susceptible d'appel le jugement sera réputé contradictoire conformément à l'article 473 du code de procédure civile. La décision a été mise en délibéré au 24 juillet 2026 par mise à disposition au greffe.
Motifs
MOTIFS DE LA DECISION Conformément à l'article 472 du code de procédure civile, si le défendeur ne comparaît pas, il est néanmoins statué au fond, et le juge ne fait droit à la demande que s'il l'estime régulière, recevable et bien fondée. Sur le congé. En application de l'article L 442-6 du Code de la Construction et de l'Habitation, les dispositions du chapitre premier, à l'exclusion de l'article 11, du titre premier de la loi du 1er septembre 1948 sur le maintien dans les lieux sont applicables au présent contrat de bail. L'article 4, inclus dans le chapitre premier du titre premier de ladite loi, dispose que : « les occupants de bonne foi des locaux définis à l'article 1er bénéficient de plein droit et sans l'accomplissement d'aucune formalité, du maintien dans les lieux loués, aux clauses et conditions du contrat primitif non contraires aux dispositions de la présente loi, quelle que soit la date de leur entrée dans les lieux. Sont réputés de bonne foi les locataires, sous-locataires, cessionnaires de baux, à l'expiration de leur contrat, ainsi que les occupants qui, habitant dans les lieux en vertu ou en suite d'un bail écrit ou verbal, d'une sous-location régulière, d'une cession régulière d'un bail antérieur, d'un échange opéré dans les conditions légales, exécutent leurs obligations. L'acte par lequel le bailleur notifie au locataire qu'il met fin au contrat de louage et qui entraîne l'application des dispositions précédentes doit, à peine de nullité, reproduire les dispositions des deux alinéas précédents et préciser qu'il ne comporte pas en lui-même obligation d'avoir à quitter effectivement les lieux. (...) » Le congé délivré au visa de l'article 4 de la loi du 1er septembre 1948 n'est pas un congé ordinaire en ce qu'il a pour particularité de mettre fin aux rapports contractuels découlant d'un contrat de bail pour leur substituer des rapports légaux résultant du droit au maintien dans les lieux, prévu en faveur des locataires de bonne foi qui exécutent leurs obligations. En l'espèce, le congé a été notifié Madame [U] [P] pour le 30 septembre 2025 par courrier recommandé du 5 juin 2025 avec accusé réception retourné avec la mention « pli non réclamé », puis notifié par exploit de commissaire de justice le 19 août 2025 au vu des impayés de loyers au 5 juin 2025 pour un montant de 3233.14 euros. La défenderesse a été invitée à prendre attache avec le gestionnaire de sa situation pour régulariser l'impayé à défaut de quoi OPHEA engagerait une procédure pour faire constater sa mauvaise foi et solliciter la déchéance de son droit au maintien dans les lieux, avec comme conséquence son évacuation du logement. Madame [U] [P], non comparante, ne produit aucun élément de nature à contester la régularité cet acte. Le congé ayant pris effet le 30 septemnbre 2025, la résiliation du bail sera constatée à cette date. Sur la déchéance du droit au maintien dans les lieux. Le droit au maintien dans les lieux ne bénéficie qu'aux occupants de bonne foi ; le bailleur peut donc demander la déchéance de ce droit s'il démontre la mauvaise foi des occupants. La bonne foi suppose le paiement régulier du loyer, obligation première et essentielle du locataire conformément à l'article 1728 du code civil, repris par l'article 7 a) de la loi n°89-462 du 6 juillet 1989. Il appartient au juge de rechercher si le manquement à cette obligation est suffisamment grave pour caractériser la mauvaise foi des occupants et justifier la déchéance de leur droit au maintien dans les lieux. L'appréciation doit être faite au jour de la demande. En l'espèce, la demande de déchéance a été faite à la date de l'assignation, soit le 6 janvier 2026 réitérée à l'audience. À cette date, les impayés de loyers et charges