Tribunal des activités économiques de Paris, Audience publique de vacation, 22 juillet 2026, n° 2026049354
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Exposé du litige
LES FAITS Créé en 1986 par M. [Q] [I], le groupe BAC FILMS est un acteur de l'industrie cinématographique européenne spécialisé dans la distribution, la vente internationale et la production de films. A partir de 1988, il a fait partie du groupe Vivendi avant d'être introduit en bourse en 2000 sous le nom de BAC MAJESTIC. En 2013, il sort de la cotation pour devenir un groupe indépendant sous le nom de BAC FILMS, dirigé par M. [O] [J]. Il s'est imposé comme une référence du cinéma indépendant en Europe et l'un des distributeurs emblématiques du paysage cinématographique français avec plus de 550 films distribués depuis sa création. La société BAC FILMS FRANCE (ci-après désignée « BAC FILMS FRANCE ») constitue la holding du Groupe. Elle est détenue par BAC FILMS INTERNATIONAL S.A., société de droit luxembourgeois, elle-même contrôlée par le fonds d'investissement Cinéma SCA SICAV RAIF. * BAC FILMS FRANCE, est la Holding du Groupe, avec une équipe de 2 salariés à temps plein. Elle tire ses revenus des sociétés opérationnelles, en particulier la principale société BAC FILMS DISTRIBUTION. BAC FILMS DISTRIBUTION employant 13 salariés, opère dans le secteur spécifique de la distribution cinématographique. Dans la chaine de valeur du cinéma, son rôle intervient après la Production : le producteur qui finance le film cède ensuite ses droits à un distributeur. MEDIAVORE 2 s'occupe de la régie publicitaire interne au Groupe, avec 1 salariée, chargée de la commercialisation des espaces publicitaires pour le compte de BAC FILMS DISTRIBUTION. La société BAC FILMS FRANCE détient 10% de la société ZINC (hors périmètre du redressement judiciaire). Les éléments financiers Groupe BAC FILMS […] iource : Balances generales des Societes Société MEDIAVORE […] Source : Balances générales de la société MEDIAVORE assure la régie publicitaire interne au groupe BAC FILMS et est chargée de la commercialisation des espaces publicitaires pour le compte de la société BAC FILMS DISTRIBUTION. Le chiffre d'affaires s'est élevé en 2024 à 894 k€ contre 634 k€ en 2023 avec une marge brute de 81 k€. Les charges d'exploitation sont principalement composées de charges de personnel. L'EBITDA ressort positif à hauteur de 38 k€. Passif de la procédure MEDIAVORE Le passif est d'un montant de 209 k€ dont 54 k€ contesté, soit 155 k€ résiduel. Il est composé principalement de dettes fournisseurs pour 139 k€ en résiduel. […] ORIGINE DES DIFFICULTES Les difficultés du groupe sont liées à plusieurs facteurs exogènes et endogènes : Le caractère incertain du marché avec des échecs commerciaux non prévisibles ; La diminution des aides à la distribution du Centre National du Cinéma (CNC) ; La concentration du marché dominé par des groupes intégrés tels que UGC, PATHE ou [Adresse 17] ; Les difficultés liées au financement du BFR ; Les mesures engagées dès le premier trimestre 2024 n'ont pas suffi à redresser l'ensemble des trois sociétés du groupe : Recherche de nouveaux partenaires stratégiques et de nouveaux financements ; Report de sortie de films en salle pour limiter les dépenses court terme ; Rétrocession à l'amiable de droits sur certains films pour réduire le BFR et ajuster les projets au financement disponible ; Effort du dirigeant pour limiter sa rémunération ; Dans ce contexte, le groupe BAC FILMS et ses trois sociétés BAC FILMS France, BAC FILMS DISTRIBUTION, MEDIAVORE ont sollicité l'ouverture d'une procédure de redressement judiciaire à laquelle le tribunal des activités économiques de Paris a fait droit par jugement en date du 29 avril 2025. PERIODE D'OBSERVATION Le début de la période d'observation a été consacrée à la recherche de financement afin que les sociétés puissent présenter un plan de redressement. Des discussions ont été initiées avec le fonds d'investissement AM INVESTMENT portant sur un financement de 7,7 m€ sous forme d'augmentation de capital. Des négociations ont également été engagées avec le groupe D MEDIA pour un rapprochement commercial et un apport de fonds de l'ordre de 4,7 m€. Cependant, à défaut de visibilité sur l'une ou l'autre solution, il a été convenu de rechercher une solution alternative avec la mise en place d'un processus de recherche de repreneurs. APPEL D'OFFRES L'administrateur judiciaire a lancé un appel d'offres de repreneurs en plan de cession en publiant des annonces sur les plateformes électroniques LinkedIn et Mayday, sur les sites du CNAJMJ et ASPAJ et dans le journal les Echos du 13 mai 2026. La date limite de dépôt des offres a été fixée au1er juin 2026. 32 candidats à la reprise ont eu accès à la data room. A l'expiration de la date limite de dépôt des offres, l'administrateur judiciaire a réceptionné six offres de reprise en plan de cession : CYD PARTNERS, HLM CONSEIL, [D], D MEDIA, AD VITAL, [T]. Un autre candidat a remis une offre uniquement sur l'acquisition des titres de la société ZINC détenue à 10% qui n'a pas été étudiée, ne s'agissant pas d'une offre en plan de cession. Dans sa note complémentaire du 9 juillet 2026, l'administrateur judiciaire expose que dans le délai légal d'amélioration des offres, les candidats CYD PARTNERS, D MEDIA, AD VITAM, [T] et [D] se sont désistés. Cette dernière a maintenu son offre sur les actifs de BAC FILMS DISTRIBUTION. Seule la société [Adresse 1] a présenté une offre portant sur la reprise des actifs et activités des 3 sociétés BAC FILMS DISTRIBUTION, BAC FILMS FRANCE et MEDIAVORE (cette offre étant indivisible). Présentation de la société [Adresse 1] HLM CONSEIL, société à responsabilité limitée au capital de 5 000,00 €, immatriculée au registre du commerce et des sociétés de Paris sous le numéro 980 536 700, dont le siège social se trouve au [Adresse 18] à Paris (75016) et représentée par Monsieur [L] [X] en qualité de gérant. Créée en 2023, HLM Conseil exerce deux activités : Conseil financier (notamment comme prestataire de service pour le compte de Messier & Associés, banque d'affaires parisienne dont M. [X] est associé); Véhicule d'investissement familial, notamment en immobilier au travers de filiales de marchands de biens ([Adresse 19] et HLM Investering aux Pays-Bas), avec plus