Tribunal judiciaire de Paris, PCP JCP fond, 1 septembre 2026, n° 26/01548
Exposé du litige
EXPOSE DU LITIGE Par contrat sous seing privé en date du 1er juin 2018, la SAS HENEO a donné à bail à Madame [E] [P] un appartement à usage d’habitation situé au [Adresse 3], pour une redevance mensuelle de 487,43 euros charges comprises, d'une durée d'un mois reconductible dans la limite de 36 mois. Se prévalant du dépassement de la durée maximale de séjour, la SAS HENEO s'est prévalue de la résiliation du bail par courrier en date du 3 août 2023. Le locataire s'étant maintenu dans les lieux, il a été délivré à Madame [E] [P] un congé par acte de commissaire de justice en date du 24 juillet 2025 visant la résiliation de plein droit du titre d'occupation à effet du 31 octobre 2025. Par acte de commissaire de justice en date du 27 novembre 2025, la SAS HENEO a fait assigner Madame [E] [P] devant le juge des contentieux de la protection de [Localité 1] aux fins de voir, sous le bénéfice de l'exécution provisoire : -constater la résiliation du contrat de bail liant les parties depuis le 31 octobre 2025, -ordonner l'expulsion sans délai du preneur et de tout occupant de son chef avec le concours de la force publique si besoin est, et avec séquestration des meubles, -condamner Madame [E] [P] à lui payer une indemnité d'occupation jusqu'à libération effective des lieux d'un montant mensuel égal au montant de la redevance si le bail s'était poursuivi, -condamne le défendeur à lui payer la somme de 500 euros sur le fondement de l'article 700 du code de procédure civile, outre aux entiers dépens comprenant le coût du congé. L’affaire a été appelée et retenue à l'audience du 3 juin 2026. A l’audience, la SAS HENEO, représentée par son conseil, a sollicité le bénéfice de son acte introductif d'instance. Madame [E] [P] a comparu en personne et a sollicité un délai pour quitter les lieux d’une année. La décision a été mise en délibéré par mise à disposition au greffe au 1er septembre 2026.
Motifs
MOTIFS DE LA DECISION A titre liminaire sur le statut juridique applicable au titre d'occupation litigieux, il convient de rappeler que le logement occupé par Madame [E] [P] est soumis à la législation des logements-foyers résultant des articles L.633-1 et suivants du code de la construction et de l'habitation. Ainsi, il est soumis à une réglementation spécifique qui exclut le droit au maintien dans les lieux de l’occupant et il échappe aux dispositions protectrices de l’article L.632-1 du code de la construction et de l’habitation en vertu de l’article L.632-3 du même code ainsi qu'au titre Ier bis précité de la loi du 6 juillet 1989 en vertu de l’article 25-3 de la loi du 6 juillet 1989. Sur la résiliation du titre d'occupation Aux termes de l'article 1224 du code civil, la résolution d'un contrat résulte soit de l'application d'une clause résolutoire soit, en cas d'inexécution suffisamment grave, d'une notification du créancier au débiteur ou d'une décision de justice. L'article 1229 du même code précise que lorsque les prestations échangées ont trouvé leur utilité au fur et à mesure de l'exécution réciproque du contrat, il n'y a pas lieu à restitution pour la période antérieure à la dernière prestation n'ayant pas reçu sa contrepartie et que, dans ce cas, la résolution est qualifiée de résiliation. L'article 1225 précise qu'en présence d'une clause résolutoire, la résolution est subordonnée à une mise en demeure infructueuse s'il n'a pas été convenu que celle-ci résulterait du seul fait de l'inexécution. En matière de logement foyer plus précisément, en application de l'article L.633-2 du code de la construction et de l'habitation, le contrat est conclu pour une durée d'un mois et tacitement reconduit à la seule volonté de la personne logée. La résiliation du contrat par le gestionnaire ou le propriétaire ne peut intervenir que dans les cas suivants : - inexécution par la personne logée d'une obligation lui incombant au titre de son contrat ou d'un manquement grave ou répété au règlement intérieur ; - cessation totale d'activité de l'établissement ; - cas où la personne