s'élevaient à la somme de 6169.25 euros (échéance du mois de novembre 2025 incluse) selon extrait de compte du 19 mai 2026. Compte tenu de ce montant et de l'ancienneté de la dette locative, le compte étant constamment débiteur, le manquement à l'obligation de payer les loyers et charges aux termes convenus est suffisamment grave pour retenir la mauvaise foi de Madame [U] [P]. Madame [U] [P] sera donc déchue de son droit au maintien dans les lieux. Sur la demande en paiement. En application des articles 1728 2° du code civil, le locataire est principalement tenu, notamment, de payer le loyer et les charges récupérables aux termes convenus. En l'espèce il ne sera pas tenu compte de la dette actualisé au 19 mai 2026 d'un montant de 8661.13 euros compte tenu de l'absence de justificatif de la communication du décompte à Madame [U] [P] conformément aux dispositions de l'article 132 du code de procédure civile. Au vu du décompte produit contradictoirement, Madame [U] [P] sera condamnée au règlement en deniers ou quittances de la somme de 6169.25 euros, correspondant au montant de l'arriéré de loyers, charges et indemnités d'occupation au 30 novembre 2025, échéance de novembre 2025, incluse avec les intérêts au taux légal à compter de la présente décision. Sur l'indemnité d'occupation. L'indemnité d'occupation a un caractère mixte indemnitaire et compensatoire dans la mesure où elle est destinée à la fois à rémunérer le propriétaire de la perte de jouissance du local et à l'indemniser du trouble subi du fait de l'occupation illicite de son bien. Elle entre dans le champ d'application de l'article 1231-5 du code civil, qui permet au juge, même d'office, de modérer une clause pénale manifestement excessive. En conséquence de l'acquisition de la clause résolutoire et de l'expulsion, Madame [U] [P] sera condamnée au paiement d'une somme de 483.02 euros pour la période courant depuis la date de résiliation du contrat soit le 30 septembre 2025 à minuit à compter de laquelle elle est devenue occupante sans droit ni titre et ce jusqu'à la libération effective et définitive des lieux caractérisée par la remise des clefs. Cette indemnité mensuelle d'occupation sera fixée au montant du loyer augmenté des charges tel qu'il aurait été dû si le bail s'était poursuivi. Le montant sera révisé conformément au bail. Conformément à l'article 1231-7 du code civil, cette condamnation produira intérêts au taux légal à compter de la date d'exigibilité de chacune de ces indemnités, qui seront dues à terme échu au dernier jour de chaque mois. Cette créance ne sera toutefois due, le cas échéant, que sous déduction des sommes auxquelles de Madame [U] [P] est déjà condamnée au titre de l'arriéré des loyers, charges et indemnités d'occupation dus pour 6169.25 euros, en considération de la date de l'acquisition des effets de la clause résolutoire fixée au 30 septembre 2025 à minuit. Sur l'incidence d'une procédure de surendettement. Il résulte de l'article 24 V de la loi n°89-462 du 06 juillet 1989 que le juge invite les parties à lui produire tous éléments relatifs à l'existence d'une procédure de traitement du surendettement au sens du livre VII du code de la consommation. Le juge n'a recueilli à l'audience aucun élément de nature à indiquer que Madame [U] [P] faisait l'objet actuellement d'une procédure de traitement de la situation de surendettement au sens du livre VII du code de la consommation. Sur les dépens et l'article 700 du code de procédure civile. Madame [U] [P], qui succombe, sera tenue aux entiers dépens de l'instance. Il n'est pas inéquitable de laisser à la charge de OPHEA les frais irrépétibles exposés. En application du nouvel article 514 du Code de Procédure Civile les décisions de première instance introduites à compter du 1er janvier 2020 sont, de droit, exécutoires à titre provisoire à moins que la loi ou la décision rendue n'en dispose autrement. En l'espèce il n'y pas lieu d'écarter l'exécution provisoire.