de 2 m€ d'opérations engagées en fonds propres ; L'organigramme du candidat se présente comme suit Les résultats financiers de [Adresse 1] […] Un projet de pérennisation et de valorisation du catalogue existant HLM CONSEIL dispose d'un Service commercial et activation marketing B2B dédiés intégralement aux diffuseurs TV, VOD, éditeurs vidéographiques, rétrospectives et festivals. Son moteur technologique « IA natif » propriétaire central automatise l'ensemble de la chaine de gestion (royalties, reddition de comptes etc.) et des activités de prospection (veilles catalogues et échéance des mandats de distribution). Elle compte développer le nombre de films exploités par des nouveaux mandats, des accords de codistribution et l'acquisition de nouveaux portefeuilles. Périmètre et prix de cession Offres sur les actifs corporels et incorporels des sociétés BAC FILMS DISTRIBUTION, BAC FILMS France et MEDIAVORE, les offres étant indivisibles. Le candidat propose un prix de cession pour les actifs des 3 sociétés de 130 104 € ventilé comme suit : * Pour MEDIAVORE : Actifs incorporels 1€ Actifs corporels 1€ Total 2€ * Pour BAC FILMS FRANCE : Total 45 002€ créances€ Titres de filiales reprises et 45 000 Actifs corporels 1€ Actifs incorporels 1€ * Pour BAC FILMS DISTRIBUTION : Actifs incorporels 75 000€ Films grevés 100€ Actifs corporels 5 000 € Stock vidéo 5 000 € Total 85 100€ Volet social […] * Le candidat reprend le salarié en CDI de MEDIAVORE Financement de la reprise des actifs des trois sociétés Le candidat entend financer la reprise à hauteur 400 000 € à travers : * Une souscription en fonds propres à hauteur de 150 000 €, montant qui sera intégralement libéré dans les dix jours ouvrés suivant la date d'entrée en jouissance ; Un apport en compte courant d'associé d'un montant de 250 000 €, apport qui sera bloqué pour une durée de trois ans et intégralement versé dans les dix jours ouvrés suivant la date d'entrée en jouissance ; Le candidat prévoit également une capacité d'investissement de 180 000 € sur les 3 premiers exercices, notamment : Dans la digitalisation IA des outils d'exploitation pour 30 000 € ; Dans l'acquisition de nouveaux portefeuilles de droits qui alimenteront, aux côtés des autres canaux d'acquisitions de droits, la croissance du portefeuille pour 150 000 € ; Le candidat indique disposer d'une trésorerie de 1 100 k€. Prévisionnel d'activité des activités reprises […] Tableau de financement […] Organigramme juridique de la reprise Le 8 juin 2026, la SELARL AJUP en la personne de Me [C] [E] a déposé au greffe un rapport aux fins d'arrêt de plan de cession de l'entreprise conformément aux dispositions de l'article L.631-22 du code de commerce. Le débiteur, le représentant des salariés et les co-contractants ont été appelés à comparaître en chambre du conseil du 10 juillet 2026 par lettre recommandée avec demande d'avis de réception en date du 19/06/2026 en application des articles R.631-40 et R.642-3 du code de commerce. L'administrateur, le mandataire judiciaire et le Procureur de la République ont été avisés de la date de l'audience. Les repreneurs ont été convoqués par lettre simple en date du 19/06/2026. L'administrateur judiciaire a déposé au greffe en date du 9 juillet 2026 une note complémentaire à son rapport, portant sur les offres de reprise en plan de cession. A l'issue de cette audience, le président a clos les débats et a annoncé qu'un jugement serait prononcé par sa mise à disposition au greffe le 22 juillet 2026. LES MOYENS A l'audience du 10 juillet 2026 : Le candidat repreneur [Adresse 1] L'offre porte sur les actifs des sociétés BAC FILMS DISTRIBUTION, BAC FILMS FRANCE et MEDIAVORE, cette offre est indivisible. Le nombre de salariés repris est de 1 salarié pour MEDIAVORE. Les droits acquis par le salarié avant et après la procédure seront repris. Le chèque de banque a été remis à l'audience. Le dirigeant confirme un prix de cession de 2 € pour MEDIAVORE et un prix global de 130 104 € pour les actifs des 3 sociétés BAC FILMS DISTRIBUTION, BAC FILMS FRANCE et MEDIAVORE. L'objectif de la reprise est de développer les activités de ce groupe indépendant dans l'univers du cinéma en poursuivant une gestion optimisée de la distribution des catalogues. L'administrateur judiciaire, considère que l'offre ne respecte qu'une partie des critères légaux posés par l'article L.642-1 du code de commerce. L'offre est notoirement insuffisante au regard du prix proposé avec la reprise de quelques salariés sur l'ensemble du groupe et du seul salarié pour MEDIAVORE. Cependant, l'offre de la société [Adresse 1] qui porte sur les actifs des 3 sociétés, donne plus de chance de pérenniser les activités de ce groupe indépendant dans l'univers du cinéma alors même que le prix de cession est notoirement insuffisant et que la reprise des salariés est très faible. En conséquence, l'administrateur judiciaire émet un avis favorable à la reprise des actifs et des activités de MEDIAVORE par la société [Adresse 1]. Le mandataire judiciaire, précise que le prix de cession est tout à fait symbolique et ne permettra aucun désintéressement des créanciers mais l'offre de la société HLM CONSEIL semble de nature à préserver la pérennité des activités. Le mandataire judiciaire émet un avis favorable à la reprise des actifs de la société MEDIAVORE par la société [Adresse 1]. Le dirigeant, du groupe BAC FILMS indique que les équipes ont beaucoup travaillé sur la recherche de financeurs afin d'élaborer un plan de redressement qui n'a pas abouti, ce qu'il regrette amèrement. Il considère que la reprise par [Adresse 1] est peut-être « la moins pire » pour poursuivre l'activité de ce groupe indépendant dans l'univers cinématographique. Le représentant des salariés, représenté à l'audience, émet un avis défavorable à l'offre présentée par HLM CONSEIL, le seul salarié de MEDIAVORE ne s'inscrivant pas dans le projet de reprise. Le juge-commissaire, en son rapport écrit, émet un avis favorable à l'offre [Adresse 1] M. [A] [F], substitut du procureur de la République, entendu en ses observations, tout en relevant la faiblesse du prix de cession et le peu de salariés repris, émet un avis favorable à la reprise par HLM CONSEIL, au regard de la pérennité de l'activité des activités du groupe BAC FILM et du maintien de quelques emplois.