logée cesse de remplir les conditions d'admission dans l'établissement considéré. L'article R.633-3 du même code précise que le gestionnaire ou le propriétaire peut résilier le contrat dans l'un des cas prévus à l'article L. 633-2 sous réserve d'un délai de préavis : a) d'un mois en cas d'inexécution par la ou les personnes titulaires du contrat d'une obligation leur incombant au titre de ce contrat ou en cas de manquement grave ou répété au règlement intérieur. La résiliation peut être décidée pour impayé, lorsque trois termes mensuels consécutifs, correspondant au montant total à acquitter pour le logement, les charges et les prestations obligatoires et facultatives, sont impayés ou bien, en cas de paiement partiel, lorsqu'une somme au moins égale à deux fois le montant mensuel à acquitter pour le logement et les charges reste due au gestionnaire. b) de trois mois lorsque la personne logée cesse de remplir les conditions d'admission dans l'établissement telles qu'elles sont précisées dans le contrat ou lorsque l'établissement cesse son activité. Cet article précise les conditions de forme de la résiliation en indiquant que la résiliation du contrat est signifiée par huissier de justice ou notifiée par courrier écrit remis contre décharge ou par lettre recommandée avec avis de réception. Il est jugé au visa de ce texte que la mise en œuvre de la clause résolutoire du contrat de résidence d'un logement-foyer est subordonnée à la remise effective de la lettre de mise en demeure à son destinataire (Ccass Civ 3ème 1 décembre 2016, n° 15-27.795). En l'espèce, le bail conclu le 1er juin 2018 contient une clause résolutoire (article 7) en cas de dépassement du délai maximum de séjour fixée au contrat, soit 36 mois. Un congé, rappelant expressément la durée de séjour limitée à trois ans et se prévalant de la résiliation de plein droit du titre d'occupation a été régulièrement délivré le 24 juillet 2025, à effet du 31 octobre 2025, soit dans le délai légal de 3 mois lorsque la personne logée cesse de remplir les conditions d'admission dans l'établissement telles qu'elles sont précisées dans le contrat. Il sera ainsi constaté de la résiliation du bail au 31 octobre 2025. Madame [E] [P] étant sans droit ni titre depuis cette date, il convient d'ordonner son expulsion ainsi que l'expulsion de tous occupants de son chef, selon les modalités fixées au dispositif de la présente décision. Aucune circonstance particulière de l’espèce ne justifiant que le délai de deux mois prévu par les dispositions des articles L. 412-1 et suivants du code des procédures civiles d'exécution soit réduit ou supprimé, il convient d'indiquer que passé le délai de deux mois suivant la signification du commandement d'avoir à libérer les lieux, il pourra être procédé à cette expulsion, avec le concours de la force publique. Il sera rappelé enfin que le sort du mobilier garnissant le logement est prévu par les articles L.433-1 et suivants du code des procédures civiles d'exécution dont l’application relève, en cas de difficulté -laquelle n'est à ce stade que purement hypothétique-, de la compétence du juge de l’exécution et non de la présente juridiction. Sur la demande de délai pour quitter les lieux Aux termes des dispositions combinées des articles L.613-1 du code de la construction et de l'habitation, L.412-3, L.412-4, L.412-6 à L.412-8 du code des procédures civiles d'exécution, le juge peut accorder des délais aux occupants de locaux d'habitation dont l'expulsion a été ordonnée judiciairement chaque fois que le relogement des intéressés ne peut avoir lieu dans des conditions normales. Pour la fixation de ces délais, il doit notamment tenir compte de la bonne ou mauvaise volonté manifestée par l'occupant dans l'exécution de ses obligations, des situations respectives du propriétaire et de l'occupant, notamment en ce qui concerne l'âge, l'état de santé, la situation de famille ou de fortune de chacun d'eux ainsi que des diligences que l'occupant justifie avoir faites en vue de son relogement. La durée de ces délais ne peut être inférieure à un mois ni supérieure à un an. En