Dispositif
PAR CES MOTIFS La Vice-Présidente des Contentieux de la Protection, statuant par mise à disposition au greffe, par décision réputée contradictoire et en premier ressort : CONSTATE la résiliation au 30 septembre 2025 par suite du congé, du contrat de bail conclu entre OPHEA, d'une part, et Madame [U] [P] d'autre part, portant sur un logement [Adresse 3] à [Localité 1] ; PRONONCE la déchéance de Madame [U] [P] de son droit au maintien dans les lieux ; ORDONNE en conséquence l'expulsion de Madame [U] [P] des locaux visés ci-dessus et de tous occupants de son chef, avec le concours de la force publique et l'assistance d'un serrurier si nécessaire, faute de délaissement volontaire des lieux au plus tard deux mois après la signification du commandement d'avoir à libérer les locaux (articles L 412-1 du code des procédures civiles d'exécution) ; DIT que les meubles et objets se trouvant sur les lieux suivront le sort prévu par les articles L 433-1 et 433-2 du code des procédures civiles d'exécution ; CONDAMNE Madame [U] [P] à verser à OPHEA, en deniers ou quittances, la somme de 6169.25 euros (six mille cent soixante-neuf euros et vingt-cinq centimes) au titre solde du compte locataire au 30 novembre 2025, échéance de novembre 2025 incluse, outre intérêts au taux légal à compter de la présente décision ; CONDAMNE Madame [U] [P] à payer à l'OPHEA une indemnité d'occupation équivalente au montant du loyer et des avances sur charges qui aurait été dû si le bail n'avait pas été résilié, soit 483.02 euros par mois (quatre cent quatre-vingt-trois euros et deux centimes), cette indemnité se substituant aux loyers et aux charges à compter du 30 septembre 2025 à minuit, date de la résiliation du bail, jusqu'au départ volontaire ou à défaut l'expulsion des lieux, avec intérêts au taux légal à compter de la date d'exigibilité de chacune de ces indemnités qui seront dues à terme échu au dernier jour de chaque mois. Cette créance ne sera toutefois due, le cas échéant, que sous déduction des sommes auxquelles de Madame [U] [P] est déjà condamnée au titre de l'arriéré des loyers, charges et indemnités d'occupation dus pour 6169.25 euros, en considération de la date de résiliation du bail ; CONSTATE qu'aucun élément des débats ne permet de retenir que Madame [U] [P] bénéficierait des effets d'une procédure de traitement de la situation de surendettement au sens du livre VII du code de la consommation ; DIT n'y avoir lieu à application de l'article 700 du code de procédure civile ; CONDAMNE Madame [U] [P] aux dépens de la présente procédure ; RAPPELLE que la présente décision bénéficie de l'exécution provisoire de plein droit en toutes ses dispositions. Ainsi fait et prononcé les jour, mois et an susdits, siégeant Madame Catherine KRUMMER, présidant l'audience, assistée de Madame le greffier, qui ont signé la minute de la présente décision. Le Greffier La Juge des Contentieux de la Protection Virginie HOPP Catherine KRUMMER
Texte intégral
N° RG 26/02096 - N° Portalis DB2E-W-B7K-OG5I TRIBUNAL JUDICIAIRE DE STRASBOURG 11ème Chambre Civile, Commerciale et des Contentieux de la Protection [Adresse 1] [Adresse 1] [Localité 1] 11ème civ. S2 N° RG 26/02096 - N° Portalis DB2E-W-B7K-OG5I Minute n° ☐ Copie exec. à : Me Fabienne DIEBOLD-STROHL ☐ Copie c.c à la Préfecture Le Le Greffier Me Fabienne DIEBOLD-STROHL RÉPUBLIQUE FRANÇAISE AU NOM DU PEUPLE FRANÇAIS JUGEMENT DU 24 JUILLET 2026 DEMANDERESSE : OPHEA, anciennement CUS HABITAT Office Public de l’Habitat de l’Eurométropole de [Localité 1] représenté par son Directeur Général [Adresse 2] représentée par Me Fabienne DIEBOLD-STROHL, avocat au barreau de STRASBOURG, vestiaire : 168 DEFENDEUR : Madame [U] [P] demeurant [Adresse 3], [Localité 1] non comparante, non représentée OBJET : Baux d’habitation - Demande en paiement des loyers et des charges et/ou tendant à faire prononcer ou constater la résiliation pour défaut de paiement ou défaut d’assurance et ordonner l’expulsion COMPOSITION DU TRIBUNAL : Catherine KRUMMER, Juge des Contentieux de la Protection Virginie HOPP, Greffière [V] [F], Greffier stagiaire DÉBATS : A l'audience publique du 29 Mai 2026 à l’issue de laquelle le Président, Catherine KRUMMER, Juge des Contentieux de la Protection, a avisé les parties que le jugement serait prononcé par mise