Motifs
SUR CE Vu l'article L.642-2 V du code commerce, Vu l'article L.642-1 du code de commerce, Attendu qu'il résulte des faits exposés, des pièces communiquées et des informations recueillies en chambre du conseil que seule la société [Adresse 1] a présenté une offre sur les actifs de la société MEDIAVORE, la société [D] et les autres candidats CYD PARTNERS, D MEDIA, AD VITAM et [T] s'étant désistés ; Attendu que l'offre de la société [Adresse 1] porte sur la reprise des actifs et des activités des sociétés MEDIAVORE, BAC FILMS DISTRIBUTION, BAC FILMS France et que cette offre est indivisible ; Attendu que l'offre modifiée par la société [Adresse 1] dans le délai d'amélioration des offres respecte les conditions posées par l'article L.642-2 V du code de commerce ; Attendu que le prix de cession de 2 € pour les actifs de MEDIAVORE et de 130 104 € pour les actifs des trois sociétés du groupe est tout à fait symbolique au regard du passif constitué par les sociétés mais elle est intégrée dans l'offre globale afin d'assurer la pérennité des activités d'un groupe qui est une référence dans l'univers du cinéma indépendant trusté par des majors du secteur ; Attendu que l'actuel dirigeant du groupe BAC FILMS considère que la reprise donne une nouvelle chance au projet qu'il a développé depuis 2013 et qu'il accorde davantage de crédibilité à l'offre [Adresse 1] tout en regrettant la faiblesse de l'offre sur le plan du prix et du faible nombre de salariés repris au niveau des trois sociétés ; Attendu que cette offre, en ce qui concerne MEDIAVORE, respecte deux des objectifs fixés par l'article L.642-1, à savoir la pérennité de l'activité et le maintien de l'emploi du seul salarié ; Attendu que le candidat repreneur a remis le chèque de banque en garantie de son offre et a levé toutes les conditions suspensives ; Attendu que le représentant des salariés a émis un avis défavorable à l'offre d'[Adresse 1], le salarié de MEDIAVORE ne s'inscrivant pas dans le projet de reprise ; Attendu que l'administrateur judiciaire et le mandataire judiciaire ont émis un avis favorable au plan de cession présenté par [Adresse 1] ; Attendu que le juge-commissaire, a également émis un avis favorable à l'offre HLM CONSEIL ; Attendu que le ministère public, entendu en ses observations, s'est prononcé en faveur de l'offre de reprise par [Adresse 1] au regard de la pérennité de l'activité ; Dans ces conditions, il sera statué ainsi qu'il suit :
Dispositif
PAR CES MOTIFS Le tribunal, après en avoir délibéré, statuant par jugement contradictoire en premier ressort, Vu les articles L. 642-2 et suivants du Code de commerce, Vu le rapport écrit du juge-commissaire, Arrête le plan de cession de la : SAS MEDIAVORE [Adresse 2] Activité : La régie publicitaire et toute forme d'opération publicitaire existante ou à créer sur tous services de radio, de télévision ou sur internet ainsi que tout autre média existant et à créer. Registre du Commerce et des Sociétés de Paris : 899 164 602 En faveur de la société [Adresse 1] SARL, immatriculée au registre du commerce et des sociétés de Paris sous le numéro 980 536 700, dont le siège social est situé [Adresse 18] à Paris 75016, représentée par M. [L] [X], en qualité de gérant, avec faculté de substitution. Ce plan comprend les dispositions suivantes : Le prix de cession est de 2 €, réparti comme suit : Dit que ce prix s'entend hors droits et taxes de toute nature, lesquels sont à la charge du cessionnaire ; Ordonne la cession des éléments corporels et incorporels détenus par la société MEDIAVORE au profit de la société [Adresse 1], selon les termes prévus dans l'offre améliorée figurant en annexe et les engagements pris lors de l'audience du 10 juillet 2026 ; Dit que la cession des éléments corporels et incorporels de la société MEDIAVORE au profit de la société [Adresse 1] est indissociable de la cession des éléments corporels et incorporels des sociétés BAC FILMS FRANCE et BAC FILMS DISTRIBUTION au profit de [Adresse 1] ; Dit que les comptes clients, rattachés, comptes créances, et tous autres comptes de tiers créditeurs, comptes fournisseurs débiteurs, disponibilités seront exclus du périmètre de la reprise ; Dit que le cessionnaire ne sera pas tenu de rembourser les acomptes versés aux clients concernés du fait de la non-réalisation de prestations ; Prend acte de l'engagement du cessionnaire de financer la reprise des actifs des trois sociétés à hauteur de 400 k€ à travers : Une souscription en fonds propres à hauteur de 150 k€, intégralement libérée dans les 10 jours de l'entrée en jouissance ; Un apport en compte courant d'associé d'un montant de 250 k€ qui sera bloqué pour une durée de 3 ans et intégralement versé dans les 10 jours de l'entrée en jouissance ; Prend acte de la capacité du cessionnaire d'investir 180 k€ pour le développement des activités des trois sociétés sur les 3 premiers exercices : Dans la digitalisation IA des outils d'exploitation pour 30 k€ ; Dans l'acquisition de nouveaux portefeuilles de droits qui alimenteront la croissance du portefeuille pour 150 k€; Ordonne le transfert au cessionnaire du seul salarié en CDI repris, en application des articles L.1224-1 et suivants du code du travail avec l'ancienneté maintenue, la reprise des congés payés et RTT acquis avant et depuis le jugement d'ouverture ; Prend acte de l'engagement du cessionnaire de ne pas procéder au licenciement pour motifs économiques du salarié repris pendant une durée de 12 mois, sauf autorisation du tribunal ; Ordonne le transfert des contrats nécessaires au maintien de l'activité en application des dispositions de l'article L.642-7 du code de commerce et dit que ces contrats seront exécutés aux conditions en vigueur ; Prend acte que s'agissant des commandes passées par les sociétés antérieurement à la date d'entrée en jouissance et demeurant inexécutées à cette date, le