l'espèce, Madame [E] [P] a fait état à l’audience d'une demande de logement social et de recherche de locations dans le secteur privé, sans toutefois en justifier. Il sera relevé en outre qu’elle a déjà bénéficié en pratique de larges délais, alors même que la SAS HENEO était en droit de se prévaloir de la résiliation du bail depuis près de cinq années pour son logement, dont la vocation est celle d'un hébergement temporaire. Il sera par ailleurs rappelé qu'elle bénéficiera de fait d'un nouveau délai durant lequel la mise à exécution de son expulsion ne sera pas possible, à savoir le délai légal de deux mois courant à compter du commandement de quitter les lieux de l'article L.412-1 du même code. En conséquence, il ne sera pas accordé de délai supplémentaire à Madame [E] [P]. Sur la demande en paiement au titre de l'indemnité d'occupation Le maintien dans les lieux postérieurement à la date d’expiration du bail constitue une faute civile ouvrant droit à réparation en ce qu'elle cause un préjudice certain pour le propriétaire dont l'occupation indue de son bien l'a privé de sa jouissance. Au delà de cet aspect indemnitaire, l'indemnité d'occupation, qui est également de nature compensatoire, constitue une dette de jouissance correspondant à la valeur équitable des locaux. En l’espèce, il n’est fait état d’aucun arriéré locatif à l’audience. Madame [E] [P] sera donc condamnée au paiement d'une indemnité mensuelle d’occupation pour la période courant du 3 juin 2026 à la date de la libération effective et définitive des lieux, égale au montant de la redevance et charges qui auraient été dus si le bail s'était poursuivi. Sur les demandes accessoires Madame [E] [P], partie perdante, supportera la charge des dépens en application de l'article 696 du code de procédure civile, qui comprendront notamment le coût du congé par commissaire de justice du 24 juillet 2025. Il sera alloué à la SAS HENEO la somme de 250 euros au titre de l'article 700 du code de procédure civile. Il sera rappelé que l'exécution provisoire est de droit, en application de l'article 514 du code de procédure civile.
Dispositif
PAR CES MOTIFS le juge des contentieux de la protection, statuant publiquement, après débats en audience publique, par jugement mis à disposition au greffe contradictoire et en premier ressort, CONSTATE que les conditions d’acquisition de la clause résolutoire figurant au bail conclu le 1er juin 2018 entre la SAS HENEO et Madame [E] [P] concernant l’appartement à usage d’habitation situé au [Adresse 3] sont réunies à la date du 31 octobre 2025 ; ORDONNE en conséquence à Madame [E] [P] de libérer les lieux et de restituer les clés dans le délai de quinze jours à compter de la signification du présent jugement ; DIT qu’à défaut pour Madame [E] [P] d’avoir volontairement libéré les lieux et restitué les clés dans ce délai, la SAS HENEO pourra, deux mois après la signification d’un commandement de quitter les lieux, faire procéder à son expulsion ainsi qu’à celle de tous occupants de son chef, y compris le cas échéant avec le concours d’un serrurier et de la force publique, dans les conditions prévues par les articles L. 412-1 et L. 412-2 du code des procédures civiles d’exécution ; DIT n'y avoir lieu à ordonner l'enlèvement, le transport et la séquestration des meubles éventuellement laissés sur place ; CONDAMNE Madame [E] [P] à verser à la SAS HENEO une indemnité mensuelle d’occupation d'un montant équivalent à celui de la redevance et des charges, telle qu'il aurait été si le contrat s'était poursuivi, à compter du 3 juin 2026 et jusqu’à la date de la libération effective et définitive des lieux (volontaire ou en suite de l'expulsion); CONDAMNE Madame [E] [P] à payer à la SAS HENEO la somme de 250 euros sur le fondement de de l'article 700 du code de procédure civile ; CONDAMNE Madame [E] [P] aux dépens, qui comprendront notamment le coût du congé par commissaire de justice; RAPPELLE que l'exécution provisoire est de droit. Ainsi jugé et prononcé par mise à disposition les jour, mois et an susdits par le Président et le Greffier susnommés. Le greffier, Le président.