à disposition au greffe à la date du 24 Juillet 2026. JUGEMENT Réputé contradictoire en premier ressort, Rendu par mise à disposition au greffe, Signé par Catherine KRUMMER, Juge des Contentieux de la Protection et par Virginie HOPP, Greffière N° RG 26/02096 - N° Portalis DB2E-W-B7K-OG5I EXPOSE DU LITIGE Par acte sous-seing privé du 1er février 2018, CUS Habitat, devenu OPHEA, a donné en location à Madame [U] [P] un logement situé [Adresse 3] à [Localité 1] moyennant un loyer de 399.40 euros outre provisions sur charges comprise, payable à terme échu, les trois premiers jours du mois suivant. Par courrier du 5 juin 2025, OPHEA a notifié, par exploit de commissaire de justice délivré le 19 août 2025 à Madame [U] [P], un congé pour le 30 septembre 2025 pour « non-paiement de loyers et accessoires » auquel est joint le décompte des sommes dues pour 3233.14 euros, échéance de mai 2025 incluse, ainsi que les dispositions de l'article 4 de la loi du 1er septembre 1948. Par assignation délivrée le 6 janvier 2026, OPHEA a fait citer Madame [U] [P] devant le juge des contentieux de la protection du tribunal judiciaire de Strasbourg aux fins de constat de la régularité du congé, du prononcé de la déchéance de tout droit au maintien dans les lieux, d'expulsion de la locataire et sa condamnation au paiement de la dette locative et indemnités d'occupation. A l'audience du 29 mai 2026, OPHEA, dûment représentée, a repris les termes de son acte introductif d'instance aux fins de voir : - Constater que le congé délivré est régulier, - Prononcer la déchéance de la défenderesse de tout droit au maintien dans les lieux, en application de l'article 10-1 de la loi du 1er septembre 1948, - Condamner Madame [U] [P] ainsi que tout occupant de son chef à restituer les locaux occupés [Adresse 3] à [Localité 1]. - Prononcer, à titre subsidiaire, la résiliation judiciaire du bail liant les parties, conformément aux articles 1184 et 1741 du code civil, - Condamner Madame [U] [P] à lui payer la somme de 6169.25 euros à titre d'arriérés de loyers et accessoires avec les intérêts légaux à compter de l'assignation, conformément à l'article 1728 du code civil, et à payer les arriérés de loyers et charges nés entre l'assignation et la date de l'audience, - Condamner en tout état de cause Madame [U] [P] à lui payer les loyers et charges jusqu'à la résiliation du bail par le tribunal, en quittances et deniers, - Condamner Madame [U] [P] à lui payer à titre d'indemnité d'occupation, le montant de 483.02 euros (loyer augmenté des charges et prestations fournies) augmenté des intérêts légaux à compter de chaque échéance et jusqu'à évacuation des locaux, sous réserve des augmentations légales ultérieures et ce à compter de la date de résiliation du bail, conformément à l'article 1142 du code civil, - Condamner Madame [U] [P] à lui payer la somme de 650.00 euros au titre de l'article 700 du code de procédure civile, - Condamner Madame [U] [P] aux entiers dépens, - Déclarer le jugement à intervenir exécutoire par provision. OPHEA fait valoir que la mauvaise foi de Madame [U] [P] est démontrée en ce qu'elle n'exécute pas une de ses obligations principales, vu l'arriéré de loyers accumulé, de sorte qu'elle doit être déchue du droit au maintien dans les lieux, réservé aux occupants de bonne foi. Elle précise que la dette locative s'élève au 19 mai 2026 à la somme de 8661.13 euros. Madame [U] [P] n'a pas donné suite aux rendez-vous proposés par l'enquêteur social. La Commission de coordination des actions de prévention des expulsions locatives (CCAPEX) a été saisie le 21 octobre 2024. L'assignation a été notifiée le 22 octobre 2025 à l'autorité préfectorale. Citée par dépôt à l'étude, Madame [U] [P] ne s'est ni présenter ni fait représenter. Susceptible d'appel le jugement sera réputé contradictoire conformément à l'article 473 du code de procédure civile. La décision a été mise en délibéré au 24 juillet 2026 par mise à disposition au greffe. MOTIFS DE LA DECISION Conformément à l'article 472 du code de procédure civile, si le défendeur ne comparaît pas, il est néanmoins statué au fond, et le juge ne fait droit à la demande que s'il l'estime régulière, recevable et bien fondée. Sur le congé. En application de l'article L 442-6 du Code de la Construction et de l'Habitation, les