candidat se réserve la possibilité d'examiner de bonne foi la possibilité d'en reprendre l'exécution, sous réserve que leur livraison intervienne postérieurement à la date d'entrée en jouissance ; Dit que s'agissant des dettes de toute natures réglées par l'administrateur judiciaire, et se rapportant à une période postérieure à la date d'entrée en jouissance, ou au contraire celles réglées, le cas échéant, par le candidat et se rapportant à une période antérieure à la date d'entrée en jouissance, celles-ci seront réparties prorata temporis à compter de la date d'entrée en jouissance entre les organes de la procédure et le candidat. Dit que les biens cédés, seront inaliénables pendant deux ans à compter de la date d'entrée en jouissance selon l'article L.642-10 du code de commerce ; Dit que la publicité de cette inaliénabilité sera effectuée par l'administrateur judiciaire dans les conditions prévues à l'article R.642-12 du code de commerce ; Fixe la date d'entrée en jouissance au jour de la date de prononcé du jugement arrêtant la cession ; Dit que le Repreneur reprendra la gestion de l'entreprise dans l'attente de la signature des actes de cession, sous sa seule responsabilité, le jour du prononcé du jugement arrêtant le plan de cession, conformément aux dispositions de l'article L.642-8 du code de commerce ; Désigne le dirigeant de la société HLM CONSEIL comme la personne tenue d'exécuter le plan ; Maintient Monsieur [W] [N], juge-commissaire; Maintient la SELARL AJUP, prise en la personne de Maître [C] [E], en qualité de d'administrateur judiciaire, avec la mission prévue à l'article L.631-22 du code de Commerce, pendant la durée à laquelle les actes de cession devront être régularisés ; Maintient la SELARL [Localité 1]-[R] [H], prise en la personne de Maître [G] [U] avec la mission prévue à l'article R.631-42 et à l'article R.642-10 du code de commerce ; Dit que le présent jugement est exécutoire de plein droit. Dit que les dépens seront portés en frais privilégiés de procédure collective. Retenu à l'audience de la chambre du conseil du 10 juillet 2026 où siégeaient : Mme Christine Mariette, juge présidant l'audience, M. Jean-Luc Bour et M. Henri Tanniou, juges. Délibéré par les mêmes juges. Dit que le présent jugement est prononcé par sa mise à disposition au greffe de ce tribunal, les parties en ayant été préalablement avisées lors des débats dans les conditions prévues au deuxième alinéa de l'article 450 du code de procédure civile. La minute du jugement est signée par Mme Christine Mariette, présidente du délibéré, et par Mme Ivana Jamois, greffier.
Texte intégral
LRAR : - SARL [Adresse 1] Signification : - SARL à associé unique CINEMAGRUM, elle-même représentée par son gérant M. [O] [J] Copies : - TPG - SELARL AJ UP en la personne de Me [C] [E] - SELARL [Localité 1] [U] en la personne de R.G. : 2026049354 P.C. : P202501637 Me [G] [U] * Parquet REPUBLIQUE FRANCAISE AU NOM DU PEUPLE FRANÇAIS TRIBUNAL DES ACTIVITES ECONOMIQUES DE PARIS JUGEMENT PRONONCE LE 22/07/2026 Par sa mise à disposition au greffe Chambre de vacation SAS MEDIAVORE, dont le siège social est [Adresse 2], immatriculée au RCS de [Localité 2] sous le numéro 899 164 602. PLAN DE CESSION DANS LE CADRE D'UN REDRESSEMENT JUDICIAIRE * La SARL CINEMAGRUM, elle-même représentée par son gérant M. [O] [J], demeurant [Adresse 3], société présidente de la SAS MEDIAVORE, présent, assisté de Me Farid Fatah, avocat (C2449). * La SELARL AJ UP en la personne de Me [C] [E], administrateur judiciaire, [Adresse 4], présent. * La SELARL [Localité 1] [U] en la personne de Me [G] [U], mandataire judiciaire, [Adresse 5], présent. * Mme [B] [P], demeurant [Adresse 6], représentante des salariés de ladite société, présente. * La société [Adresse 1], [Adresse 7] représentée par son gérant, M. [L] [X], repreneur, présent. La société [D], [Adresse 8] représentée par son président, M. [Z] [K] demeurant [Adresse 9], repreneur, présent. La société LANETCIE, [Adresse 10], elle-même représentée par sa présidente la SARL HANAH, elle-même représentée par son gérant M. [S] [V], demeurant [Adresse 11], cocontractant, présent. M. [Y] [M], [Adresse 12], repreneur, absent. * La société D MEDIA, [Adresse 13], repreneur, absent. * La société AD VITAM, [Adresse 14], repreneur, absent. * La société [T], [Adresse 15], repreneur, absent. * La société GENERALI GESTION SANTE, [Adresse 16], cocontractant, absent. LA PROCEDURE Par jugement du 29 avril 2025, le tribunal des activités économiques de Paris a prononcé l'ouverture d'une procédure de redressement judiciaire à l'égard de la société MEDIAVORE, avec une période d'observation de 6 mois, soit jusqu'au 29 octobre 2025. Ce jugement a désigné la SELARL AJUP, en la personne de Me [C] [E], en qualité d'administrateur judiciaire avec mission d'assistance, la SELARL [Localité 1]-[R] [H], en la personne de Me [G] [U] en qualité de mandataire judiciaire, M. [W] [N] en qualité de juge-commissaire. Par jugement du 25 juin 2025, le tribunal a prononcé la poursuite de la période d'observation et par jugement du 28 octobre 2025, la période d'observation a été prorogée pour une durée de 6 mois, jusqu'au 29 avril 2026. Par jugement du 22 avril 2026, la période d'observation a été prorogée exceptionnellement pour 6 mois, soit jusqu'au 29 octobre 2026. LES FAITS Créé en 1986 par M. [Q] [I], le groupe BAC FILMS est un acteur de l'industrie cinématographique européenne spécialisé dans la distribution, la vente internationale et la production de films. A partir de 1988, il a fait partie du groupe Vivendi avant d'être introduit en bourse en 2000 sous le nom de BAC MAJESTIC. En 2013, il sort de la cotation pour devenir un groupe indépendant sous le nom de BAC FILMS, dirigé par M. [O] [J]. Il s'est imposé comme une référence du cinéma indépendant en Europe et l'un des distributeurs emblématiques du paysage