Texte intégral
TRIBUNAL JUDICIAIRE DE [Localité 1] [1] [1] Copie conforme délivrée le : à : Madame [P] Copie exécutoire délivrée le : à : Maître BOUANANE Pôle civil de proximité ■ PCP JCP fond N° RG 26/01548 - N° Portalis 352J-W-B7J-DCCNK N° MINUTE : 8 JCP JUGEMENT rendu le mardi 01 septembre 2026 DEMANDERESSE S.A.S. HENEO, dont le siège social est sis [Adresse 1] représentée par Maître BOUANANE, avocat au barreau de Paris, vestiaire #E1971 DÉFENDEUR Madame [E] [P], demeurant [Adresse 2] comparante en personne COMPOSITION DU TRIBUNAL Romain BRIEC, Juge, juge des contentieux de la protection assisté de Laura JOBERT, Greffier, lors de l’audience DATE DES DÉBATS Audience publique du 03 juin 2026 JUGEMENT contradictoire, en premier ressort, prononcé par mise à disposition le 01 septembre 2026 par Romain BRIEC, Juge assisté de Stéphanie THELLIEZ, Cadre Greffier, lors du délibéré Décision du 01 septembre 2026 PCP JCP fond - N° RG 26/01548 - N° Portalis 352J-W-B7J-DCCNK EXPOSE DU LITIGE Par contrat sous seing privé en date du 1er juin 2018, la SAS HENEO a donné à bail à Madame [E] [P] un appartement à usage d’habitation situé au [Adresse 3], pour une redevance mensuelle de 487,43 euros charges comprises, d'une durée d'un mois reconductible dans la limite de 36 mois. Se prévalant du dépassement de la durée maximale de séjour, la SAS HENEO s'est prévalue de la résiliation du bail par courrier en date du 3 août 2023. Le locataire s'étant maintenu dans les lieux, il a été délivré à Madame [E] [P] un congé par acte de commissaire de justice en date du 24 juillet 2025 visant la résiliation de plein droit du titre d'occupation à effet du 31 octobre 2025. Par acte de commissaire de justice en date du 27 novembre 2025, la SAS HENEO a fait assigner Madame [E] [P] devant le juge des contentieux de la protection de [Localité 1] aux fins de voir, sous le bénéfice de l'exécution provisoire : -constater la résiliation du contrat de bail liant les parties depuis le 31 octobre 2025, -ordonner l'expulsion sans délai du preneur et de tout occupant de son chef avec le concours de la force publique si besoin est, et avec séquestration des meubles, -condamner Madame [E] [P] à lui payer une indemnité d'occupation jusqu'à libération effective des lieux d'un montant mensuel égal au montant de la redevance si le bail s'était poursuivi, -condamne le défendeur à lui payer la somme de 500 euros sur le fondement de l'article 700 du code de procédure civile, outre aux entiers dépens comprenant le coût du congé. L’affaire a été appelée et retenue à l'audience du 3 juin 2026. A l’audience, la SAS HENEO, représentée par son conseil, a sollicité le bénéfice de son acte introductif d'instance. Madame [E] [P] a comparu en personne et a sollicité un délai pour quitter les lieux d’une année. La décision a été mise en délibéré par mise à disposition au greffe au 1er septembre 2026. MOTIFS DE LA DECISION A titre liminaire sur le statut juridique applicable au titre d'occupation litigieux, il convient de rappeler que le logement occupé par Madame [E] [P] est soumis à la législation des logements-foyers résultant des articles L.633-1 et suivants du code de la construction et de l'habitation. Ainsi, il est soumis à une réglementation spécifique qui exclut le droit au maintien dans les lieux de l’occupant et il échappe aux dispositions protectrices de l’article L.632-1 du code de la construction et de l’habitation en vertu de l’article L.632-3 du même code ainsi qu'au titre Ier bis précité de la loi du 6 juillet 1989 en vertu de l’article 25-3 de la loi du 6 juillet 1989. Sur la résiliation du titre d'occupation Aux termes de l'article 1224 du code civil, la résolution d'un contrat résulte soit de l'application d'une clause résolutoire soit, en cas d'inexécution suffisamment grave, d'une