dispositions du chapitre premier, à l'exclusion de l'article 11, du titre premier de la loi du 1er septembre 1948 sur le maintien dans les lieux sont applicables au présent contrat de bail. L'article 4, inclus dans le chapitre premier du titre premier de ladite loi, dispose que : « les occupants de bonne foi des locaux définis à l'article 1er bénéficient de plein droit et sans l'accomplissement d'aucune formalité, du maintien dans les lieux loués, aux clauses et conditions du contrat primitif non contraires aux dispositions de la présente loi, quelle que soit la date de leur entrée dans les lieux. Sont réputés de bonne foi les locataires, sous-locataires, cessionnaires de baux, à l'expiration de leur contrat, ainsi que les occupants qui, habitant dans les lieux en vertu ou en suite d'un bail écrit ou verbal, d'une sous-location régulière, d'une cession régulière d'un bail antérieur, d'un échange opéré dans les conditions légales, exécutent leurs obligations. L'acte par lequel le bailleur notifie au locataire qu'il met fin au contrat de louage et qui entraîne l'application des dispositions précédentes doit, à peine de nullité, reproduire les dispositions des deux alinéas précédents et préciser qu'il ne comporte pas en lui-même obligation d'avoir à quitter effectivement les lieux. (...) » Le congé délivré au visa de l'article 4 de la loi du 1er septembre 1948 n'est pas un congé ordinaire en ce qu'il a pour particularité de mettre fin aux rapports contractuels découlant d'un contrat de bail pour leur substituer des rapports légaux résultant du droit au maintien dans les lieux, prévu en faveur des locataires de bonne foi qui exécutent leurs obligations. En l'espèce, le congé a été notifié Madame [U] [P] pour le 30 septembre 2025 par courrier recommandé du 5 juin 2025 avec accusé réception retourné avec la mention « pli non réclamé », puis notifié par exploit de commissaire de justice le 19 août 2025 au vu des impayés de loyers au 5 juin 2025 pour un montant de 3233.14 euros. La défenderesse a été invitée à prendre attache avec le gestionnaire de sa situation pour régulariser l'impayé à défaut de quoi OPHEA engagerait une procédure pour faire constater sa mauvaise foi et solliciter la déchéance de son droit au maintien dans les lieux, avec comme conséquence son évacuation du logement. Madame [U] [P], non comparante, ne produit aucun élément de nature à contester la régularité cet acte. Le congé ayant pris effet le 30 septemnbre 2025, la résiliation du bail sera constatée à cette date. Sur la déchéance du droit au maintien dans les lieux. Le droit au maintien dans les lieux ne bénéficie qu'aux occupants de bonne foi ; le bailleur peut donc demander la déchéance de ce droit s'il démontre la mauvaise foi des occupants. La bonne foi suppose le paiement régulier du loyer, obligation première et essentielle du locataire conformément à l'article 1728 du code civil, repris par l'article 7 a) de la loi n°89-462 du 6 juillet 1989. Il appartient au juge de rechercher si le manquement à cette obligation est suffisamment grave pour caractériser la mauvaise foi des occupants et justifier la déchéance de leur droit au maintien dans les lieux. L'appréciation doit être faite au jour de la demande. En l'espèce, la demande de déchéance a été faite à la date de l'assignation, soit le 6 janvier 2026 réitérée à l'audience. À cette date, les impayés de loyers et charges s'élevaient à la somme de 6169.25 euros (échéance du mois de novembre 2025 incluse) selon extrait de compte du 19 mai 2026. Compte tenu de ce montant et de l'ancienneté de la dette locative, le compte étant constamment débiteur, le manquement à l'obligation de payer les loyers et charges aux termes convenus est suffisamment grave pour retenir la mauvaise foi de Madame [U] [P]. Madame [U] [P] sera donc déchue de son droit au maintien dans les lieux. Sur la demande en paiement. En application des articles 1728 2° du code civil, le locataire est principalement tenu, notamment, de payer le loyer et les charges récupérables aux termes convenus. En l'espèce il ne sera pas tenu compte de la dette actualisé au 19 mai 2026 d'un montant de 8661.13 euros compte tenu de l'absence de justificatif de la communication du décompte à Madame [U] [P] conformément aux dispositions de l'article 132 du code de procédure