cinématographique français avec plus de 550 films distribués depuis sa création. La société BAC FILMS FRANCE (ci-après désignée « BAC FILMS FRANCE ») constitue la holding du Groupe. Elle est détenue par BAC FILMS INTERNATIONAL S.A., société de droit luxembourgeois, elle-même contrôlée par le fonds d'investissement Cinéma SCA SICAV RAIF. * BAC FILMS FRANCE, est la Holding du Groupe, avec une équipe de 2 salariés à temps plein. Elle tire ses revenus des sociétés opérationnelles, en particulier la principale société BAC FILMS DISTRIBUTION. BAC FILMS DISTRIBUTION employant 13 salariés, opère dans le secteur spécifique de la distribution cinématographique. Dans la chaine de valeur du cinéma, son rôle intervient après la Production : le producteur qui finance le film cède ensuite ses droits à un distributeur. MEDIAVORE 2 s'occupe de la régie publicitaire interne au Groupe, avec 1 salariée, chargée de la commercialisation des espaces publicitaires pour le compte de BAC FILMS DISTRIBUTION. La société BAC FILMS FRANCE détient 10% de la société ZINC (hors périmètre du redressement judiciaire). Les éléments financiers Groupe BAC FILMS […] iource : Balances generales des Societes Société MEDIAVORE […] Source : Balances générales de la société MEDIAVORE assure la régie publicitaire interne au groupe BAC FILMS et est chargée de la commercialisation des espaces publicitaires pour le compte de la société BAC FILMS DISTRIBUTION. Le chiffre d'affaires s'est élevé en 2024 à 894 k€ contre 634 k€ en 2023 avec une marge brute de 81 k€. Les charges d'exploitation sont principalement composées de charges de personnel. L'EBITDA ressort positif à hauteur de 38 k€. Passif de la procédure MEDIAVORE Le passif est d'un montant de 209 k€ dont 54 k€ contesté, soit 155 k€ résiduel. Il est composé principalement de dettes fournisseurs pour 139 k€ en résiduel. […] ORIGINE DES DIFFICULTES Les difficultés du groupe sont liées à plusieurs facteurs exogènes et endogènes : Le caractère incertain du marché avec des échecs commerciaux non prévisibles ; La diminution des aides à la distribution du Centre National du Cinéma (CNC) ; La concentration du marché dominé par des groupes intégrés tels que UGC, PATHE ou [Adresse 17] ; Les difficultés liées au financement du BFR ; Les mesures engagées dès le premier trimestre 2024 n'ont pas suffi à redresser l'ensemble des trois sociétés du groupe : Recherche de nouveaux partenaires stratégiques et de nouveaux financements ; Report de sortie de films en salle pour limiter les dépenses court terme ; Rétrocession à l'amiable de droits sur certains films pour réduire le BFR et ajuster les projets au financement disponible ; Effort du dirigeant pour limiter sa rémunération ; Dans ce contexte, le groupe BAC FILMS et ses trois sociétés BAC FILMS France, BAC FILMS DISTRIBUTION, MEDIAVORE ont sollicité l'ouverture d'une procédure de redressement judiciaire à laquelle le tribunal des activités économiques de Paris a fait droit par jugement en date du 29 avril 2025. PERIODE D'OBSERVATION Le début de la période d'observation a été consacrée à la recherche de financement afin que les sociétés puissent présenter un plan de redressement. Des discussions ont été initiées avec le fonds d'investissement AM INVESTMENT portant sur un financement de 7,7 m€ sous forme d'augmentation de capital. Des négociations ont également été engagées avec le groupe D MEDIA pour un rapprochement commercial et un apport de fonds de l'ordre de 4,7 m€. Cependant, à défaut de visibilité sur l'une ou l'autre solution, il a été convenu de rechercher une solution alternative avec la mise en place d'un processus de recherche de repreneurs. APPEL D'OFFRES L'administrateur judiciaire a lancé un appel d'offres de repreneurs en plan de cession en publiant des annonces sur les plateformes électroniques LinkedIn et Mayday, sur les sites du CNAJMJ et ASPAJ et dans le journal les Echos du 13 mai 2026. La date limite de dépôt des offres a été fixée au1er juin 2026. 32 candidats à la reprise ont eu accès à la data room. A l'expiration de la date limite de dépôt des offres, l'administrateur judiciaire a réceptionné six offres de reprise en plan de cession : CYD PARTNERS, HLM CONSEIL, [D], D MEDIA, AD VITAL, [T]. Un autre candidat a remis une offre uniquement sur l'acquisition des titres de la société ZINC détenue à 10% qui n'a pas été étudiée, ne s'agissant pas d'une offre en plan de cession. Dans sa note complémentaire du 9 juillet 2026, l'administrateur judiciaire expose que dans le délai légal d'amélioration des offres, les candidats CYD PARTNERS, D MEDIA, AD VITAM, [T] et [D] se sont désistés. Cette dernière a maintenu son offre sur les actifs de BAC FILMS DISTRIBUTION. Seule la société [Adresse 1] a présenté une offre portant sur la reprise des actifs et activités des 3 sociétés BAC FILMS DISTRIBUTION, BAC FILMS FRANCE et MEDIAVORE (cette offre étant indivisible). Présentation de la société [Adresse 1] HLM CONSEIL, société à responsabilité limitée au capital de 5 000,00 €, immatriculée au registre du commerce et des sociétés de Paris sous le numéro 980 536 700, dont le siège social se trouve au [Adresse 18] à Paris (75016) et représentée par Monsieur [L] [X] en qualité de gérant. Créée en 2023, HLM Conseil exerce deux activités : Conseil financier (notamment comme prestataire de service pour le compte de Messier & Associés, banque d'affaires parisienne dont M. [X] est associé); Véhicule d'investissement familial, notamment en immobilier au travers de filiales de marchands de biens ([Adresse 19] et HLM Investering aux Pays-Bas), avec plus de 2 m€ d'opérations engagées en fonds propres ; L'organigramme du candidat se présente comme suit Les résultats financiers de [Adresse 1] […] Un projet de pérennisation et de valorisation du catalogue existant HLM CONSEIL dispose d'un Service commercial et activation marketing B2B dédiés