notification du créancier au débiteur ou d'une décision de justice. L'article 1229 du même code précise que lorsque les prestations échangées ont trouvé leur utilité au fur et à mesure de l'exécution réciproque du contrat, il n'y a pas lieu à restitution pour la période antérieure à la dernière prestation n'ayant pas reçu sa contrepartie et que, dans ce cas, la résolution est qualifiée de résiliation. L'article 1225 précise qu'en présence d'une clause résolutoire, la résolution est subordonnée à une mise en demeure infructueuse s'il n'a pas été convenu que celle-ci résulterait du seul fait de l'inexécution. En matière de logement foyer plus précisément, en application de l'article L.633-2 du code de la construction et de l'habitation, le contrat est conclu pour une durée d'un mois et tacitement reconduit à la seule volonté de la personne logée. 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Il est jugé au visa de ce texte que la mise en œuvre de la clause résolutoire du contrat de résidence d'un logement-foyer est subordonnée à la remise effective de la lettre de mise en demeure à son destinataire (Ccass Civ 3ème 1 décembre 2016, n° 15-27.795). En l'espèce, le bail conclu le 1er juin 2018 contient une clause résolutoire (article 7) en cas de dépassement du délai maximum de séjour fixée au contrat, soit 36 mois. Un congé, rappelant expressément la durée de séjour limitée à trois ans et se prévalant de la résiliation de plein droit du titre d'occupation a été régulièrement délivré le 24 juillet 2025, à effet du 31 octobre 2025, soit dans le délai légal de 3 mois lorsque la personne logée cesse de remplir les conditions d'admission dans l'établissement telles qu'elles sont précisées dans le contrat. Il sera ainsi constaté de la résiliation du bail au 31 octobre 2025. Madame [E] [P] étant sans droit ni titre depuis cette date, il convient d'ordonner son expulsion ainsi que l'expulsion de tous occupants de son chef, selon les modalités fixées au dispositif de la présente décision. Aucune circonstance particulière de l’espèce ne justifiant que le délai de deux mois prévu par les dispositions des articles L. 412-1 et suivants du code des procédures civiles d'exécution soit réduit ou supprimé, il convient d'indiquer que passé le délai de deux mois suivant la signification du commandement d'avoir à libérer les lieux, il pourra être procédé à cette expulsion, avec le concours de la force publique. Il sera rappelé enfin que le sort du mobilier garnissant le logement est prévu par les articles L.433-1 et suivants du code des procédures civiles d'exécution dont l’application relève, en cas de difficulté -laquelle n'est à ce stade que purement hypothétique-, de la compétence du juge de l’exécution et non de la présente juridiction. Sur la demande de délai pour quitter les lieux Aux termes des dispositions combinées des articles L.613-1 du code de la construction et de l'habitation, L.412-3, L.412-4, L.412-6 à L.412-8 du code des procédures civiles d'exécution, le juge peut accorder des délais aux occupants de locaux d'habitation dont l'expulsion a été ordonnée judiciairement chaque fois que le relogement des intéressés ne peut avoir lieu dans des conditions normales. Pour la fixation de ces délais, il doit notamment tenir compte de la bonne ou mauvaise volonté manifestée par l'occupant dans l'exécution de ses obligations, des situations respectives du propriétaire et de l'occupant, notamment en ce qui concerne l'âge, l'état de santé, la situation de famille ou de fortune de chacun d'eux ainsi que des diligences que l'occupant justifie avoir faites en vue de son relogement. La durée de ces délais ne peut être inférieure à un mois ni supérieure à un an. En l'espèce, Madame [E] [P] a fait état à l’audience d'une demande de logement social