civile. Au vu du décompte produit contradictoirement, Madame [U] [P] sera condamnée au règlement en deniers ou quittances de la somme de 6169.25 euros, correspondant au montant de l'arriéré de loyers, charges et indemnités d'occupation au 30 novembre 2025, échéance de novembre 2025, incluse avec les intérêts au taux légal à compter de la présente décision. Sur l'indemnité d'occupation. L'indemnité d'occupation a un caractère mixte indemnitaire et compensatoire dans la mesure où elle est destinée à la fois à rémunérer le propriétaire de la perte de jouissance du local et à l'indemniser du trouble subi du fait de l'occupation illicite de son bien. Elle entre dans le champ d'application de l'article 1231-5 du code civil, qui permet au juge, même d'office, de modérer une clause pénale manifestement excessive. En conséquence de l'acquisition de la clause résolutoire et de l'expulsion, Madame [U] [P] sera condamnée au paiement d'une somme de 483.02 euros pour la période courant depuis la date de résiliation du contrat soit le 30 septembre 2025 à minuit à compter de laquelle elle est devenue occupante sans droit ni titre et ce jusqu'à la libération effective et définitive des lieux caractérisée par la remise des clefs. Cette indemnité mensuelle d'occupation sera fixée au montant du loyer augmenté des charges tel qu'il aurait été dû si le bail s'était poursuivi. Le montant sera révisé conformément au bail. Conformément à l'article 1231-7 du code civil, cette condamnation produira intérêts au taux légal à compter de la date d'exigibilité de chacune de ces indemnités, qui seront dues à terme échu au dernier jour de chaque mois. Cette créance ne sera toutefois due, le cas échéant, que sous déduction des sommes auxquelles de Madame [U] [P] est déjà condamnée au titre de l'arriéré des loyers, charges et indemnités d'occupation dus pour 6169.25 euros, en considération de la date de l'acquisition des effets de la clause résolutoire fixée au 30 septembre 2025 à minuit. Sur l'incidence d'une procédure de surendettement. Il résulte de l'article 24 V de la loi n°89-462 du 06 juillet 1989 que le juge invite les parties à lui produire tous éléments relatifs à l'existence d'une procédure de traitement du surendettement au sens du livre VII du code de la consommation. Le juge n'a recueilli à l'audience aucun élément de nature à indiquer que Madame [U] [P] faisait l'objet actuellement d'une procédure de traitement de la situation de surendettement au sens du livre VII du code de la consommation. Sur les dépens et l'article 700 du code de procédure civile. Madame [U] [P], qui succombe, sera tenue aux entiers dépens de l'instance. Il n'est pas inéquitable de laisser à la charge de OPHEA les frais irrépétibles exposés. En application du nouvel article 514 du Code de Procédure Civile les décisions de première instance introduites à compter du 1er janvier 2020 sont, de droit, exécutoires à titre provisoire à moins que la loi ou la décision rendue n'en dispose autrement. En l'espèce il n'y pas lieu d'écarter l'exécution provisoire. PAR CES MOTIFS La Vice-Présidente des Contentieux de la Protection, statuant par mise à disposition au greffe, par décision réputée contradictoire et en premier ressort : CONSTATE la résiliation au 30 septembre 2025 par suite du congé, du contrat de bail conclu entre OPHEA, d'une part, et Madame [U] [P] d'autre part, portant sur un logement [Adresse 3] à [Localité 1] ; PRONONCE la déchéance de Madame [U] [P] de son droit au maintien dans les lieux ; ORDONNE en conséquence l'expulsion de Madame [U] [P] des locaux visés ci-dessus et de tous occupants de son chef, avec le concours de la force publique et l'assistance d'un serrurier si nécessaire, faute de délaissement volontaire des lieux au plus tard deux mois après la signification du commandement d'avoir à libérer les locaux (articles L 412-1 du code des procédures civiles d'exécution) ; DIT que les meubles et objets se trouvant sur les lieux suivront le sort prévu par les articles L 433-1 et 433-2 du code des procédures civiles d'exécution ; CONDAMNE Madame [U] [P] à verser à OPHEA, en deniers ou quittances, la somme de 6169.25 euros (six mille cent soixante-neuf euros et vingt-cinq centimes) au titre solde du compte locataire au 30 novembre 2025, échéance de novembre 2025 