intégralement aux diffuseurs TV, VOD, éditeurs vidéographiques, rétrospectives et festivals. Son moteur technologique « IA natif » propriétaire central automatise l'ensemble de la chaine de gestion (royalties, reddition de comptes etc.) et des activités de prospection (veilles catalogues et échéance des mandats de distribution). Elle compte développer le nombre de films exploités par des nouveaux mandats, des accords de codistribution et l'acquisition de nouveaux portefeuilles. Périmètre et prix de cession Offres sur les actifs corporels et incorporels des sociétés BAC FILMS DISTRIBUTION, BAC FILMS France et MEDIAVORE, les offres étant indivisibles. Le candidat propose un prix de cession pour les actifs des 3 sociétés de 130 104 € ventilé comme suit : * Pour MEDIAVORE : Actifs incorporels 1€ Actifs corporels 1€ Total 2€ * Pour BAC FILMS FRANCE : Total 45 002€ créances€ Titres de filiales reprises et 45 000 Actifs corporels 1€ Actifs incorporels 1€ * Pour BAC FILMS DISTRIBUTION : Actifs incorporels 75 000€ Films grevés 100€ Actifs corporels 5 000 € Stock vidéo 5 000 € Total 85 100€ Volet social […] * Le candidat reprend le salarié en CDI de MEDIAVORE Financement de la reprise des actifs des trois sociétés Le candidat entend financer la reprise à hauteur 400 000 € à travers : * Une souscription en fonds propres à hauteur de 150 000 €, montant qui sera intégralement libéré dans les dix jours ouvrés suivant la date d'entrée en jouissance ; Un apport en compte courant d'associé d'un montant de 250 000 €, apport qui sera bloqué pour une durée de trois ans et intégralement versé dans les dix jours ouvrés suivant la date d'entrée en jouissance ; Le candidat prévoit également une capacité d'investissement de 180 000 € sur les 3 premiers exercices, notamment : Dans la digitalisation IA des outils d'exploitation pour 30 000 € ; Dans l'acquisition de nouveaux portefeuilles de droits qui alimenteront, aux côtés des autres canaux d'acquisitions de droits, la croissance du portefeuille pour 150 000 € ; Le candidat indique disposer d'une trésorerie de 1 100 k€. Prévisionnel d'activité des activités reprises […] Tableau de financement […] Organigramme juridique de la reprise Le 8 juin 2026, la SELARL AJUP en la personne de Me [C] [E] a déposé au greffe un rapport aux fins d'arrêt de plan de cession de l'entreprise conformément aux dispositions de l'article L.631-22 du code de commerce. Le débiteur, le représentant des salariés et les co-contractants ont été appelés à comparaître en chambre du conseil du 10 juillet 2026 par lettre recommandée avec demande d'avis de réception en date du 19/06/2026 en application des articles R.631-40 et R.642-3 du code de commerce. L'administrateur, le mandataire judiciaire et le Procureur de la République ont été avisés de la date de l'audience. Les repreneurs ont été convoqués par lettre simple en date du 19/06/2026. L'administrateur judiciaire a déposé au greffe en date du 9 juillet 2026 une note complémentaire à son rapport, portant sur les offres de reprise en plan de cession. A l'issue de cette audience, le président a clos les débats et a annoncé qu'un jugement serait prononcé par sa mise à disposition au greffe le 22 juillet 2026. LES MOYENS A l'audience du 10 juillet 2026 : Le candidat repreneur [Adresse 1] L'offre porte sur les actifs des sociétés BAC FILMS DISTRIBUTION, BAC FILMS FRANCE et MEDIAVORE, cette offre est indivisible. Le nombre de salariés repris est de 1 salarié pour MEDIAVORE. Les droits acquis par le salarié avant et après la procédure seront repris. Le chèque de banque a été remis à l'audience. Le dirigeant confirme un prix de cession de 2 € pour MEDIAVORE et un prix global de 130 104 € pour les actifs des 3 sociétés BAC FILMS DISTRIBUTION, BAC FILMS FRANCE et MEDIAVORE. L'objectif de la reprise est de développer les activités de ce groupe indépendant dans l'univers du cinéma en poursuivant une gestion optimisée de la distribution des catalogues. L'administrateur judiciaire, considère que l'offre ne respecte qu'une partie des critères légaux posés par l'article L.642-1 du code de commerce. L'offre est notoirement insuffisante au regard du prix proposé avec la reprise de quelques salariés sur l'ensemble du groupe et du seul salarié pour MEDIAVORE. Cependant, l'offre de la société [Adresse 1] qui porte sur les actifs des 3 sociétés, donne plus de chance de pérenniser les activités de ce groupe indépendant dans l'univers du cinéma alors même que le prix de cession est notoirement insuffisant et que la reprise des salariés est très faible. En conséquence, l'administrateur judiciaire émet un avis favorable à la reprise des actifs et des activités de MEDIAVORE par la société [Adresse 1]. Le mandataire judiciaire, précise que le prix de cession est tout à fait symbolique et ne permettra aucun désintéressement des créanciers mais l'offre de la société HLM CONSEIL semble de nature à préserver la pérennité des activités. Le mandataire judiciaire émet un avis favorable à la reprise des actifs de la société MEDIAVORE par la société [Adresse 1]. Le dirigeant, du groupe BAC FILMS indique que les équipes ont beaucoup travaillé sur la recherche de financeurs afin d'élaborer un plan de redressement qui n'a pas abouti, ce qu'il regrette amèrement. Il considère que la reprise par [Adresse 1] est peut-être « la moins pire » pour poursuivre l'activité de ce groupe indépendant dans l'univers cinématographique. Le représentant des salariés, représenté à l'audience, émet un avis défavorable à l'offre présentée par HLM CONSEIL, le seul salarié de MEDIAVORE ne s'inscrivant pas dans le projet de reprise. Le juge-commissaire, en son rapport écrit, émet un avis favorable à l'offre [Adresse 1] M. [A] [F], substitut du procureur de la République, entendu en ses observations, tout en relevant la faiblesse du prix de cession et le peu de salariés repris, émet un