et de recherche de locations dans le secteur privé, sans toutefois en justifier. Il sera relevé en outre qu’elle a déjà bénéficié en pratique de larges délais, alors même que la SAS HENEO était en droit de se prévaloir de la résiliation du bail depuis près de cinq années pour son logement, dont la vocation est celle d'un hébergement temporaire. Il sera par ailleurs rappelé qu'elle bénéficiera de fait d'un nouveau délai durant lequel la mise à exécution de son expulsion ne sera pas possible, à savoir le délai légal de deux mois courant à compter du commandement de quitter les lieux de l'article L.412-1 du même code. En conséquence, il ne sera pas accordé de délai supplémentaire à Madame [E] [P]. Sur la demande en paiement au titre de l'indemnité d'occupation Le maintien dans les lieux postérieurement à la date d’expiration du bail constitue une faute civile ouvrant droit à réparation en ce qu'elle cause un préjudice certain pour le propriétaire dont l'occupation indue de son bien l'a privé de sa jouissance. Au delà de cet aspect indemnitaire, l'indemnité d'occupation, qui est également de nature compensatoire, constitue une dette de jouissance correspondant à la valeur équitable des locaux. En l’espèce, il n’est fait état d’aucun arriéré locatif à l’audience. Madame [E] [P] sera donc condamnée au paiement d'une indemnité mensuelle d’occupation pour la période courant du 3 juin 2026 à la date de la libération effective et définitive des lieux, égale au montant de la redevance et charges qui auraient été dus si le bail s'était poursuivi. 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PAR CES MOTIFS le juge des contentieux de la protection, statuant publiquement, après débats en audience publique, par jugement mis à disposition au greffe contradictoire et en premier ressort, CONSTATE que les conditions d’acquisition de la clause résolutoire figurant au bail conclu le 1er juin 2018 entre la SAS HENEO et Madame [E] [P] concernant l’appartement à usage d’habitation situé au [Adresse 3] sont réunies à la date du 31 octobre 2025 ; ORDONNE en conséquence à Madame [E] [P] de libérer les lieux et de restituer les clés dans le délai de quinze jours à compter de la signification du présent jugement ; DIT qu’à défaut pour Madame [E] [P] d’avoir volontairement libéré les lieux et restitué les clés dans ce délai, la SAS HENEO pourra, deux mois après la signification d’un commandement de quitter les lieux, faire procéder à son expulsion ainsi qu’à celle de tous occupants de son chef, y compris le cas échéant avec le concours d’un serrurier et de la force publique, dans les conditions prévues par les articles L. 412-1 et L. 412-2 du code des procédures civiles d’exécution ; DIT n'y avoir lieu à ordonner l'enlèvement, le transport et la séquestration des meubles éventuellement laissés sur place ; CONDAMNE Madame [E] [P] à verser à la SAS HENEO une indemnité mensuelle d’occupation d'un montant équivalent à celui de la redevance et des charges, telle qu'il aurait été si le contrat s'était poursuivi, à compter du 3 juin 2026 et jusqu’à la date de la libération effective et définitive des lieux (volontaire ou en suite de l'expulsion); CONDAMNE Madame [E] [P] à payer à la SAS HENEO la somme de 250 euros sur le fondement de de l'article 700 du code de procédure civile ; CONDAMNE Madame [E] [P] aux dépens, qui comprendront notamment le coût du congé par commissaire de justice; RAPPELLE que l'exécution provisoire est de droit. 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- 1 septembre 2026 · Tribunal judiciaire de Paris · Fait droit à une partie des demandes du ou des demandeurs sans accorder de délais d'exécution au défendeur · n° 26/01535
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Mise à jour de la source le 2026-09-02T18:32:38.150Z.