incluse, outre intérêts au taux légal à compter de la présente décision ; CONDAMNE Madame [U] [P] à payer à l'OPHEA une indemnité d'occupation équivalente au montant du loyer et des avances sur charges qui aurait été dû si le bail n'avait pas été résilié, soit 483.02 euros par mois (quatre cent quatre-vingt-trois euros et deux centimes), cette indemnité se substituant aux loyers et aux charges à compter du 30 septembre 2025 à minuit, date de la résiliation du bail, jusqu'au départ volontaire ou à défaut l'expulsion des lieux, avec intérêts au taux légal à compter de la date d'exigibilité de chacune de ces indemnités qui seront dues à terme échu au dernier jour de chaque mois. Cette créance ne sera toutefois due, le cas échéant, que sous déduction des sommes auxquelles de Madame [U] [P] est déjà condamnée au titre de l'arriéré des loyers, charges et indemnités d'occupation dus pour 6169.25 euros, en considération de la date de résiliation du bail ; CONSTATE qu'aucun élément des débats ne permet de retenir que Madame [U] [P] bénéficierait des effets d'une procédure de traitement de la situation de surendettement au sens du livre VII du code de la consommation ; DIT n'y avoir lieu à application de l'article 700 du code de procédure civile ; CONDAMNE Madame [U] [P] aux dépens de la présente procédure ; RAPPELLE que la présente décision bénéficie de l'exécution provisoire de plein droit en toutes ses dispositions. Ainsi fait et prononcé les jour, mois et an susdits, siégeant Madame Catherine KRUMMER, présidant l'audience, assistée de Madame le greffier, qui ont signé la minute de la présente décision. Le Greffier La Juge des Contentieux de la Protection Virginie HOPP Catherine KRUMMER
Décisions proches
Celles qui citent les mêmes textes rares que celle-ci (code civil 1741, code civil 1142, code de procedure civile 132, code de la construction et de l'habitation L442-6, code des procedures civiles d'execution 433-2). Sans IA : les citations relevées dans les décisions.
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en commun : code civil 1741, code civil 1142, code de procedure civile 132, code de la construction et de l'habitation L442-6, code des procedures civiles d'execution 433-2
- 3 juillet 2026 · Tribunal judiciaire de Strasbourg · Expulsion "ferme" ordonnée au fond (sans suspension des effets de la clause résolutoire) · n° 26/00006
en commun : code civil 1741, code civil 1142, code de la construction et de l'habitation L442-6, code des procedures civiles d'execution 433-2
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en commun : code civil 1741, code civil 1142, code de la construction et de l'habitation L442-6, code des procedures civiles d'execution 433-2
- 3 juillet 2026 · Tribunal judiciaire de Strasbourg · Expulsion "conditionnelle" ordonnée au fond avec suspension des effets de la clause résolutoire · n° 26/00014
en commun : code civil 1741, code civil 1142, code de la construction et de l'habitation L442-6, code des procedures civiles d'execution 433-2
- 7 juillet 2026 · Tribunal judiciaire de Strasbourg · Expulsion "conditionnelle" ordonnée au fond avec suspension des effets de la clause résolutoire · n° 26/00007
en commun : code civil 1741, code civil 1142, code de la construction et de l'habitation L442-6, code des procedures civiles d'execution 433-2
- 24 juillet 2026 · Tribunal judiciaire de Strasbourg · Expulsion "conditionnelle" ordonnée au fond avec suspension des effets de la clause résolutoire · n° 26/02101
en commun : code civil 1741, code civil 1142, code de la construction et de l'habitation L442-6, code des procedures civiles d'execution 433-2
- 31 juillet 2026 · Tribunal judiciaire de Strasbourg · Expulsion "conditionnelle" ordonnée au fond avec suspension des effets de la clause résolutoire · n° 26/00021
en commun : code civil 1741, code civil 1142, code de la construction et de l'habitation L442-6, code des procedures civiles d'execution 433-2
- 31 juillet 2026 · Tribunal judiciaire de Strasbourg · Expulsion "conditionnelle" ordonnée au fond avec suspension des effets de la clause résolutoire · n° 26/00024
en commun : code civil 1741, code civil 1142, code de la construction et de l'habitation L442-6, code des procedures civiles d'execution 433-2
Mise à jour de la source le 2026-07-31T06:03:05.617Z.