avis favorable à la reprise par HLM CONSEIL, au regard de la pérennité de l'activité des activités du groupe BAC FILM et du maintien de quelques emplois. SUR CE Vu l'article L.642-2 V du code commerce, Vu l'article L.642-1 du code de commerce, Attendu qu'il résulte des faits exposés, des pièces communiquées et des informations recueillies en chambre du conseil que seule la société [Adresse 1] a présenté une offre sur les actifs de la société MEDIAVORE, la société [D] et les autres candidats CYD PARTNERS, D MEDIA, AD VITAM et [T] s'étant désistés ; Attendu que l'offre de la société [Adresse 1] porte sur la reprise des actifs et des activités des sociétés MEDIAVORE, BAC FILMS DISTRIBUTION, BAC FILMS France et que cette offre est indivisible ; Attendu que l'offre modifiée par la société [Adresse 1] dans le délai d'amélioration des offres respecte les conditions posées par l'article L.642-2 V du code de commerce ; Attendu que le prix de cession de 2 € pour les actifs de MEDIAVORE et de 130 104 € pour les actifs des trois sociétés du groupe est tout à fait symbolique au regard du passif constitué par les sociétés mais elle est intégrée dans l'offre globale afin d'assurer la pérennité des activités d'un groupe qui est une référence dans l'univers du cinéma indépendant trusté par des majors du secteur ; Attendu que l'actuel dirigeant du groupe BAC FILMS considère que la reprise donne une nouvelle chance au projet qu'il a développé depuis 2013 et qu'il accorde davantage de crédibilité à l'offre [Adresse 1] tout en regrettant la faiblesse de l'offre sur le plan du prix et du faible nombre de salariés repris au niveau des trois sociétés ; Attendu que cette offre, en ce qui concerne MEDIAVORE, respecte deux des objectifs fixés par l'article L.642-1, à savoir la pérennité de l'activité et le maintien de l'emploi du seul salarié ; Attendu que le candidat repreneur a remis le chèque de banque en garantie de son offre et a levé toutes les conditions suspensives ; Attendu que le représentant des salariés a émis un avis défavorable à l'offre d'[Adresse 1], le salarié de MEDIAVORE ne s'inscrivant pas dans le projet de reprise ; Attendu que l'administrateur judiciaire et le mandataire judiciaire ont émis un avis favorable au plan de cession présenté par [Adresse 1] ; Attendu que le juge-commissaire, a également émis un avis favorable à l'offre HLM CONSEIL ; Attendu que le ministère public, entendu en ses observations, s'est prononcé en faveur de l'offre de reprise par [Adresse 1] au regard de la pérennité de l'activité ; Dans ces conditions, il sera statué ainsi qu'il suit : PAR CES MOTIFS Le tribunal, après en avoir délibéré, statuant par jugement contradictoire en premier ressort, Vu les articles L. 642-2 et suivants du Code de commerce, Vu le rapport écrit du juge-commissaire, Arrête le plan de cession de la : SAS MEDIAVORE [Adresse 2] Activité : La régie publicitaire et toute forme d'opération publicitaire existante ou à créer sur tous services de radio, de télévision ou sur internet ainsi que tout autre média existant et à créer. Registre du Commerce et des Sociétés de Paris : 899 164 602 En faveur de la société [Adresse 1] SARL, immatriculée au registre du commerce et des sociétés de Paris sous le numéro 980 536 700, dont le siège social est situé [Adresse 18] à Paris 75016, représentée par M. [L] [X], en qualité de gérant, avec faculté de substitution. Ce plan comprend les dispositions suivantes : Le prix de cession est de 2 €, réparti comme suit : Dit que ce prix s'entend hors droits et taxes de toute nature, lesquels sont à la charge du cessionnaire ; Ordonne la cession des éléments corporels et incorporels détenus par la société MEDIAVORE au profit de la société [Adresse 1], selon les termes prévus dans l'offre améliorée figurant en annexe et les engagements pris lors de l'audience du 10 juillet 2026 ; Dit que la cession des éléments corporels et incorporels de la société MEDIAVORE au profit de la société [Adresse 1] est indissociable de la cession des éléments corporels et incorporels des sociétés BAC FILMS FRANCE et BAC FILMS DISTRIBUTION au profit de [Adresse 1] ; Dit que les comptes clients, rattachés, comptes créances, et tous autres comptes de tiers créditeurs, comptes fournisseurs débiteurs, disponibilités seront exclus du périmètre de la reprise ; Dit que le cessionnaire ne sera pas tenu de rembourser les acomptes versés aux clients concernés du fait de la non-réalisation de prestations ; Prend acte de l'engagement du cessionnaire de financer la reprise des actifs des trois sociétés à hauteur de 400 k€ à travers : Une souscription en fonds propres à hauteur de 150 k€, intégralement libérée dans les 10 jours de l'entrée en jouissance ; Un apport en compte courant d'associé d'un montant de 250 k€ qui sera bloqué pour une durée de 3 ans et intégralement versé dans les 10 jours de l'entrée en jouissance ; Prend acte de la capacité du cessionnaire d'investir 180 k€ pour le développement des activités des trois sociétés sur les 3 premiers exercices : Dans la digitalisation IA des outils d'exploitation pour 30 k€ ; Dans l'acquisition de nouveaux portefeuilles de droits qui alimenteront la croissance du portefeuille pour 150 k€; Ordonne le transfert au cessionnaire du seul salarié en CDI repris, en application des articles L.1224-1 et suivants du code du travail avec l'ancienneté maintenue, la reprise des congés payés et RTT acquis avant et depuis le jugement d'ouverture ; Prend acte de l'engagement du cessionnaire de ne pas procéder au licenciement pour motifs économiques du salarié repris pendant une durée de 12 mois, sauf autorisation du tribunal ; Ordonne le transfert des contrats nécessaires au maintien de l'activité en application des dispositions de l'article L.642-7 du code de commerce et dit que ces contrats seront exécutés aux conditions en vigueur ; Prend acte que s'agissant des commandes passées par les sociétés antérieurement à la date d'entrée en jouissance et demeurant inexécutées à cette date, le candidat se réserve la possibilité d'examiner de bonne foi la possibilité d'en reprendre l'exécution, sous réserve que leur livraison intervienne postérieurement à la date d'entrée en jouissance ; Dit que s'agissant des dettes de toute natures réglées par l'administrateur judiciaire, et se rapportant à une période postérieure à la date d'entrée en jouissance, ou au contraire celles réglées, le cas échéant, par le candidat et se rapportant à une période antérieure à la date d'entrée en jouissance, celles-ci seront réparties prorata temporis à compter de la date d'entrée en jouissance entre les organes de la procédure et le candidat. Dit que les biens cédés, seront inaliénables pendant deux ans à compter de la date d'entrée en jouissance selon l'article L.642-10 du code de commerce ; Dit que la publicité de cette inaliénabilité sera effectuée par l'administrateur judiciaire dans les conditions prévues à l'article R.642-12 du code de commerce ; Fixe la date d'entrée en jouissance au jour de la date de prononcé du jugement arrêtant la cession ; Dit que le Repreneur reprendra la gestion de l'entreprise dans l'attente de la signature des actes de cession, sous sa seule responsabilité, le jour du prononcé du jugement arrêtant le plan de cession, conformément aux dispositions de l'article L.642-8 du code de commerce ; Désigne le dirigeant de la société HLM CONSEIL comme la personne tenue d'exécuter le plan ; Maintient Monsieur [W] [N], juge-commissaire; Maintient la SELARL AJUP, prise en la personne de Maître [C] [E], en qualité de d'administrateur judiciaire, avec la mission prévue à l'article L.631-22 du code de Commerce, pendant la durée à laquelle les actes de cession devront être régularisés ; Maintient la SELARL [Localité 1]-[R] [H], prise en la personne de Maître [G] [U] avec la mission prévue à l'article R.631-42 et à l'article R.642-10 du code de commerce ; Dit que le présent jugement est exécutoire de plein droit. Dit que les dépens seront portés en frais privilégiés de procédure collective. Retenu à l'audience de la chambre du conseil du 10 juillet 2026 où siégeaient : Mme Christine Mariette, juge présidant l'audience, M. Jean-Luc Bour et M. Henri Tanniou, juges. Délibéré par les mêmes juges. Dit que le présent jugement est prononcé par sa mise à disposition au greffe de ce tribunal, les parties en ayant été préalablement avisées lors des débats dans les conditions prévues au deuxième alinéa de l'article 450 du code de procédure civile. La minute du jugement est signée par Mme Christine Mariette, présidente du délibéré, et par Mme Ivana Jamois, greffier.
Décisions proches
Celles qui citent les mêmes textes rares que celle-ci (code de commerce R642-3, code de commerce R642-10, code de commerce R631-40, code de commerce L642-7, code de commerce L642-1, code de commerce R642-12, code de commerce L642-10, code de commerce L642-8, code de commerce L631-22, code de commerce L642-2). Sans IA : les citations relevées dans les décisions.
- 28 mai 2026 · Tribunal des activités économiques de Paris · n° 2026032701
en commun : code de commerce R642-3, code de commerce R642-10, code de commerce R631-40, code de commerce L642-7, code de commerce L642-1, code de commerce R642-12, code de commerce L642-10, code de commerce L642-8, code de commerce L631-22, code de commerce L642-2
- 8 juin 2026 · Tribunal des activités économiques de Paris · n° 2026032222
en commun : code de commerce R642-3, code de commerce R642-10, code de commerce R631-40, code de commerce L642-7, code de commerce L642-1, code de commerce R642-12, code de commerce L642-10, code de commerce L642-8, code de commerce L631-22, code de commerce L642-2
- 12 juin 2026 · Tribunal des activités économiques de Paris · n° 2026033888
en commun : code de commerce R642-3, code de commerce R642-10, code de commerce R631-40, code de commerce L642-7, code de commerce L642-1, code de commerce R642-12, code de commerce L642-10, code de commerce L642-8, code de commerce L631-22, code de commerce L642-2
- 8 juillet 2026 · Tribunal des activités économiques de Paris · n° 2026046751
en commun : code de commerce R642-3, code de commerce R642-10, code de commerce R631-40, code de commerce L642-7, code de commerce L642-1, code de commerce R642-12, code de commerce L642-10, code de commerce L642-8, code de commerce L631-22, code de commerce L642-2
- 22 juillet 2026 · Tribunal des activités économiques de Paris · n° 2026049348
en commun : code de commerce R642-3, code de commerce R642-10, code de commerce R631-40, code de commerce L642-7, code de commerce L642-1, code de commerce R642-12, code de commerce L642-10, code de commerce L642-8, code de commerce L631-22, code de commerce L642-2
- 22 juillet 2026 · Tribunal des activités économiques de Paris · n° 2026049350
en commun : code de commerce R642-3, code de commerce R642-10, code de commerce R631-40, code de commerce L642-7, code de commerce L642-1, code de commerce R642-12, code de commerce L642-10, code de commerce L642-8, code de commerce L631-22, code de commerce L642-2
- 8 juillet 2026 · Tribunal des activités économiques de Paris · n° 2026050903
en commun : code de commerce R642-3, code de commerce R642-10, code de commerce R631-40, code de commerce L642-7, code de commerce L642-1, code de commerce R642-12, code de commerce L642-10, code de commerce L642-8, code de commerce L631-22
- 17 juin 2026 · Tribunal des activités économiques de Paris · n° 2026039868
en commun : code de commerce R642-3, code de commerce R631-40, code de commerce L642-7, code de commerce L642-1, code de commerce R642-12, code de commerce L642-10, code de commerce L642-8, code de commerce L631-22, code de commerce L642-2
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